Lettre de soutien d’une militante

Nous reproduisons avec son accord la lettre de soutien d’une militante de la France insoumise (FI) de Savoie, adressée à Adrien Quatennens.

Adrien Quatennens entouré de militants et de dirigeants de la FI lors d'un meeting à Lille, le 10 novembre 2021 (photo AFP)
Par correspondant
Publié le 19 décembre 2022
Temps de lecture : 2 minutes

Bonjour Adrien,

Je suis membre de la FI, je suis une femme de 77 ans, donc d’une génération qui a aussi mené le combat féministe (engagé depuis des siècles, sans avoir attendu Sandrine Rousseau et autres !), sténodactylo, militante/déléguée du personnel et du CE/CGT dans le bassin sidérurgique et minier de Longwy (Usinor Longwy) et issue d’une famille italienne, qui sont des conditions peu propices à la reconnaissance de l’égalité des droits entre les hommes et les femmes. Puis, au plan national, « permanente » au sein de la fédération CGT de la métallurgie, et, après une formation au Conservatoire National des Arts et Métiers pour une reconversion professionnelle, j’ai atterri en Savoie. J’y ai notamment développé avec mon mari, également militant CGT et ayant suivi la même formation dans le domaine des conditions de travail, une activité de consultant visant l’accompagnement participatif de projets de conception et de transformation des moyens de travail. J’ai ensuite été élue maire durant 2 mandats (2008-2012) et j’ai parrainé Jean-Luc Mélenchon pour les présidentielles de 2017. Donc, il y a du vécu !

Je viens de suivre ton interview sur BFM-TV.

Tout en condamnant la gifle (comme toi-même la regrette beaucoup ; tu parles même d’erreur !), je tiens à appuyer ta perception d’un véritable lynchage médiatique et politique …. et mon souhait que cette campagne nauséabonde contre toi et LFI par ricochet, cesse enfin.

Tu as reconnu, tu as été condamné, durement même. A présent, ça suffit ! Même les 4 mois de suspension du groupe insoumis sont de trop !

Par ailleurs, la situation que tu subis soulève une autre question qui doit prolonger celle de l’écoute de la parole des femmes ; celle d’une écoute à la fois respectueuse … et critique ! Je ferai un parallèle avec le problème des enfants violentés. Oui, il faut entendre leur parole … mais n’oublions pas qu’il y a eu des erreurs judiciaires à l’encontre d’adultes suite à des mensonges d’enfants.

De même, je dirai que la parole des femmes n’est pas sacrée ! Elle peut être biaisée, voire guidée par des considérations peu honorables. Les hommes ne sont pas parfaits, mais les femmes ne sont pas parfaites non plus !

Aussi, il y a « la cause » en tant que telle, qui suppose d’être gagnée, mais cela n’exonère pas les femmes d’être responsables, voire exemplaires … et ce n’est pas toujours le cas !

Je pense que cette réflexion ouverte par un homme créerait une hystérie parmi certaines « féministes » qui desservent la cause des femmes.

Mais moi, en tant que femme  « féministe » qui me suis impliquée dans la société à la force des poignets, avec l’appui réel d’un homme extraordinaire (mon mari), je peux soulever cette question.

Adrien, tu as reconnu, tu as été condamné ; tu vas encore vivre au plan familial des moments douloureux. Y compris à l’assemblée : il te faudra tout le courage dont tu es capable pour poursuivre ton combat dans un climat plus ou moins hostile. Je veux t’assurer de tout mon soutien et de mon admiration. Tiens bon. Je t’embrasse comme un petit fils que tu pourrais être.

Nicole Falcetta-Gutierrez (La Chapelle-du-Mont-du-Chat, 14 décembre 2022)