Attal et Belloubet veulent passer en force

Enseignants et parents contre le « choc des savoirs », pour les moyens, pour les postes. Cette semaine, cela fait un mois que les profs du 93 sont mobilisés, en grève pour exiger les moyens nécessaires.

Rassemblement des personnels du collège Boris-Vian de Saint-Priest en grève le 22 mars devant l’inspection académique du Rhône.
Par Rosalie Albani
Publié le 30 mars 2024
Temps de lecture : 2 minutes

Ils ont chiffré à 5 000 le nombre de profs nécessaires dans le 93 pour faire leur travail correctement mais aussi 2 200 AESH et AED, 175 CPE. Ils exigent le retrait du choc des savoirs que la ministre Belloubet veut imposer à la rentrée prochaine. En effet, les décrets sont parus le 17 mars.

Nouveau coup de force d’un gouvernement isolé comme jamais. Les groupes de niveau, rebaptisés aujourd’hui « groupes de besoin » poursuivent en réalité deux objectifs.

Déjà, réduire drastiquement les moyens attribués à l’éducation nationale. Les 700 millions d’euros en moins à l’Éducation nationale annoncés en déclinaison des 10 milliards d’économie, viennent d’être entérinés.

Mais il s’agit aussi d’un véritable basculement du point de vue du fonctionnement de l’école publique.

Il s’agit d’imposer une école de la ségrégation sociale et du séparatisme social.

Parmi les mesures qui s’appliqueraient à la rentrée 2024, il y a la suivante : les élèves qui n’auront pas eu le brevet des collèges ne pourront pas entrer au lycée. Ils seront contraints de faire une année de « prépa seconde » pour espérer pouvoir entrer au lycée.

En tout cas, pour ceux qui pourront y entrer puisqu’il n’y en aura pas dans tous les lycées ! Les élèves qui choisiraient de s’orienter vers l’apprentissage seront exemptés de cette prépa seconde.

Il s’agit donc d’orienter le plus possible d’élèves vers l’apprentissage, vers des emplois payés par les subventions publiques qui ne coûtent pas 1 euro au patron et donc de vider l’école et les lycées publics de dizaines et de dizaines de milliers de jeunes.

Pas de brevet, pas de lycée

Voilà ce que ce gouvernement est en train de faire dans la continuité de ce qu’ils ont fait avec ParcourSup, avec la destruction de l’enseignement professionnel, avec la remise en cause du baccalauréat national.

Cette politique, ni les profs ni les parents d’élèves n’en veulent. C’est ce qu’expriment les profs et les parents du 93.

« Comment gagner ? Comment les arrêter ? »

Par leur mobilisation s’appuyant sur les AG d’établissements, de secteurs, de villes, les AG départementales réunissant les délégués pour organiser la grève, par les tournées d’écoles et d’établissements, avec les parents, les personnels de Seine-Saint-Denis ont apporté une première réponse à la question : « Comment gagner ? Comment les arrêter ? »

Le 2 avril, les organisations syndicales Snes-FSU, CGT Educ’action, Sud et Fnec FP-FO appellent à la grève « pour l’abandon des mesures “choc des savoirs” », pour exiger une revalorisation salariale sans contreparties et des moyens pour l’École publique ».

Le communiqué intersyndical se conclut par : « Elles soutiendront toutes les reconductions là où cela est possible : c’est bien en l’inscrivant dans la durée par plusieurs jours de grève consécutifs, que la mobilisation sera victorieuse. » C’est bien ça qui est à l’ordre du jour, dans l’Éducation nationale, comme dans de nombreux autres secteurs professionnels.