« La démocratie est piétinée… Le combat pour le retrait reste à l’ordre du jour »
Les syndicats et toutes les forces populaires appellent à faire de ce 1er Mai un raz de marée. Dans les Alpes-de-Haute-Provence, nous avons recueilli le point de vue de Cédric Lavenu, représentant du personnel CGT à Enedis, et Sylvain Miralles, secrétaire énergie-Provence.
- Lutte de classe, Retraites

Cédric : La réforme des retraites, injuste et complètement injustifiée, a donné lieu durant plusieurs mois à une forte réaction dans le secteur de l’énergie, que ce soit EDF Enedis ou pour le gaz, avec arrêt d’activité et arrêt de production sur les sites locaux. Car ce gouvernement n’écoute pas le peuple quand il manifeste tranquillement dans la rue, il n’écoute ni les représentants des organisations syndicales, ni les représentants du peuple…
Sylvain : Ce qui s’est passé vendredi 14 avril, c’est un déni de démocratie. Et alors qu’il lui était demandé de prendre le temps de la réflexion, Macron avait 15 jours pour le faire, mais non il a fait un bras d’honneur aux organisations syndicales en promulguant la loi dans la nuit vendredi à samedi. J’ai du mal à dire président parce que déjà ce n’est pas le mien…
Cédric : durant des semaines et des semaines de mobilisation dans le secteur de l’énergie que ce soit Géométhane, ici à Enedis, à EDF Hydro ou même à l’école des métiers avec à chaque fois des bons taux de grévistes, on s’est battu en intersyndicale contre ce projet néfaste pour la classe ouvrière et aujourd’hui, malgré la promulgation, la lutte n’est pas finie… ce qui se passe est très grave pour le soi-disant pays de la démocratie et des droits de l’homme.
Le travail a repris, les piquets de grève ont été levés, on va faire une pause. Toutes les manifestations ont été très largement suivies par toutes les classes sociales et si on est un peu déçu du résultat, maintenant ça va aussi se jouer dans nos branches. On sera à Gardanne avec Sophie Binet, le 28, nous avons une journée d’action et on prépare une grosse mobilisation pour le 1er Mai. Avec à Paris, en solidarité avec notre combat, la participation de nombreuses délégations d’autres pays.
« On va retourner discuter sur les sites, pour remobiliser »
Le syndicat CGT de l’énergie a fait beaucoup d’adhésions, nous avons fait exister l’intersyndicale, on a été très présents sur les tractages du bassin manosquin. Ce sont les salariés, et les syndiqués qui décident, nous on se met à disposition on accompagne pour l’intendance.
Si la démocratie est piétinée dans ce pays avec même le RIP qui a été balayé, le combat pour le retrait reste à l’ordre du jour, on va retourner discuter sur les sites, pour remobiliser. Et ce sera plus dur car, on va monter d’un cran en action… D’autant qu’aujourd’hui le problème c’est aussi entre la population et Macron.
Sylvain : Ça dépasse les organisations syndicales. On voit dans les manifestations il y a beaucoup de retraités, des jeunes c’est vraiment le peuple contre le gouvernement qui sans le 49.3 n’aurait pas passé ! Et ce gouvernement doit avoir recours à la violence contre les manifestants, c’est vraiment un signe qu’ils sont en difficulté.
Cédric : A la fin du Covid, le même président avait annoncé le monde d’après avec une réindustrialisation du pays, des services publics de qualité, des écoles… et pour remercier « les premiers de corvée » sont aujourd’hui tous condamnés à subir de 2 ans de travail supplémentaire ! Pour nous ce choix de société là, c’est inacceptable !
