Minoritaire et rejeté, le gouvernement Macron-Barnier continue, la crise s’amplifie
Un gouvernement archi-minoritaire, en déroute, entend frapper la population, avec le soutien du RN, par ses mesures de destruction de tout l’édifice social. Il s’apprête à faire passer en force un budget d’une violence inégalée pour la population de ce pays.
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Chose peu commune, c’est avec la quasi-absence des députés du « socle commun » (qui regroupe les députés du camp présidentiel et du camp Barnier) que s’est déroulée la première partie de l’examen du budget sur les recettes de l’Etat. Ce sont des divisions complètement désorganisées qui ne savent pas où donner de la tête et qui se décident heures après heures sans consignes véritables.
Il n’y a plus de pilote dans l’avion, comme le constate L’Opinion de ce week-end, qui écrit : « Le bloc central se disloque (…) le 24 octobre à 15 h 03, à peine trois députés LR siègent dans l’hémicycle. »
C’est donc un gouvernement minoritaire en déroute avec un « président abandonné » (l’Opinion, 28 octobre) contesté par ses anciens alliés qui continuent à frapper la population par ses mesures de destruction de tout l’édifice social et qui s’apprête à faire passer en force (49.3, ordonnances ?) un budget d’une violence inégalée pour la population de ce pays. Un budget qui prévoit la suppression de 4 000 postes d’enseignants, des coupes sans précédent dans les services publics, qui met à genoux les collectivités territoriales, détruit l’hôpital public, la Sécu et tout ce qui reste de protections collectives dans ce pays.
Jordan Bardella apporte son soutien au ministre de la fonction publique
Quant au RN, dont un de ses élus déclare « Barnier, c’est le moins pire, il faut le faire tenir aussi longtemps que possible tout en ne soutenant pas le projet de loi de finance », (au moins les choses sont claires), il n’est pas épargné par les dissensions internes. Comment résoudre l’équation impossible de sauver Macron et le gouvernement Barnier, tout en gardant la confiance d’une majorité de ses électeurs, qui a voté pour dégager Macron et ses politiques qui depuis des années plongent la population dans la misère (17 % de la population en dessous du seuil de pauvreté) ? Voilà ce qui explique « les déroutants zigzags du RN » (L’Opinion, 29 octobre). Car c’est le RN qui permet aujourd’hui à Macron et au gouvernement Barnier de rester en place.
Jordan Bardella n’hésite pas à apporter son soutien au ministre de la Fonction publique en se déclarant « favorable » à son plan de lutte contre le prétendu absentéisme des fonctionnaires visant à « porter le nombre de jours de carences d’un à trois et (de) limiter le remboursement des arrêts maladies à 90 %. » Un RN qui vote avec les macronistes le rejet de l’amendement du NFP visant à abroger la réforme des retraites lors de la séance plénière ce 29 octobre, pendant la discussion du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2025. Voilà quel est son vrai visage, qu’il a de plus en plus de mal à cacher.
instabilité de tout l’édifice des institutions de la Ve République
C’est donc une situation d’extrême instabilité de tout l’édifice des institutions de la Ve République. Une situation bien comprise par l’agence de notation Moody’s qui, même si elle a maintenu la note de la France à Aa2, assombri sa perspective qui passe de « stable » à « négative » et qui souligne dans son communiqué que cette décision « reflète le risque croissant que le gouvernement français soit peu susceptible de mettre en œuvre des mesures qui empêcheraient des déficits budgétaires plus importants que prévu ».
L’origine de cette situation est à chercher dans l’immense rejet, par la population, de Macron et de ses politiques de misère.
L’immense rejet d’un président qui soutient Netanyahou dans son entreprise d’extermination du peuple palestinien. L’immense rejet de ce système aux ordres des milliardaires et des multinationales. Un rejet largement relayé par les députés FI au sein de l’Assemblée nationale et qui s’est exprimé lors des puissantes mobilisations contre la réforme des retraites et qui, même si elles n’ont pas abouti, ont renforcé l’exigence d’abrogation de cette contre-réforme. Cela s’est exprimé lors des élections européennes et législatives, qui ont vu le camp présidentiel être sévèrement battu à deux reprises et le parti de M. Barnier relégué à la dernière position.
Cela s’exprime également toutes les semaines dans les dizaines de rassemblements contre le massacre des peuples palestinien et libanais. Un rejet largement renforcé par les nouvelles annonces contre les fonctionnaires. Bien malin qui peut prévoir quel chemin empruntera cette colère et ce rejet grandissant. Mais ce qui est sûr, c’est que la recherche de résistance contre tous ceux qui protègent ce système, ouvertement ou par de basses manœuvres, ne peut que s’amplifier.
