Le Débarquement a bon dos !

Le Président de la République adore les commémorations surtout celles qui marchent au son du clairon.

Le président américain Joe Biden et le Emmanuel Macron lors d'une cérémonie internationale sur Omaha Beach, le 6 juin (photo Belga Mag via AFP).
Par Yves Ouditou
Publié le 7 juin 2024
Temps de lecture : 2 minutes

Le président de la République adore les commémorations surtout celles qui marchent au son du clairon. Il est servi au cours de la dernière période, il les aura toutes faites. Il aime ça et en son for intérieur, il regrette sans doute de ne pas avoir fait l’Indochine et l’Algérie. Ce regret le conduit une nouvelle fois à remettre le pavé dans la mare en annonçant que des militaires français pourraient rejoindre l’Ukraine.

Il est immédiatement relayé par « son fusible » Premier Ministre qui claironne lui aussi, à l’occasion des 80 ans du Débarquement, que « l’unité fait la force ». Autrement dit : « Pays d’Europe, suivez la ligne de Macron pour aller foutre sur la g… du peuple russe ».

Le Président, fort de l’invitation qu’il a lancée à Zelensky pour marquer les 80 ans du Débarquement, ne se préoccupe pas que le Zelensky en question, se camouflant derrière la guerre, continue à détruire les mesures sociales pour les Ukrainiens notamment en matière de Code du travail. On comprend alors que des députés français n’aient pas envie de participer à la mascarade de réception à l’Assemblée nationale pour ce personnage pas plus d’ailleurs qu’ils n’ont envie d’accueillir Poutine.

Quand on regarde bien le Président de notre République, lui se plante derrière les commémorations pour faire oublier la politique désastreuse conduite sur le plan économique et sur le plan social. Il surfe même sur ce 80e anniversaire pour faire, au soir du 6 juin, une interview pour essayer d’enrayer la catastrophe électorale qu’il va subir tout en se foutant pas mal des dizaines de milliers de pauvres jeunes qui se sont fait flinguer sur les plages de Normandie et qui sont les faire-valoir d’une politique servant aux marchands de canons et à la finance.

Profitons d’ailleurs de faire un petit retour sur ce 80e anniversaire du Débarquement pour constater que Zelensky, représentant l’Ukraine alors soviétique, serait le seul qui aurait participé à la libération de la France. Mais même si Macron ne le veut pas, il faut bien se souvenir que si le 2e front ouvert par l’Union soviétique et les batailles engagées par leur armée, notamment à Stalingrad, ne s’était pas déroulé, le Débarquement n’aurait pas eu lieu en Normandie. Ce sont des millions de travailleurs soviétiques qui sont morts en contribuant, qu’on le veuille ou non, à la libération de la France.

Ne méritent-ils pas eux aussi la reconnaissance de notre peuple qui contrairement à nos dirigeants n’a pas oublié cette page d’histoire. Nous, nous faisons une différence entre les peuples, russes et ukrainiens et leurs dirigeants qui se nomment Zelensky et Poutine qui envoient leur jeunesse mourir non pas pour des idées comme le disait Brassens mais pour les marchands de canons, les grands groupes financiers et pour le capitalisme.

À bas tous ces va-t’en-guerre et cessez-le-feu immédiat et permanent dans toutes les parties du monde et arrêt des massacres et des génocides.