Otan et souveraineté : le cas suédois
La propagande prétend que l’Otan serait une garantie pour la souveraineté et le droit des peuples. Vraiment ? Ce qui se passe en Suède est à ce titre significatif.
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Dans la foulée de leur intégration de plus en plus poussée à l’Otan, la Finlande, le Danemark et la Norvège ont récemment signé des accords militaires demandés par Washington, pour que l’armée américaine soit « chez elle » dans ces pays.
Le gouvernement norvégien a autorisé, depuis 2021, l’accès à quatre de ses bases aux forces américaines. Puis le gouvernement danois a permis à l’armée US d’utiliser trois de ses bases militaires (Karup, Skrydstrup et Aalborg).
L’accord Washington-Finlande permet aux États-Unis d’utiliser 15 bases militaires (ports, bases aériennes, terrains de manœuvres) mais aussi de prépositionner du matériel dans d’autres sites.
Et, le 7 mars 2024, le gouvernement suédois a officialisé son adhésion à l’Otan.
Parallèlement à l’adhésion de la Suède à l’Otan, les États-Unis ont également obtenu un accord du gouvernement suédois pour un accès illimité aux bases militaires suédoises (ports, aéroports, et bases terrestres). Mais ce n’est pas tout. Cet accès peut également s’étendre sur demande des États-Unis aux terrains, routes, ports et aéroports civils.
Les États-Unis se réservent aussi la possibilité d’implanter en Suède des armes nucléaires. En effet, la Suède fait partie des pays dotés de centrales nucléaires civiles pour la production d’électricité. Une hypocrisie supplémentaire lorsque l’on pense que le pays s’est engagé dans la « dénucléarisation » de sa production électrique !
Qui peut prétendre alors qu’implanter des têtes nucléaires à 400 km de la Russie serait un acte de paix, ferait baisser les tensions et protégerait la population ?
Enfin les soldats américains opérant en Suède seront sous législation américaine et non suédoise, ce qui par exemple les soustrait à la justice pour des crimes tels que la violation de la loi du consentement.
Le Parlement suédois doit se prononcer en mai sur cet accord. Les choses vont tellement loin dans la perte de souveraineté, que certains parlementaires (Parti de Gauche) qui ont accepté l’adhésion à l’Otan parlent de voter contre l’accord bilatéral en mai.
