Arrêter le massacre !

Fourberies et faux semblants pour laisser Netanyahou, Successions de campagnes calmonies, fausses oppositions (LR, RN, PS, Roussel), « dialogue social » et compromissions pour laisser les mains libres à Macron/Bayrou.

Manifestation contre le racisme et l’islamophobie, le 11 mai place de la Bastille à Paris. Un millier de parents et d’enseignants manifestent, le 13 mai, à Grenoble. Manifestation en soutien au peuple palestinien au Yémen, le 9 mai.
Par Pierre Valdemienne
Publié le 17 mai 2025
Temps de lecture : 4 minutes

L’éradication des Palestiniens de la bande de Gaza par le gouvernement Netanyahou est à un tournant : depuis plus de deux mois, aucune nourriture, aucune eau n’est entrée dans l’enclave. Des civils meurent de faim, à commencer par les femmes et les enfants. Cette famine organisée n’est pas une fatalité: elle est le produit d’une politique, celle menée par Netanyahou et soutenue directement et indirectement par toutes les puissances impérialistes, à commencer par le gouvernement français.

Au « Sommet des peuples pour la paix » qui s’est tenu à Jérusalem les 8 et 9 mai, Macron s’est exprimé : dans son intervention, pas un mot pour condamner la politique de Netanyahou, pour dénoncer la famine, les massacres, la volonté d’organiser un déplacement massif de la population gazaouie… Ce mardi 13 mai, Netanyahou annonce que l’armée israélienne entrera à Gaza « avec toute sa force » dans les jours à venir.

Vague d’indignation et redoublement des manifestations

L’ironie de l’Histoire fait que cette situation intervient à l’occasion des 80 ans de la fin  de la Seconde Guerre mondiale.

Cette situation insupportable provoque en ce moment même une vague d’indignation à travers le monde et entraîne un redoublement des manifestations, en particulier dans l’Etat d’Israël lui-même. Samedi 10 mai, des milliers sont à nouveau sortis à Tel-Aviv pour l’arrêt de la guerre et la libération des otages. Quasiment tous les soirs à Jérusalem, des Israéliens sortent sur les trottoirs pour brandir des photos d’enfants palestiniens tués à Gaza.

Dans les principales villes européennes, à Madrid, à Berlin, à Milan, à Bruxelles, à Oslo, et ailleurs, à Istanbul, à Séoul, à Victoria (Canada), à Sendai (Japon), au Yémen, etc. des manifestations particulièrement importantes ont eu lieu ce week-end, pour condamner le gouvernement israélien, exiger la levée du blocus et un cessez-le-feu à Gaza.

« Ceux qui font semblant de croire que les enfants de Gaza sont responsables du Hamas, pour les tuer en les affamant, honte à eux » (Ségolène Royal)

C’est le moment choisi par certains, qui jusqu’à présent ne trouvaient rien à redire à ce qui se passe à Gaza, pour verser des larmes de crocodile sur le sort des Palestiniens: ces derniers jours, tour à tour, la rabbin Delphine Horvilleur, la journaliste Anne Sinclair ou encore le présentateur de télévision Thierry Ardisson – qui a fait son mea culpa,  depuis – sont sortis de leur réserve.

Les mêmes n’ont pas de mots assez durs contre ceux qui, comme la France insoumise (LFI), combattent réellement depuis le 7 octobre 2023 pour exiger un cessez-le-feu immédiat, et sont accusés pour cela d’être antisémites.

Comme le rappelle Ségolène Royal sur son compte X: « Ceux qui viendront verser une larme, quand les intentions génocidaires seront réalisées, parce qu’ils se sont tus, qu’ils se taisent à jamais, honte à eux. Ceux qui parlent de reconnaître l’Etat palestinien quand tout aura été détruit, honte à eux. Ceux qui font semblant de croire que les enfants de Gaza sont responsables du Hamas, pour les tuer en les affamant, honte à eux. Ceux qui réclament la libération des otages à une population qui n’y est pour rien, afin de justifier leur éradication et le vol colonial de leur terre où ils sont depuis 2 000 ans, honte à eux. Et le président français qui se tait au lieu de saisir le Conseil de sécurité pour décider des sanctions contre Netanyahou, on a honte, ce n’est pas ça la France. #GazaGenocide ».

Une intense campagne de haine contreJean-Luc Mélenchon et LFI

C’est dans ce contexte que s’amplifie depuis quelques jours une intense campagne de haine contre Jean-Luc Mélenchon et LFI: de Fabien Roussel1(1) « J’ai cru comprendre que les comportements de la direction de la France insoumise se rapprochaient des comportements d’une secte, sous l’emprise d’un couple, celui de Jean-Luc Mélenchon et de sa compagne, Sophia Chikirou. » à Alain Jakubowicz en passant par les « journalistes » de Libération  et du Monde, Charlotte Belaïch et Olivier Pérou, auteurs du livre frauduleux intitulé « La Meute »,  repris en boucle par la presse écrite et les chaînes d’information, un torrent de haine s’abat sur les dirigeants de LFI, et en particulier sur son fondateur.

Quelles sont les raisons profondes de cette campagne de calomnies et de mensonges ?

La revue Marianne (11 mai) en donne une idée en s’inquiétant de « la montée en puissance du mouvement qui a 2027 dans sa ligne de mire » et en pronostiquant un « boulevard! Que dis-je, une autoroute! (…) L’examen de la situation de la France insoumise laisse à penser que Jean-Luc Mélenchon et ses disciples auront, en 2026, l’opportunité de réaliser une percée historique pour le mouvement.

Si cette dernière a bien lieu, elle confirmera la montée en puissance d’une formation qui met tout en œuvre pour occuper à nouveau le premier rang à gauche lors de la prochaine présidentielle ».

Inquiétude au sommet

C’est bien ce qui préoccupe sérieusement les sommets de l’Etat: que, malgré le tombereau d’injures qui s’abat sur elle tous les jours, une force politique de masse agissant sur une ligne de rupture rencontre l’adhésion de milliers et de milliers, donne confiance aux millions d’opprimés de ce pays et, ce faisant, occupe le devant de la scène politique, dans une situation de rejet complet du gouvernement Macron-Bayrou.

Une force qui sert de point d’appui partout en France pour toutes les mobilisations: après le succès du 1er Mai, c’est la marche contre l’islamophobie ce dimanche 11 mai qui a drainé des milliers de manifestants notamment à Paris; c’est le rassemblement contre les 636 licenciements et la menace de milliers d’emplois supprimés, ce mardi 13 mai, en soutien aux syndicats CGT ArcelorMittal qui ont appelé tous les salariés de la société à monter au siège à Saint-Denis (93) pour « garder leurs usines et leurs emplois ».