Crise aux urgences : le rapport accablant du syndicat Samu-Urgences de France
La destruction organisée des services publiques par le gouvernement, notamment l'Hôpital et les services des urgences, a une conséquence direct sur la population, qui se voit privée de soin contrairement à ce qu'indique le ministre de la santé.
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Le 17 août dernier, au micro de Franceinfo, le nouveau ministre de la Santé Aurélien Rousseau déclarait : « Je ne dirai pas que la situation est plus grave qu’en 2022 » « elle est toujours tendue, et elle sera tendue après l’été aussi ». « Nous anticipons mieux les tensions cette année » ; les grands hôpitaux, ajouta-t-il, « appuient les plus petits et les fermetures nocturnes permettent de maintenir une offre de soins ».
La réalité est tout autre, déclare sur Europe 1, le 15 août dernier, Marc Noizet, président du syndicat Samu-Urgences de France (SUdF). En effet, elle n’a « jamais été aussi dégradée et cette fois, tout le pays est touché… ».
Une réalité bien loin des propos du ministre avec tri des patients, fermetures partielles… Dans son rapport publié le 6 septembre dernier, le syndicat Samu-Urgences de France, faisant le bilan de l’été, décrit une situation « catastrophique ». Pour rappel, le syndicat Samu-Urgences de France a été dirigé par François Braun de 2014 à 2022 qui a été par la suite ministre de la Santé de Macron. Difficile d’accuser ce syndicat de noircir le tableau… Le rapport est, lui, accablant.
Cet été, la moitié des structures d’urgences du pays ont fermé au moins une fois.
Il est écrit :
« Sur les 389 services d’urgences (SU) qui ont participé à notre enquête (57 % des SU en France), 42 % d’entre eux ont fermé ponctuellement cet été faute de personnel », de plus « 157 services (57 % des SU répondants) déclarent avoir fermé au moins une ligne médicale et parmi eux 41 % ont dû fermer plusieurs lignes ».
Le rapport commente : « L’ensemble de ces données met bien en évidence la dégradation majeure de fonctionnement des services d’urgences durant cet été. Même si en façade la situation semble avoir été maintenue sur le territoire national, le fonctionnement des SU n’a jamais été aussi altéré, avec des conséquences majeures sur les conditions d’exercice pour les professionnels, et les modalités de prise en charge pour les patients. La sécurité sanitaire n’est parfois plus assurée, y compris pour l’urgence vitale. » (Marc Noizet, président du Samu-Urgences de France.) C’est là la confirmation d’une dégradation terrible de la situation.
Déjà l’hiver dernier Samu-Urgences de France avait recensé, sur une base déclarative, le nombre de morts aux urgences « évitables ».
Dénomination macabre qui recense les personnes qui pouvaient vivre si la prise en charge hospitalière et médicale avait été correcte. Samu-Urgences de France évalue, sur la base de cette étude qu’en un an, nationalement, 2 000 morts était « évitables ». Comment ne pas être d’accord avec l’affirmation du docteur Prudhomme, porte-parole de l’Association des médecins-urgentistes : « Cette politique entraîne des morts, c’est une politique meurtrière ! ».
Un homme décède à cause de la fermeture des urgences (Saint-Tropez, Var)Dans la nuit du 6 au 7 septembre un touriste allemand, est décédé après s’être vu refusé l’accès aux soins. En cause, la fermeture du service des urgences de Gassin, fermeture qui est la conséquence directe d’une pénurie de médecins urgentistes dans l’établissement. Cynisme du ministre« Les fermetures nocturnes permettent de maintenir une offre de soins », a déclaré le ministre de la Santé, Aurélien Rousseau sur Franceinfo le 18 août dernier. Incroyable, le ministre voudrait nous convaincre que, pour que des patients soient pris en charge dans la journée, ces mêmes patients devraient s’interdire d’avoir recours aux urgences la nuit. S’agissant du Var, l’homme s’était présenté au centre hospitalier dès la matinée en se plaignant de fortes douleurs mais le centre avait été mis dans un fonctionnement qualifié officiellement de « dégradé » et ne prenait en compte que les patients dont le pronostic vital était estimé engagé. Il a été demandé au touriste d’attendre l’ouverture du Centre de soin non programmé (CSNP) à 10 heures… BFM rapporte : « Le touriste aurait attendu plus de quatre heures aux urgences avant de quitter les lieux. Pour l’heure il n’est pas déterminé si ce sont les médecins qui lui ont demandé de quitter l’établissement ou s’il est parti volontairement ». Nous voyons ici les conséquences dramatiques de la politique du gouvernement qui organise partout en France, le refus de l’accès aux urgences et le tri des patients, parfois sur des parkings. |
