Est-il possible de préparer cette rentrée comme d’habitude ?
Le 23 août, Laurent Brun, administrateur confédéral de la CGT, et Benoit Teste, Secrétaire général de la FSU, étaient invités à débattre aux AmFis dans un débat intitulé : « Syndicats, associations, partis : construction d’une rupture sociale, écologique et démocratique. »
- Actualité politique et sociale, France

Premier intervenant, Laurent Brun conclut : « A la rentrée on prépare une mobilisation sociale et quel que soit le gouvernement, cette mobilisation sociale elle aura lieu, et que ce soit dans le meilleur des cas pour encourager et fêter les bonnes mesures, ou que ce soit malheureusement le scenario le moins improbable, parce qu’on voit un président qui n’a pas tout à fait lâché l’affaire, pour mettre la pression au futur ex-démissionnaire nouveau gouvernement. »
Se tournant vers le secrétaire général de la FSU, Aurélie Trouvé l’interroge : « À moins de trois semaines de la rentrée scolaire, avec un gouvernement démissionnaire sans légitimité, on sait qu’on a des milliers de postes supprimées, d’enseignants, d’AESH, de surveillants, alors quelle mobilisation pour la rentrée ? »
Benoît Teste a répondu qu’il aborde cette rentrée « beaucoup plus sereinement que si on avait eu un gouvernement d’extrême droite » pointant notamment « les centres pour perturbateurs » voulus par le RN. N’est-ce pas pourtant le gouvernement Macron et non Le Pen qui prépare, dès cette rentrée, la mise en œuvre du « choc des savoirs » et les classes de niveaux, préparant la généralisation de la ségrégation sociale ?
Sur la rentrée « on va être très modestes, on va voir ce qu’on peut faire, on va voir ce qu’on peut mettre en œuvre comme résistance passive aux réformes qui vont se mettre en œuvre. »
Dans le débat, la volonté de ne pas courber l’échine et d’en découdre
Une première intervenante interpelle les dirigeants syndicaux : « Il y a une donnée dont vous n’avez pas beaucoup parlé : Macron ne reconnaît pas le résultat de cette élection (…). Qu’est-ce que vous prévoyez pour la rentrée dans le cas où on est toujours dans cette situation ? (…) Il faut préparer à mon sens une grande mobilisation sociale dans le pays. Même s’il ne suffit pas d’appuyer sur un bouton pour déclencher un soulèvement, on ne pourra pas se permettre d’avoir une manifestation sociale habituelle, basique, on a besoin de préparer quelque chose. »
Une autre enseignante enchaîne : « Une question brûle les lèvres de tous les enseignants : est-ce qu’on va la faire cette rentrée, dans ces conditions, alors que Madame Belloubet nous déroule tout son programme, en faisant comme si de rien, comme s’il n’y avait pas eu la grève historique dans le 93 (…) ?
C’est pas possible de faire une rentrée comme d’habitude, donc qu’est-ce qu’on fait le jour de la pré-rentrée ? C’est la question qu’on va poser à tous les collègues en salle des profs dès vendredi, et on va s’adresser aux parents d’élèves, aux jeunes avec la question de ParcourSup, la pénurie des postes (…). C’est pas possible qu’on courbe l’échine : ce gouvernement doit se soumettre, ou se démettre ! »
Dans la situation politique actuelle, est-ce possible d’attendre le mois d’octobre ?
Dans sa réponse, Laurent Brun défend la journée d’action proposée pour début octobre par la CGT : « une journée d’action, ce n’est pas une journée d’action traditionnelle, surannée, ça dépend du niveau de mobilisation à un moment donné. Si on arrive à obtenir une dynamique qui conduit à la généralisation de la grève on sera les rois du pétrole mais je crains qu’il ne faille beaucoup de travail militant avant d’y parvenir. »
Il poursuit : « On a besoin de temps et de construire quelque chose au moment du budget, fin septembre début octobre (…) Oui il faut absolument que ce soit une rentrée exceptionnelle, mais on sait que dans la vraie vie il y a les militants qui arrivent remontés comme des coucous et il y a la majorité de la profession qu’il faut arriver à remobiliser. »
Des millions et millions, qui se sont mobilisés sur le vote NFP pour chasser l’extrême droite et la politique de Macron, peuvent-ils se permettre d’attendre le débat sur le prochain budget en octobre ?
