Réforme des concours enseignants : le gouvernement organise la pénurie

Le gouvernement annonce une nouvelle réforme qui replace le passage du concours au niveau Bac + 3. Le décret publié le 17 avril maintient tous les défauts du projet présenté il y a 10 mois qui avait été suspendu face à la mobilisation des personnels.

(photo AFP)
Par F. Galois
Publié le 5 mai 2025
Temps de lecture : 4 minutes

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Chaque année, ce sont des milliers de postes d’enseignants qui ne sont pas pourvus. Les causes en sont connues : faiblesse des salaires, dégradation des conditions de travail… mais également la mastérisation des concours enseignants (obligation de justifier d’un master Bac + 5 pour pouvoir enseigner) décidée en 2009 et qui, dès sa mise en place, a diminué de moitié le nombre de candidats aux concours.

Cette mastérisation a été aggravée par la réforme Blanquer des concours qui a repoussé la titularisation à Bac + 6 et a développé de fait la contractualisation et les « jobs dating ». Les résultats sont éloquents : baisse accentuée du nombre de candidats aux concours
(-44 % pour les professeurs des écoles en 2022) et du nombre de postes non pourvus (entre 12 et 17 % environ, tous concours confondus). Le manque d’enseignants dans les classes face aux élèves est donc organisé.

Le président Macron et la ministre Borne annoncent en grande pompe une nouvelle réforme qui replace le passage du concours au niveau Bac + 3. Cette idée peut paraître de bon sens. Mais s’agit-il de rétablir les Écoles normales qui avaient permis à des milliers d’enfants d’ouvriers et de paysans d’aller au (…)


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