Italie : « Baissez les armes, augmentez les salaires ! »

Josè Nivoi, porte-parole du Collectif autonome des travailleurs portuaires de Gênes (Calp) et l’un des responsables de la coordination Mers et Ports d’Italie, est signataire de l'appel « Halte à la guerre », il explique à Informations ouvrières son engagement.

Josè Nivoi (DR).
Par Veronica Delle Ginestre
Publié le 10 février 2023
Temps de lecture : 2 minutes

Pourquoi avez vous signé l’appel international « Halte à la guerre » et comment avez-vous pris cette décision ?

Josè Nivoi : En assemblée, dès que nous en avons eu connaissance. Dans la phase actuelle, nous estimons qu’il est très important d’avoir un réel esprit internationaliste et donc de nous mettre en connexion avec les autres nations qui vivent les attaques continuelles de la bourgeoisie mondiale. Le facteur guerre aggrave la position des travailleurs.

Les choix militaires que font les différents gouvernements de l’UE signifient de l’argent enlevé à la population. Par exemple, depuis la suppression de l’échelle mobile des salaires en 1993, nous avons perdu 30 % de pouvoir d’achat, mais le facteur guerre rend les choses encore plus concrètes. Les dépenses militaires ont augmenté de 45 % !

Nous devons unir nos forces pour faire la guerre aux patrons.

Le 25 février se tiendra à Paris une assemblée de délégués signataires de l’appel « Halte à la guerre ! ». Et vous, vous êtes en train de construire une mobilisation ce jour-là. Pourquoi cette décision et avoir choisi cette date ?

La date du 25 février est très importante pour nous pour deux raisons. La première c’est parce qu’il y a deux ans, nous avons subi, en tant que syndicat (Union syndicale de base) des travailleurs portuaires de Gênes, une méga-opération violente de la Digos (l’équivalent de la DGSI, Ndt). C’était à la suite de notre refus de décharger un bateau chargé d’armes de la Bahri (la compagnie saoudienne leader du transport de maxi-containers, Ndlt). Nous avons été accusés d’actions criminelles en réunion et d’attentat aux transports.

Et puis le 25 février marque la première année de guerre en Ukraine entre l’Otan, les Etats-Unis d’Amérique et le reste du monde. Nous considérons cette escalade de l’Otan comme très dangereuse et donc nous pensons qu’il est fondamental faire la guerre à la guerre de l’intérieur de notre pays avec une série de mobilisations.

Mobilisation qui a commencé par la grève de tous les secteurs du 2 décembre dernier, avec manifestation nationale à Rome dont le slogan était « Baissez les armes, augmentez les salaires ! », il faut passer maintenant à une mobilisation nationale et internationale à Gênes, devenue pour beaucoup le phare de l’antimilitarisme et du « pacifisme ».

Vous étiez présents le 31 janvier en France, à Marseille, dans la manifestation contre le projet de contre-réforme des retraites, aux côtés des travailleurs et des jeunes. Pourquoi était-il important pour vous d’y être ?

Parce que, pour nous, la lutte que vous menez contre la réforme des retraites est importante. En Italie, le recul de l’âge de la retraite est passé en douce avec la complicité des syndicats confédéraux qui ne se sont pas dressés ou n’ont pas voulu se dresser contre les gouvernements au moment de l’élaboration du Jobs Act. Pour nous, il est donc fondamental de connecter les luttes entre elles, contre la guerre et au-delà, dans le domaine du travail, et de rallumer le conflit en Italie.