État Espagnol : Non aux budgets de guerre !

Lu dans Información Obrera

Manifestation contre le sommet de l'Otan et les budgets de guerre à Madrid, le 26 juin 2022 (Photo correspondant IO)
Par Información Obrera
Publié le 5 novembre 2022
Temps de lecture : 3 minutes

Le gouvernement de Pedro Sanchez et de Yolanda Diaz nous présente une fois de plus des « budgets sociaux ». Mais derrière la propagande se cache la réalité des chiffres. Parce que les budgets sont des chiffres, pas des histoires.

Et cette réalité montre quelque chose qui est ressenti par la majorité des travailleurs, actifs, retraités ou chômeurs, des jeunes, dans toutes les villes de ce pays : un quart de la population se trouve déjà au seuil de pauvreté et ce pourcentage continue à augmenter ; le pouvoir d’achat a diminué de plus de 6 % cette année pour la majorité (avec des augmentations particulières pour les produits essentiels, comme l’énergie, le carburant, les aliments). Et les plans de licenciements dans l’industrie se succèdent. Pas besoin d’en rajouter.

Ces budgets répondent-ils aux besoins de la population ?

Le poste qui augmente le plus, avec une augmentation réelle de 126 %, est celui des dépenses militaires (qu’ils appellent budgets de « défense »). Le second, 31 milliards, sera consacré au paiement des intérêts de la dette, soit plus de 2 % du Pib.

Les seuls employés qui reçoivent une augmentation de salaire digne de ce nom sont les policiers et les gardes civils.

Pendant que l’argent coule à flots pour les armes et les organes répressifs, la santé se vide de son sang après la pandémie, l’éducation continue avec des classes surchargées, des centaines de milliers de jeunes se voient refuser l’accès à la formation professionnelle publique. Voilà la réalité : ce sont des budgets qui favorisent la guerre et la guerre sociale.

Le gouvernement a établi des comptes subordonnés aux diktats de Biden qui a décrété que la guerre devait se poursuivre, car il est dans son intérêt que le peuple ukrainien, le peuple russe et tous les peuples d’Europe se vident de leur sang dans sa guerre pour le contrôle des matières premières et des marchés.

Arrêtez la guerre maintenant, arrêtez la guerre sociale, est une exigence que toute organisation qui prétend défendre les travailleurs et la démocratie devrait soulever, refusant tout consensus en faveur de la guerre.

Le caractère de ces budgets est accentué si l’on se rappelle que dans plusieurs communautés autonomes, comme c’est le cas de l’Andalousie ou de la Catalogne, les budgets 2022 pour les investissements et les infrastructures et services ne sont pas exécutés.

Démocratie et budgets

On nous présente un projet de budget de l’Etat qui souffre d’un énorme manque de transparence. Une fois de plus, nous assistons à une véritable dis simulation des dépenses (voir Informations ouvrières, n o 729, Ndlr).  Entre ce que le ministre Montero a déclaré en matière de dépenses militaires, 12 milliards, et la réalité, 27 milliards, il y a un long chemin à parcourir.

La dissimulation des dépenses est une constante héritée du régime franquiste. Il en va de même pour les comptes de la Sécurité sociale, sur lesquels le gouvernement refuse d’effectuer un audit, pourtant voté au Parlement.

Et il en va de même pour les dépenses réelles de la maison royale, qui s’élèvent officiellement à un peu plus de 8 millions, alors qu’en réalité elles dépassent les 500 millions, car elles sont réparties entre plusieurs ministères.

Tous les comptes souffrent d’une dissimulation systématique : le gouvernement, dans la continuité d’autres gouvernements, essaie non seulement de tromper, mais de « vendre un chat pour un lièvre ».

Y a-t-il quelque chose de plus démocratique que de répondre par de vraies revendications : augmenter les salaires et les pensions en fonction de l’inflation, mettre fin aux dépenses militaires, rétablir les budgets nécessaires pour l’éducation, la santé et tous les services publics ? C’est ce que nous disons lorsque nous exigeons : halte à la guerre, maintenant !