Brésil : des éloges au ministre de l’économie de Lula… qui suscitent une inquiétude
Quand le FMI félicite le ministre de l’économie du gouvernement Lula, il y a de quoi se faire du souci, nous dit le journal « O Trablaho » de nos camarades brésiliens.
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Notre appréciation est extrêmement positive ». « Nous sommes favorablement impressionnés par l’ajustement fiscal. »
Les affirmations qui précèdent sont de Roberto Campos Neto, président de la Banque centrale, et de Nigel Chalk, directeur par intérim du département Hémisphère occidental du Fonds monétaire international. Les éloges s’adressent au « Schéma fiscal » présenté par Fernando Haddad, ministre du gouvernement Lula, et suscitent une inquiétude.
Le gouvernement Lula, il est vrai, a commencé à reprendre les programmes sociaux : Bolsa Familia1Le programme fédéral intitulé Bolsa Familia destiné à garantir aux familles pauvres des moyens de subsistance et l’accès à la santé et à l’éducation avait été supprimé par Bolsonaro, Ndt. , Minha Casa Minha Vida2Il s’agit d’un programme d’aide au logement des familles modestes que Lula avait créé en 2009, Ndt. , programme d’acquisition alimentaire, augmentation des subventions aux repas scolaires, augmentation des bourses étudiantes. Il a annoncé l’augmentation du salaire minimum et l’ajustement de l’impôt sur le revenu.
Lula a également écarté dix entreprises d’Etat de la liste des privatisations, il a transmis au Congrès des projets de loi pour la protection et l’égalité des femmes et il a adopté des mesures importantes, telles que la reprise de la commission Amnistie3Cette commission créée en 2002 dans le but d’amnistier et d’indemniser les personnes poursuivies par l’Etat brésilien durant la période de la dictature militaire (1964 à 1985) avait été vidée de sa substance entre 2019 et 2022 par Temer et Bolsonaro avec pour résultat le rejet de 95 % des demandes, Ndt., tandis que sous son gouvernement, l’inspection pour la lutte contre le travail esclave semble plus à l’aise pour mener sa mission.
Le gouvernement Lula a commencé la remise en route des programmes sociaux, mais cela reste insuffisant
Les mesures positives adoptées par le gouvernement Lula n’ont toutefois pas été suffisantes pour inverser la décomposition sociale provoquée par les gouvernements des six dernières années. Le chômage, qui avait été freiné pour tenter de faire réélire Bolsonaro, est de nouveau en hausse et, selon les « experts », il devrait continuer à croître.
La faim continue à être un grave problème, tout comme la violence. Et les ressources pour la santé et l’éducation n’ont toujours pas été reconstituées.
Les infirmiers sont encore sans salaire minimum. Les étudiants des universités ne bénéficient pas de l’assistance étudiante, pour ne citer que ces deux exemples.
La rapidité et l’intensité des mesures que devrait prendre le gouvernement Lula, pour répondre aux aspirations du peuple travailleur qui l’a élu, se heurtent aux intérêts du marché financier, dont l’une de ses principales expressions est la Banque centrale autonome.
C’est pour cela que les éloges faites au « nouveau schéma » par les agents du marché suscitent une inquiétude, même si nous ne connaissons pas tous les détails de ce nouveau plan. Ils vont à rebours de ce qu’attendent ceux qui ont élu Lula.
Lors de la dernière réunion du directoire national du PT, nombreux sont ceux qui, il est vrai, ont remis en cause cette orientation.
Mais, le gouvernement, s’il veut résister aux pressions du capital financier et mettre le pays sur la voie d’une politique souveraine qui défende les intérêts des travailleurs, doit avant tout s’appuyer sur la mobilisation des masses travailleuses, qu’il doit satisfaire.
La lutte dans l’éducation, tant des professeurs que des étudiants, revêt une importance majeure. La Confédération nationale des travailleurs de l’éducation et les syndicats d’enseignants intensifient la lutte pour l’application du salaire plancher national et s’unissent aux étudiants qui mènent la lutte pour l’abrogation du nouvel enseignement secondaire. Le calendrier des luttes comprend les journées des 19 et 26 avril et ouvre la voie au 1er Mai, qui devrait avoir lieu avec l’engagement des centrales, des syndicats et des travailleurs dans la lutte pour des revendications concrètes adressées au gouvernement Lula.
