Les députés LFI déposent une proposition de loi d’urgence pour la rentrée scolaire
Les députés de La France insoumise ont tenu, mercredi 3 août, une conférence de presse pour une nouvelle proposition de loi prenant des mesures d’urgence pour la rentrée scolaire. Ils sont intervenus chacun leur tour sur cette présentation.
- Ecole, France, LFI

Paul Vannier : A un mois de la prochaine rentrée, ce droit est aujourd’hui mis en cause par l’affaiblissement du service public de l’éducation, par les conséquences d’une politique éducative caractérisée par leur continuité depuis au moins quinze ans, qui mettent notre service public de l’éducation dans une situation d’effondrement. Cette proposition de loi répond à cette situation d’urgence. (…) 4 000 postes d’enseignant n’ont pas été pourvus cette année dans le second degré et 1 500 enseignants dans le premier degré pour septembre prochain. A la rentrée prochaine, des classes se retrouveront sans enseignant. Afin de présenter cette loi, nous avons réalisé treize auditions des parents d’élèves, des syndicats d’enseignants, des syndicats lycéens et étudiants, des collectifs Atsem et AESH.
Nous avons auditionné le ministre Pap Ndiaye, qui nous répondait qu’il y a des problèmes dans quelques disciplines, alors que cela touche toutes les disciplines. (…) Le nouveau ministre s’inscrit dans la continuité de son prédécesseur et va donner de nouveaux coups au statut des enseignants.
Léo Walter : A la question du manque d’enseignants, le ministre nous a répondu qu’il faisait appel à la liste complémentaire. Ce qu’il oublie de dire c’est qu’ils font appel aux listes complémentaires dans une proportion très faible. Nous proposons de revenir sur une démarche qui a déjà fait ses preuves, donc, de recourir à une liste complémentaire systématiquement ouverte pour chaque concours. Les candidats reçus doivent être nommés stagiaires immédiatement. L’article 2 propose de mettre en place un concours spécial au moment où les listes complémentaires sont épuisées. Les deux articles ont pour objectif de remettre en place un véritable statut des enseignants. La possibilité pour les candidats aux con-cours, même lorsqu’ils ne sont pas reçus directement, de pouvoir rejoindre les corps enseignants et la fonction publique et ne pas être recrutés en tant que contractuels.
Entre 2010 et 2020 on passe de 43 000 contractuels enseignants à 63 000 contractuels ; dans la même période, pour les non-enseignants : de 80 000 à 166 000, en partie des AVS-AESH.
Henrik Davi : Entre 2010 et 2020 on passe de 43 000 contractuels enseignants à 63 000 contractuels ; dans la même période, pour les non-enseignants : de 80 000 à 166 000, en partie des AVS-AESH. Le nombre de titulaires au même moment n’a pas augmenté. Alors que l’Education nationale a accueilli 300 000 élèves de plus dans la même période. Ce sont des rémunérations de misère pour les précaires. Certains sont en temps partiel et sont rémunérés 700 euros par mois. Comment vivre ou se loger avec cela ? Après cinq ans, nombreux sont ceux qui se retrouvent au chômage, car les rectorats ne les titularisent pas. C’est une situation inconcevable. Alors qu’on n’a pas d’enseignants, on met au chômage des contractuels après cinq ans pour ne pas devoir les titulariser. (…) Notre proposition est donc simple : les agents non titulaires et qui exercent dans les établissements publics au 1 er septembre 2022 sont immédiatement nommés personnels stagiaires. (…) Le recrutement sur concours doit redevenir la norme.
Ségolène Amiot : Nous proposons la constitution d’un corps de fonctionnaires, de titulariser toutes les AESH déjà en poste. Leur situation précaire est odieuse pour la fonction publique. Souvent, les AESH ont déjà deux emplois pour pouvoir pallier leur précarité. Cet article est une alerte pour le bien de nos enfants. Nous n’acceptons plus cette situation dans les écoles.
Sarah Legrain : Permettre de sortir de la situation d’urgence par le pré-recrutement pour élargir le vivier des concours de recrutement. Et permettre à des jeunes, ceux issus des milieux les plus modestes, de s’engager dans le métier d’enseignant. 40 % des étudiants travaillent à côté de leurs études et le
rallongement des études pour devenir enseignant est difficile. Un pré-recrutement du titulaire du bac, une formation pendant cinq ans, licence formation de deux ans. Par cet article, nous proposons l’exacte inverse du job-dating qui a tant choqué et à juste titre. (…)
Nous proposons la constitution d’un corps de fonctionnaires, de titulariser toutes les AESH déjà en poste. Leur situation précaire est odieuse pour la fonction publique.
Rodrigo Arenas : Notre préoccupation c’est le nombre d’élève par classe (…). Avoir moins d’élèves dans une classe c’est permettre aux enseignants d’avoir les meilleures conditions pour transmettre, comme pour les enfants pour apprendre. Nous proposons donc 19 élèves par classe. (…) Alors que le gouvernement au même moment décide, lui, de fermer des classes, nous voulons en ouvrir.
Jérôme Legavre : Le ministre parle d’une crise de recrutement comme s’il s’agissait d’une fatalité. En réalité, il n’y a aucune fatalité, mes collègues l’ont démontré. On ne peut pas parler « d’attractivité » du métier d’enseignant sans parler de sa rémunération. Un professeur des écoles commence sa carrière à 1 451 €. Et il lui faudra attendre 15 ans de carrière pour se voir obtenir un salaire de 2 000 € net. Les enseignants sont mal payés, les fonctionnaires sont mal payés. Alors le gouvernement a décidé de revaloriser le point d’indice à hauteur de 3,5 %, revalorisation bien insuffisante. Donc nous proposons une revalorisation du point d’indice à hauteur de 10%, d’inscrire dans la loi le principe du dégel du point d’indice pour indexer la rémunération sur l’inflation. L’Insee annonce déjà 9 % d’inflation pour septembre prochain. Le gouvernement, lui, décide d’augmenter de 60 € par mois pour un professeur des écoles en début de carrière qui seront instantanément mangés par l’inflation.
