La secrétaire d’Etat au SNU renonce à sa visite face aux manifestants à Paris

Le gouvernement a engagé une « tournée d’expérience » pour vanter le SNU. Nous donnons la parole à un jeune militant de la France Insoumise présent au rassemblement organisé à Paris, le 30 avril, contre le SNU.

Le village du SNU à Nantes sous haute protection (photo AFP).
Par Aurélien Ménard
Publié le 6 mai 2023
Temps de lecture : 2 minutes

Comme à chaque étape, des jeunes se sont rassemblés pour s’y opposer. Sarah El Haïry, secrétaire d’Etat en charge de la Jeunesse et du SNU, a, une nouvelle fois, renoncé à son déplacement. 

Nous étions près de 200, essentiellement des jeunes militants d’organisations diverses.

L’accès au stand a ainsi pu être bloqué pendant environ une heure et demie avant que nous soyons délogés par les CRS.

Nous avons ensuite occupé la pelouse en face du stand (protégé par plusieurs dizaines de CRS) avec casserolade, chants et slogans pour continuer à perturber l’événement (qui avait peu de succès, moins d’une dizaine de jeunes se sont arrêtés en cinq heures).

Nous étions là pour dire non à un dispositif qui cherche à mettre au pas la jeunesse par le biais d’un encadrement pseudo militaire et d’un républicanisme falsifié, censé l’émanciper, tâche que seules l’école républicaine et l’éducation populaire, aujourd’hui sous-dotées, peuvent mener réellement à bien.

Ce dispositif n’a en réalité qu’un objectif, mettre au pas une jeunesse crainte par la classe dominante.

Il est la seule réponse que le gouvernement a à nous offrir, alors que des milliers de jeunes sont à l’aide alimentaire, que nous sommes les plus touchés par la misère et la précarité et que nos conditions d’études sont de plus en plus catastrophiques.

Nous étions ainsi là pour dire que les deux milliards par an qui seront à terme mis dans le SNU seraient plus utiles dans les lycées, les universités et dans la poche des jeunes précaires.

Ainsi le sens de notre mobilisation n’était pas juste la fin d’un dispositif inutile, cher et teinté d’une volonté d’embrigadement des jeunes. Elle s’inscrit, plus largement, dans un mouvement de contestation d’une jeunesse qui revendique que les pouvoirs publics prennent des mesures à la hauteur de ses besoins : revenu jeune universel, augmentation des moyens pour l’école et l’ESR, fin de la sélection avec les plateformes ParcourSup et MonMaster, etc.