« Contre la guerre, contre la guerre sociale ! »

Combattant la marche à la guerre de leurs gouvernements respectifs, des délégués d’Allemagne, Belgique, Croatie, Espagne, France, Grèce, Macédoine, Norvège, Pologne, Portugal, Roumanie, Serbie, et Suède se sont réunis à Berlin les 2 et 3 novembre.

Lors de la conférence (photo correspondant).
Par la rédaction d’IO
Publié le 16 novembre 2024
Temps de lecture : 11 minutes

La Conférence européenne « contre la guerre et contre la guerre sociale » a permis la convergence de nouvelles forces, et l’approfondissement des liens déjà tissés à Paris le 4 mai puis aux rencontres d’Oslo en juin et Belgrade début juillet.

Les présents, tous engagés contre l’escalade guerrière en Ukraine et contre le génocide à Gaza, ont abordé le combat contre tous les gouvernements complices (y compris Poutine). Ils ont aussi abordé la construction d’organisations réellement indépendantes de l’impérialisme. Vous lirez des extraits de la discussion.

Le Comité de liaison européen contre la guerre, qui animait cette conférence, publiera prochainement la totalité des échanges et des conclusions.

BELGIQUE

« Unir nos forces contre cette politique de guerre »

Ludo De Brabander, coalition Vrede (la Paix)

« À Gaza, nous sommes témoins d’un génocide et de crimes de guerre à grande échelle perpétrés par un gouvernement fasciste d’extrême droite qui prône ouvertement une politique de nettoyage ethnique et d’expansion des frontières actuelles d’Israël. Au Liban, Israël utilise les mêmes techniques terroristes, où le bilan a atteint 3 000 morts et des villages entiers ont été dynamités.

Depuis octobre dernier, au début de la répression militaire brutale d’Israël, les États-Unis ont approuvé une aide militaire à Israël d’une valeur de 17,9 milliards de dollars. Jamais auparavant l’aide militaire américaine à Israël n’avait été aussi importante. L’Allemagne continue également de fournir une aide militaire, bien que les crimes de guerre aient été largement documentés par l’Onu et les organisations de défense des droits de l’homme.

Ce soutien militaire s’accompagne d’un soutien diplomatique et économique. Israël reste un partenaire privilégié de l’Union européenne. Il participe à des programmes de recherche et développement dans le cadre d’un accord d’association et bénéficie d’avantages commerciaux.

Selon le plan d’action UE-Israël, convenu en 2005, les relations multilatérales sont fondées “sur des valeurs communes de démocratie, de respect des droits de l’homme, de l’État de droit et des libertés fondamentales”. Quelle hypocrisie !

Tout aussi choquant est le refus de mettre fin à la guerre dite « non provoquée » en Ukraine. Si l’invasion de l’Ukraine par la Russie constitue une violation inacceptable de la Charte des Nations unies, cette guerre aurait pu être évitée si l’Occident avait pris en compte les perceptions russes en matière de sécurité.

Mais pour l’Otan, ce n’est pas l’Ukraine qui est en jeu, mais les intérêts stratégiques de l’Otan à affaiblir la Russie. L’Occident a encouragé l’Ukraine à poursuivre la guerre avec un soutien militaire massif et au prix d’innombrables victimes et de destructions massives.

L’Ukraine instrumentalisée et épuisée est chargée d’une guerre d’usure grâce à un soutien militaire occidental massif. La poursuite de la guerre se fait clairement au détriment de l’Ukraine, qui perd de plus en plus de territoire et doit supporter un coût humain et économique énorme.

Le mouvement pour la paix a une responsabilité.

Il y a d’abord et avant tout un besoin urgent d’un cessez-le-feu à Gaza, au Liban et ailleurs… Un boycott d’Israël, des désinvestissements et des sanctions, pour aboutir à un embargo militaire complet.

Plus que jamais, nous devons nous adresser aux syndicats, au mouvement écologiste, aux organisations de jeunes et de femmes et au reste de la société civile pour inverser la tendance.

Nous devons unir nos forces contre la politique de guerre et nous mobiliser lors du sommet de l’Otan qui se tiendra fin juin 2025 à La Haye. »

ALLEMAGNE

« Les droits de l’homme sont distribués de manière très différente par l’Occident »

Marcus Steiger, alliance « Chauffage, pain et paix »

« À près l’invasion russe en Ukraine en 2022 j’ai constaté que la question de la guerre était une contradiction antagoniste et qu’il était important de prendre position sur ce point. J’ai été d’autant plus étonné de devoir me rendre compte que de nombreuses personnes de mon entourage politique défendaient tout d’un coup des positions de l’Otan.

Je me suis alors rallié à l’alliance « Chauffage, pain et paix », qui était aussi une des premières à lier la question sociale et la question de la guerre, ce que de nombreux groupes ne font pas jusqu’à ce jour.

Soit ils s’occupent de la question de la paix et laissent de côté la question sociale ou alors ils s’occupent exclusivement de la question sociale, comme les syndicats, et ne prennent pas en considération la question de la guerre. Ou le parti « Die Linke » (« La Gauche », qui n’est toujours pas capable aujourd’hui de prendre une position claire sur la guerre en Ukraine ou à Gaza.

Vous savez, je travaille dans un centre pour jeunes dans le quartier de Kreuzberg à Berlin et nous accueillons beaucoup d’enfants dont les parents ont dû fuir la Palestine ou le Liban. Mais comment je vais expliquer à ces enfants et jeunes qu’ils doivent résoudre leurs conflits de manière pacifique si, au même moment, ils me montrent une vidéo sur Tik Tok où l’on voit comment des membres de leur famille, des amis ou des connaissances sont brûlés vifs.

Comment je peux leur expliquer qu’ils font partie de cette société, si l’incitation à la haine contre les migrants devient toujours plus forte.

Comment je peux leur parler des valeurs de la société occidentale si leur liberté de manifester est restreinte et qu’on leur signifie encore et encore qu’ils sont des personnes de classe inférieure.

Comment je peux leur raconter quoi que ce soit des droits de l’homme quand ils voient très précisément que ces droits de l’homme ne valent pas pour tous de la même manière et que ces droits de l’homme sont toujours distribués de manière très différente par l’Occident.

Chers amies et chers amis, il y a plus de 100 ans, Rosa Luxemburg a prédit que nous étions confrontés à un choix. Socialisme ou barbarie, et comme nous le savons, la barbarie a gagné à l’époque.

Aujourd’hui, nous sommes confrontés à la même question. Socialisme ou barbarie ? Et je ferai tout pour que cette fois-ci, la barbarie perde.

C’est pour cela que nous devons combattre, ensemble, de manière organisée et internationaliste. Vive la solidarité internationale ! »

FRANCE

« Le gouvernement n’inspire que le dégoût et la rage chez les jeunes »

Ambre, étudiante, jeune du POI

« La précarité dans laquelle sont plongés la jeunesse et les étudiants a tout à voir avec le budget faramineux alloué à l’armée et à la police.

Actuellement dans le pays, il y a des dizaines de milliers d’étudiants à faire la queue pour des distributions alimentaires car les étudiants n’ont pas les moyens de vivre.

Dès novembre 2023, avec les groupes d’action de La France insoumise ainsi qu’avec l’aide des comités palestiniens, nous avons organisé des rassemblements en faveur d’un cessez-le-feu immédiat et permanent. LFI est la seule force politique à avoir participé à ces mobilisations.

– En avril dernier, alors que l’offensive israélienne à Rafah s’intensifiait, nous avons décidé de lancer un campement dans la Sorbonne en écho avec le mouvement lancé dans les universités nord-américaines (université de Columbia). Traînée de poudre… Ce type de mobilisation a eu des échos dans tout un ensemble d’universités en France et notamment à l’école de Sciences Po.

Encore une fois, seuls des députés de La France insoumise ont fait le déplacement pour les rassemblements, et sont venus apporter leur soutien lorsque nous avons été évacués de force malgré notre manifestation pacifiste.

– En mai, à l’occasion d’une nouvelle mobilisation dans la Sorbonne la police a interpellé et mis en garde à vue 86 étudiants. Le motif ? S’être mobilisé pour la paix.

Le nouveau gouvernement de Macron bafoue toute démocratie, n’a aucune légitimité et n’inspire que le dégoût et la rage chez les jeunes militants contre la guerre et la guerre sociale. Le gouvernement est plus impopulaire que jamais.

Malgré la diabolisation médiatique contre LFI, l’ensemble des répressions, les mobilisations continuent. Et l’ennemi est clairement identifié : le premier slogan à être scandé dans les manifestations est le suivant : “Israël Assassin, Macron complice” ».

Ecouter également ici l’intervention du député LFI et militant du POI, Jérôme Legavre à cette conférence.

 

ESPAGNE

« Les guerres et la pauvreté provoquent des migrations massives »

Jordi Salvador Duch, député aux Cortes

« Je souhaite aborder l’interconnexion entre les guerres militaires, les guerres économiques ou les inégalités mondiales, les migrations, les dépenses militaires allouées à ces guerres et les conséquences sur les services sociaux. Un exemple clair et récent est la catastrophe survenue dans la Communauté valencienne. 

Cette catastrophe n’est pas une fatalité ou simplement une conséquence du changement climatique. C’est le résultat d’une négligence criminelle. Les autorités n’ont pas agi à temps et, depuis des années, des constructions non planifiées ont été autorisées dans les zones sujettes aux inondations, sans investissements dans les infrastructures de prévention.

Parallèlement, le budget militaire a continué d’augmenter ces dernières années. Les fonds existent, mais ils sont affectés à la guerre et non au bien-être de la population…

Les guerres et la pauvreté génèrent des migrations massives.

Ces derniers jours, nous avons vu comment quinze pays de l’Union européenne, depuis le gouvernement de Georgia Meloni en Italie, à Keir Starmer du Labor britannique, jusqu’à la passivité de Pedro Sánchez et de Yolanda Díaz en Espagne, ont demandé un durcissement des politiques d’expulsion des immigrants. Même le leader travailliste britannique Keir Starmer, a exprimé son intention d’apprendre de Meloni pour aborder la question de l’immigration.

Le président de la Commission européenne a accepté les propositions visant à établir des camps de concentration pour les immigrés en dehors de l’Union européenne, en externalisant et en réprimant durement nos camarades de classe.

Cette situation n’est pas simplement une action de l’extrême droite ; c’est une politique d’attaque et de division de la classe ouvrière. Le discours de haine désigne les migrants comme la cause de tous les maux sociaux, détournant l’attention des véritables responsables : les grandes entreprises spéculatives, les fonds vautours et les politiques néolibérales.

La guerre est également un excellent prétexte pour mettre en œuvre des politiques antisociales.

Camarades et compagnons, l’unité est notre plus grande force. Ce n’est que par une lutte commune pour les droits démocratiques et sociaux que nous pourrons résister et renverser ces politiques injustes.

Pour l’unité de la classe ouvrière, la défense de nos droits et l’union des peuples libres ! »

POLOGNE

« 4,7 % du PIB est alloué à l’armement par le gouvernement »

Agnieszka Laniewska, membre du Comité de liaison européen, rédactrice en chef de l’hebdomadaire NIE

« Il n’existe malheureusement pas de mouvement pour la paix en Pologne. Les gens ont simplement peur de s’exprimer – le mot « paix » est devenu un mot grossier et indécent.

Dans le budget 2025, le gouvernement du Premier ministre a alloué 4,7 % du PIB – 43,5 milliards d’euros – à l’armement. À titre de comparaison, le budget total de la Santé polonaise s’élève à 51,5 milliards d’euros. Et personne ne s’y oppose.

Il y a eu une scission dans la gauche polonaise. Le parti Razem (Ensemble), considéré comme la gauche radicale (en fait, c’est juste une social-démocratie décente), a quitté la fraction parlementaire de la gauche unie, qui fait partie de la coalition au pouvoir. Adrian Zandberg, le leader de facto de Razem, a expliqué : « Le gouvernement a présenté au Parlement un budget mauvais et antisocial, qui frappe la santé publique ; qui frappe le budget des travailleurs ; qui est extrêmement restreint lorsqu’il s’agit de science, de recherche, de développement du logement, mais très généreux envers les millionnaires, les banques et les promoteurs ».

Il a raison, mais – remarquez – pas un mot sur les dépenses d’armement. En Pologne, si vous remettez en question les dépenses d’armement, vous devenez automatiquement un agent russe. Il existe un mot spécial pour cela : ruska onuca. Onuca est un morceau de tissu utilisé par l’armée soviétique à la place des chaussettes.

En ce qui concerne l’attitude envers Gaza… un autre sondage a montré que 66 % des Polonais pensent qu’Israël commet des crimes de guerre en menant des opérations dans la bande de Gaza.

Il faut être prêt et, grâce à des conférences comme celle-ci, cela devient un peu plus réel. »

NORVÈGE

« Les richesses norvégiennes sont détournées vers des instruments de guerre »

Peter Eisenstein, vice-président de la fondation FOR (Paix et Justice)

« Le 8 octobre, le gouvernement norvégien a proposé d’augmenter le financement global destiné à l’Ukraine de 75 à € 135 milliards de couronnes.

Ce même gouvernement a récemment accordé une dérogation au fabricant d’explosifs Chemring Nobel pour augmenter ses émissions d’azote de 400 %. Le titre de la chaîne publique norvégienne NRK l’a bien résumé : “La défense prime sur l’environnement”.

La Norvège était peut-être autrefois un pays de paix, mais aujourd’hui, il n’y a pas un seul parti politique anti-sioniste, anti-impérialiste et anti-Otan. C’est important parce que les deux partis qui ont récemment changé de programme pour soutenir l’Otan sont désormais également pro-sionistes et pro-impérialistes, par définition.

Comme chacun le sait, l’Otan ne propose pas de menu à la carte. Bien que l’Otan n’ait pas de politique directe contre les Palestiniens, elle s’est associée à Israël dans le cadre de son « Dialogue méditerranéen ». Selon l’Otan, ce « dialogue » est un « forum de partenariat qui vise à contribuer à la sécurité et à la stabilité dans la région méditerranéenne au sens large ».

Les deux anciens partis norvégiens anti-Otan soutiennent désormais le maintien de la « sécurité » d’Israël. Ainsi, même s’ils prétendent soutenir la Palestine, le fait de soutenir l’Otan aide Israël à poursuivre son génocide contre les Palestiniens.

Je suis vice-président de la fondation Fred Og Rettferdighet (Paix et Justice). Nous sommes en passe de devenir un parti politique, né de la frustration de voir la plupart, sinon la totalité, des richesses norvégiennes détournées vers des instruments de guerre.

Enfin, je vous assure que nous accordons une grande importance à la collaboration avec nos homologues européens, comme vous. »

ROUMANIE

« La Roumanie est déjà assaillie par des troupes d’occupation »

Mugurel Popescu, président de la fédération syndicale Hermes

« La Roumanie est un pays sans indépendance ni souveraineté, attributs d’un État de droits qui ont été progressivement cédés à des puissances étrangères depuis son adhésion à l’Otan et à l’Union européenne…

Nous arrivons à la conclusion claire que la guerre est voulue et entretenue par des forces politiques subordonnées à ceux qui produisent et commercialisent les armes de mort.

Les représentants et les partisans de la cause de la classe ouvrière dans le monde entier ont le devoir de s’opposer à la guerre, où qu’elle se déroule, d’interdire la perte de vies humaines, l’effusion de sang.

La Roumanie est déjà assaillie par des troupes d’occupation venues d’autres pays, comment appeler autrement ces soldats qui sont sur notre territoire en temps de paix ?

Malheureusement, il n’existe pas d’option politique de gauche en Roumanie, seule forme honnête de représentation de la classe ouvrière au niveau de la prise de décision. Nos gouverneurs pensent différemment, ils ne nous représentent pas, ils ne décident pas en notre nom, ils ont des intérêts différents.

La plus grande base militaire d’Europe est en construction près de la mer Noire et des frontières de la Fédération de Russie. Je parle d’une ville militaire qui pourra accueillir 10 000 soldats, sans compter les membres de leurs familles.

L’histoire nous montre que c’est la classe ouvrière qui a supporté le coût des armements, qui a vu des hommes sur les champs de bataille, qui a subi la tragédie des familles déchirées ou complètement détruites. Il faut arrêter cette folie !

Il faut arrêter le massacre qui continue à Gaza sous le feu de l’armée israélienne et la coordination du criminel Netanyahou. »

SUÈDE

« C’est dans ce contexte que nous avons lancé un nouveau parti »

Marcus Carlstedt, membre de Solidarité

« Nous avons le fameux accord de coopération de défense (DCA) entre la Suède et les États-Unis. Il porte sur le droit des forces militaires américaines à s’installer dans 17 bases militaires en Suède.

En outre, la Suède collabore avec Israël sur tous les plans : militaire, scientifique, échanges universitaires, économiques, etc. La Suède fait donc partie des gouvernements entièrement coresponsables des atrocités commises.

Il y a une énorme propagande, qui comprend des attaques contre toutes les formes de résistance.

Il y a aussi des attaques contre des membres du Parti de gauche. Certains de ses membres, qui veulent aller un peu plus loin dans la défense des Palestiniens, ont été dénoncés et attaqués dans les médias, de la part des partis de droite et d’extrême droite, mais avec la particularité que la direction du Parti de gauche elle-même a prise à son compte ces attaques.

Des centaines de Palestiniens et de militants qui ont manifesté pour la défense de la Palestine tournent désormais le dos au Parti de gauche. C’est dans ce contexte que nous avons lancé un nouveau parti, la semaine dernière. Le programme fondamental de ce nouveau parti :

– Arrêtez le génocide du peuple palestinien !

– En Palestine comme en Ukraine, cessez-le-feu immédiat !

– Arrêtez les livraisons d’armes !

– Non à toute intervention militaire des forces de l’Otan en Ukraine !

Comme certains d’entre vous l’ont mentionné, en particulier le délégué de la France, la situation au sein des syndicats est importante. En effet, le syndicat local de la grande usine de camions Scania, qui possède une énorme usine juste à l’extérieur de Stockholm et qui compte 4 800 salariés, a publié il y a quelques semaines, une déclaration de « condamnation ».

Ce qu’ils condamnent, c’est le génocide en Palestine !

Plus important encore, dans cette même déclaration, ils posent la question de savoir s’il est juste de continuer à exporter des camions vers Israël. C’est le début d’un mouvement qui peut réellement bloquer l’envoi d’armes et d’autres matériels utilisés par l’armée israélienne. »

« Nous sommes pour la dissolution de l’Otan, ennemie de la classe ouvrières »

Interview de Christer Bergström, porte-parole de Solidarité

« Je suis membre de l’exécutif de Solidarité, nouveau parti que nous venons de fonder le 23 octobre, pour revenir à l’esprit de gauche. Nous voulons nous faire connaître auprès de la classe ouvrière en Suède, mais nous allons aussi nous présenter aux organisations du mouvement de défense de la Palestine avec les idées très claires au sujet de la revendication d’un seul État.

Nous sommes opposés à la solution des deux États qui est l’option du colonialisme. Nous sommes également contre les livraisons d’armes en Ukraine. Nous sommes contre l’adhésion de la Suède à l’Otan et nous nous battons contre l’accord de coopération de défense (DCA) avec les États-Unis et l’implantation de 17 bases militaires américaines en Suède.

À propos de l’Otan, peux-tu nous expliquer votre position ?

Nous sommes pour la dissolution de l’Otan qui constitue un pacte impérialiste pour la guerre. Ses objectifs sont extrêmement agressifs et belliqueux. Nous sommes bien entendu pour que la Suède quitte le pacte mais nous voulons la dissolution de l’Otan qui est l’ennemie de la classe ouvrière.

En Suède, les manifestations contre le génocide à Gaza sont importantes, elles regroupent beaucoup de jeunes, peux-tu nous en dire plus à ce sujet ?

Nous travaillons énormément avec le mouvement de solidarité avec la Palestine. Nous avons deux porte-parole, l’une d’entre elles, Jeannette Escanilla, est présidente de Ship to Gaza. Elle est bien connue en Suède et ailleurs pour son engagement en solidarité avec Gaza. C’est très important pour nous.

Et qu’en est-il aujourd’hui du fameux « État providence suédois » ?

On peut dire que c’est l’austérité qui est à l’œuvre et la situation n’a fait qu’empirer. Et il y a déjà eu de fortes batailles contre cette politique. »