Des médecins et agents hospitaliers sonnent l’alerte
Samedi 14 septembre 2024, une conférence de délégués de services hospitaliers, s’est tenue à la Bourse du travail de Paris. Nous publions le compte-rendu rédigé par les participants de la conférence.
- Actualité politique et sociale, Hôpitaux

À cette conférence, étaient présents des délégués du personnel et des médecins de toute la France. (Nantes, Grenoble, Rouen, Montpellier, Lyon, Laval, Mayenne, Aix-en-Provence, Paris, Digne, Angers avec des contributions écrites jointes au dossier de Manosque, Aix et Marseille). Tous ont la conscience qu’il faut agir sans tarder, en rangs serrés, pour la survie des malades et le retour à des conditions de travail normales.
À l’ordre du jour de cette conférence, qui a fait le constat des mensonges de M. Valletoux, la manière de se mobiliser pour parvenir au bon fonctionnement des hôpitaux (réouvertures des services fermés, embauches des personnels soignants et non soignants…).
Le gouvernement a prévenu, il poursuit la politique menée depuis des années en affirmant que les choses s’améliorent avec le SAS1Service d’accès aux soins.qui oblige à téléphoner au centre 15 pour pouvoir se rendre aux urgences, malgré la suppression de 1 510 postes d’internes à la rentrée, des plus de 1 000 Padhue2Praticiens à diplômes hors Union européenne.qui sont sans affectation et maintenus dans la précarité, des services d’urgences qui ferment sur certains créneaux horaires, des hébergements de patients, des plans blancs utilisés pour faire face à la pénurie de personnels…
Depuis deux ans, l’État s’attaque aux intérimaires qui permettaient aux établissements de boucher les trous des plannings des hôpitaux périphériques fragiles… protégeant les CHU.
Des drames médicaux et humains de plus en plus fréquents
Quelques chiffres et faits pour étayer notre analyse :
Au Mans, une comparaison entre une moyenne du nombre de passages aux urgences en 24 heures (2023 : 176 ; 2024 : 187) ainsi qu’une moyenne du nombre de patients présents plus de 24 heures aux urgences (2023 : 8 ; 2024 : 11,2) prouvent que rien ne s’améliore.
À Nantes, 6 % de passages en plus et temps moyen d’attente passé en août de 8 h 30 à un peu plus de 9 heures… CQFD ! À associer au rapport du Samu de France qui relève aussi les contradictions de notre ministre démissionnaire !
À Grenoble les statistiques du service montrent la même aggravation de la situation qui se traduit par des drames médicaux et humains de plus en plus fréquents.
En région Alpes-de-Haute-Provence (Digne, Manosque et Sisteron) les services d’urgences fonctionnent de manière incertaine et instable avec des menaces de fermetures simultanées sur les trois sites sur certains créneaux, alors que sur Pertuis, les urgences ferment complètement certains jours.
Des départs de médecins qui se profilent, de nouveaux médecins qui ne restent pas, accentuent encore plus la difficulté de maintenir ces établissements hors de l’eau. Une action coordonnée est en cours dans ce département comme en Mayenne qui, avec l’association Audace, avait été capable d’organiser une grande manifestation en direction du ministère le 4 décembre 2021.
Un groupe de médecins de la région Alpes-de-Haute-Provence, s’est formé début août autour d’un mouvement de grève. Le but était de rendre un planning sans temps additionnel, et sans alternative et de révéler ainsi sans échappatoire possible pour l’ARS, la crise sanitaire majeure du département.
La bonne volonté de ce groupe a finalement présenté un planning vide ainsi qu’un planning aménagé. Ce qui a permis à l’ARS de renvoyer les médecins vers une solution en interne, dégageant l’ARS de toute responsabilité.
En Isère, certains soirs, seul le CHU de Grenoble est en mesure d’accueillir des patients au lieu des huit centres avec SAU (Service d’accueil des urgences) en temps normal !
Pour les urgences d’Aix-en-Provence, ils devraient être environ vingt-neuf médecins pour pouvoir tourner au lieu des douze actuellement présents.
Que faire ?
Dans nos hôpitaux, le personnel hospitalier même uni avec les médecins et les organisations syndicales n’arrivera pas seul à obtenir des bras, des lits… L’hôpital appartient à la population.
Nous avons constaté que nos effectifs, nos combats en instances, nos « grèves brassard » qui sont nécessairement de fausses grèves n’ont pas permis d’obtenir satisfaction. Il faut passer à une autre étape. Nous nous sommes interrogés. Que pouvons-nous faire de plus efficace ?
Nous devons nous relier avec la population pour qu’elle s’organise avec nous pour défendre son hôpital. Les élus pourront faire le relais. Partout nous constatons que la population est prête à combattre à nos côtés mais comment l’organiser ? Quelles actions communes sont envisageables ?
La question de l’occupation des locaux, des terrains devant l’hôpital ou de toute action permettant de regrouper les forces, a commencé à être discutée.
