Les syndicats d’EDF et de la RATP vent debout contre la suppression des régimes spéciaux de retraite

Le ministre du Travail, Olivier Dussopt, a ouvert mardi 15 novembre le deuxième cycle de concertation sur les retraites avec les organisations syndicales consacré à « l’équité » et la « justice sociale ». Parmi mesures « incontournables » qui doivent être prises, selon le ministre, il y a entre autres la suppression des régimes spéciaux.

Gréviste de la RATP, le 13 janvier 2020 (photo Ludovic Marin / AFP)
Par Pierre Valdemienne
Publié le 18 novembre 2022
Temps de lecture : 2 minutes

Comme le souligne le journal Le Monde (16 novembre) : « Attention, terrain miné. Dans le cadre de la “concertation” qu’il a ouverte, depuis un peu plus d’un mois, sur la réforme des retraites, le gouvernement s’apprête à traiter l’une des questions les plus sensibles : les régimes spéciaux de pension. »

Et d’ajouter que la suppression des régimes spéciaux risque fort « de provoquer de gros remous. En 2018, les salariés de la SNCF avaient fait grève contre la mise en extinction de leur statut. Idem, fin 2019 et début 2020, à la RATP, quand l’exécutif avait voulu instaurer un système universel de retraites, synonyme de disparition des régimes spéciaux. » 

Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’annonce a suscité un tollé parmi les responsables des organisations syndicales de la RATP et d’EDF, principaux secteurs touchés directement par la mesure. Nous en publions quelques extraits
 

« Notre syndicat pourrait très rapidement être dans une action forte et dure » (FO RATP)

• Fédération nationale des mines et de l’énergie (FNME) CGT : « Aujourd’hui, c’est inadmissible de toucher à ce dossier des régimes de retraites », a réagi Julien Lambert, secrétaire fédéral de la FNME-CGT. « Si on s’attaque à nos régimes, comme à l’ensemble des régimes spéciaux, c’est très clair que les électriciens et gaziers ne laisseront pas passer », a renchéri Fabrice Coudour.

• CFE-Unsa Energies : « C’est irresponsable de la part du gouvernement d’envisager de s’attaquer aux régimes spéciaux après la mobilisation sans précédent qu’on a connue ces dernières semaines ! », a réagi pour sa part Amélie Henri, secrétaire nationale CFE-Unsa énergies pour EDF, deuxième syndicat du secteur des industries électriques et gazières, regrettant que le gouvernement se focalise sur des régimes qui, « soit dit en passant, ne sont pas déficitaires ».

• FO-RATP : « Notre régime spécial fait partie du contrat social au sein de l’entreprise, nous y sommes très attachés », abonde Laurent Djeballi, secrétaire général de FO Groupe RATP. Si l’exécutif y mettait fin tout en allongeant la durée des carrières professionnelles, « notre syndicat pourrait très rapidement être dans une action forte et dure », a-t-il prévenu.

• CGT-RATP : le secrétaire général, Bertrand Hammache, y voit « une nouvelle provocation » de la part de l’exécutif.

• UNSA-RATP : « Ce gouvernement est un gouvernement de pirates sociaux », a insisté Arole Lamasse, secrétaire général de l’Unsa-RATP, qui prévoit en cas de remise à plat complète de leur régime spécial une « mobilisation inédite ».

 

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