Après la grève à la Compagnie nationale du Rhône, filiale d’Engie
« Un mouvement intersyndical gagnant ! », nous dit à Sébastien Beaudry, délégué syndical central de la CGT CNR, dans une interview recueillie par notre correspondant.
- France, Lutte de classe

Une mobilisation massive a touché la Compagnie nationale du Rhône (CNR), filiale d’Engie, du 29 novembre au 1er décembre, aboutissant à la signature d’un protocole d’accord le 2 décembre.
Informations ouvrières : Vous titrez votre communiqué intersyndical FO, CGT-CNR, CFE-CGC, Unsa-CNR : « Un mouvement intersyndical gagnant ! » Peux-tu préciser ce que vous avez gagné ?
Sébastien Baudry : Alors que le directoire refusait d’ouvrir des négociations et nous attribuait une prime de
500 euros, nous avons gagné :
– deux niveaux de rémunération (NR), à partir du 1er janvier 2023, soit de 150 à 200 euros bruts, pour près de 60 % des salariés de l’entreprise se retrouvant dans les plus bas salaires ;
– un niveau de rémunération pour les 40 % restants se retrouvant sur les plus hauts salaires ;
– l’embauche de sept agents dans les équipes d’exploitation de Vienne et Valence ;
– un volume de niveaux de rémunération (distribués par la hiérarchie) pour l’année 2023 satisfaisant et loin de la proposition initiale ;
– l’ouverture d’échanges rapides sur deux sujets critiques à la CNR liées aux conditions de travail et emplois. Les autres mesures ont été rajoutées par la direction, mais ne font pas partie du salaire direct et de nos revendications de base : prime de 2 000 euros, titres restaurant, etc.
Qu’est-ce qui, selon toi, a permis ces résultats que votre communiqué qualifie d’ « inespérés il y a encore quelques semaines » ?
Les chiffres de grévistes communiqués par la direction elle-même sur le global de l’entreprise (nous sommes habituellement entre 20 % et 30 % de grévistes) parlent d’eux-mêmes : 57,01 % le 29 novembre, 27,18 % le 30 novembre, 58,21 % le 1er décembre !
Veux-tu ajouter quelque chose ?
La mobilisation a conduit à une reprise en main de l’outil de travail. Le 1er décembre, quatre usines, Génissiat, Sablons-Péage-de-Roussillon, Châteauneuf-du-Rhône, Bollène, étaient entre les mains des salariés, malgré les mains tendues des organisations syndicales souhaitant reprendre les échanges. La réponse négative de la direction a conduit à une mobilisation forte sur trois jours qu’elle aurait pu éviter.
