Le 18 juin à Marseille : Pour la justice et la paix dans nos quartiers !

Une manifestation est appelée par les collectifs des familles des victimes, le 18 juin. Aminda Huille, coanimatrice du groupe d'action LFI du 14e à Marseille et membre du bureau national du POI donne son point de vue.

Le député LFI-Nupes a twitté : « Nous devons construire ensemble une réponse globale pour la justice et la paix ! »
Par Aminda Huille
Publié le 16 juin 2023
Temps de lecture : 2 minutes

Tu as participé à la réunion publique « Halte à la guerre ! »  au théâtre Toursky, où un intervenant, militant du POI, a lié la guerre aux meurtres dans les cités populaires à Marseille. Peux-tu préciser ?

Aminda Huille : Les morts à Marseille ont été tués avec des armes de guerre. Ces armes ont probablement été produites dans des usines officielles en toute légalité. Evidemment, ce ne sont ni des tanks, ni des avions de chasse qui tuent à Marseille. Mais en produisant puis en envoyant des armes à travers le monde, notamment en Ukraine, il est impossible à la fin de savoir où elles arrivent. C’est ce qui s’est vu en Libye où l’arsenal de Kadhafi s’est retrouvé disséminé, notamment au Sahel.

Les trafics de drogues se nourrissent aussi de la guerre. On se souvient de l’Afghanistan qui est passé d’un régime des talibans sans production de pavot à un régime des talibans grand exportateur. Tout ça grâce à la guerre et à l’intervention de l’Otan.

Envoyer des armes où que ce soit, soutenir une guerre quelle qu’elle soit, c’est entrer dans un engrenage. Celui-ci conduit, même de façon apparemment très lointaine, aux morts dans les fusillades. Il est donc nécessaire de sortir de cette logique de guerre, ce qui implique une rupture nette et sans concession avec Macron et son gouvernement. On ne peut pas le combattre sur les retraites pour l’accompagner sur le soutien à l’Otan et à la guerre.

Mais la situation dans les quartiers où ont lieu ces meurtres ne peut pas se résumer à cette question de la guerre…

C’est exact. J’ai grandi, vécu et travaillé dans les quartiers nord de Marseille, puis la vie m’a amenée ailleurs, un peu plus loin. J’y suis revenue récemment pour militer dans l’équipe constituée autour de Sébastien Delogu, député LFI de la 7e circonscription, au cœur de ces quartiers. Le constat que nous faisons chaque jour est terrible. La paupérisation et l’abandon de ces quartiers, résultats des politiques menées par les gouvernements successifs, sont terrifiants.

Chômage endémique, précarité galopante, logements insalubres, écoles à l’abandon, centres sociaux privés des financements adaptés et démunis des personnels nécessaires… la liste est longue, trop longue, et constitue le terreau sur lequel se développent la violence et les trafics.

Depuis des décennies, les partis traditionnels de « gauche » PS et PCF ont dit et répété : surtout ne faites rien, on s’occupe de tout ! Et aujourd’hui, on compte les morts !

La population n’est pas restée inactive, elle a cherché à s’organiser, notamment à travers des associations.

Aujourd’hui, les collectifs de familles de victimes font un énorme travail. Ils appellent à une marche le 18 juin à Marseille, à 16 heures, qui se rendra à la préfecture, il faut être nombreux !

La France insoumise propose des solutions programmatiques, mais sans la population, on n’y arrivera pas. Nous devons mettre toutes nos forces à aider la population à prendre en main ses propres affaires.