Le révolte du peuple kanak contre l’Etat colonial français
Dans ce dossier de la rédaction, on trouvera une contribution de militants guadeloupéens dans le journal "Travayé é Pèyiza", de larges extraits du communiqué du LKP de Guadeloupe, ainsi que plusieurs repères historiques sur la colonisation de la Kanaky ("Nouvelle-Calédonie").
- Actualité internationale, Kanaky (Nouvelle-Calédonie)

Dans ce dossier d’Informations ouvrières cette semaine, nous publions une contribution de militants guadeloupéens dans le journal Travayé é Pèyiza, de larges extraits du communiqué du LKP de Guadeloupe. Vous lirez aussi ce que Pierre Messmer, Premier ministre en 1972, écrit au secrétaire d’État aux Dom-Tom de l’époque. Quelques repères historiques de l’histoire coloniale de la Kanaky (Nouvelle-Calédonie), quatre questions/réponses sur la situation.
Contribution de Travayè é Pèyizan de Guadeloupe
La Kanaky est paralysée depuis près de deux semaines. La seule réponse du pouvoir colonial est l’envoi de centaines et de centaines de forces de répression faisant déjà une demi-douzaine de morts.
Nous qui avons connu des événements semblables en Guadeloupe, en fin d’année 2021, heureusement moins dramatiques, quand le pouvoir colonial a voulu imposer l’obligation vaccinale contre la volonté du peuple, affirmons que cela était prévisible.
Face aux revendications, face à la volonté du peuple, le gouvernement français répond toujours de la même façon : mépris, répression, envoi des troupes du GIGN et du Raid, état d'urgence, couvre-feu.
Rendre les Kanaks minoritaires sur leur propre territoire
Cela fait des mois que les Kanaks disent qu’il faut maintenir le gel du corps électoral. Sourd à cette revendication, l’État français avait déjà tenté le passage en force en organisant ses élections en 2021, en pleine crise du Covid. Nous affirmons que la situation actuelle était prévisible au regard du plan poursuivi par la France depuis des décennies et des décennies car son objectif est de se maintenir à tout prix dans les pays qu’elle occupe. Sa feuille de route est toujours celle établie par Pierre Messmer, en juillet 1972 (lire ci-dessous).
Rendre les Kanaks minoritaires sur leur propre territoire pour ensuite organiser une mascarade de référendum d’autodétermination, tel est le plan de l’État colonial. Les accords signés n’ont d’ailleurs jamais été une garantie pour les Kanaks, ils ont même servi à les diviser.
C’est le cas des accords de Matignon, conclus à Paris le 26 juin 1988 entre une délégation menée par Jean-Marie Tjibaou et une délégation anti-indépendantiste dirigée par le député Jacques Lafleur, sous l’égide de Michel Rocard, alors Premier ministre de François Mitterrand.
Ces accords soi-disant préparatoires à l'autodétermination de la Nouvelle-Calédonie doivent selon les termes du texte régler un conflit opposant lesdits (…)
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