Annonces de Bayrou : réactions et revue de presse

Extraits de déclarations de responsables politiques et syndicaux, et de commentaires de presse après la présentation par le Premier ministre, hier, de son plan de 43,8 milliards d’euros de coupes sociales et budgétaires pour l’an prochain.

Par la rédaction d'IO
Publié le 16 juillet 2025
Temps de lecture : 4 minutes

L’Opinion : « C’est un plan de rigueur comme la France n’en a jamais connu depuis un demi-siècle, qu’a présenté mardi François Bayrou. »

Le Figaro : « le chef du gouvernement a aussi invité les administrations et les opérateurs “à repenser leurs moyens en anticipant une règle de non-remplacement d’un fonctionnaire sur trois partant à la retraite”. Et ce, à compter de 2027. Concrètement, cela pourrait concerner des dizaines de milliers de postes chaque année.

Le dernier rapport annuel sur l’état de la fonction publique fait état de 157 000 départs à la retraite de fonctionnaires en 2023 (après 162 000 en 2022).

À titre d’exemple sur l’année 2023, la mesure annoncée reviendrait au non-remplacement de quelque 52 300 fonctionnaires sur un an.

Si ces chiffres évoluent certes chaque année, à la hausse ou à la baisse, les données à disposition laissent donc entrevoir une fonte des effectifs de la fonction publique dans les années à venir. On pourrait anticiper le non-remplacement de 100 000 fonctionnaires si le plan du premier ministre s’étale sur deux ans, voire de 150 000 si celui-ci court sur trois ans. »

Patrick Martin, président du Medef, à propos du plan Bayrou : « c’est lucide, courageux et équilibré » (LCI)

L’Opinion, à propos de la suppression des deux jours fériés : « En annonçant sa proposition, François Bayrou s’est immédiatement dit “prêt à en accepter d’autres”. Ces deux jours ne seraient-ils qu’un leurre pour faire avaler le reste de la potion amère du budget ? »

Manuel Bompard, député et coordinateur LFI (post X) : « Les annonces de Bayrou préparent une véritable saignée d’une brutalité inouïe contre le peuple. (…) Les plus pauvres en seront les premières victimes alors que la macronie a déjà atteint des records d’explosion de la pauvreté en France. Tout doit être fait pour arrêter cette folie qui va précipiter le pays dans la misère et dans l’impasse économique. Nous le censurerons et tous ceux qui refusent de le faire en seront complices. Et nous appelons à la mobilisation de tous pour s’y opposer. »

Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT (France Info) : « Ce sont ses annonces qui nous mènent à la falaise », le Premier ministre a « décidé de passer à la tronçonneuse nos droits sociaux, en annonçant une année noire pour les travailleurs, les jeunes et les retraités ». La secrétaire générale de la CGT parle de « triple peine » qui consiste à « travailler plus, gagner moins et perdre des droits ». L’année blanche « va toucher tout le monde, sauf les plus riches et les plus grandes entreprises, qui sont les responsables du déficit aujourd’hui ». « Il nous trouvera cette année sur son chemin pour empêcher ces reculs inacceptables », a déclaré Sophie Binet qui appelle « toutes celles et ceux qui nous écoutent et qui sont scandalisés, à se syndiquer, à s’organiser dans leurs entreprises, sur leurs lieux de travail pour construire le rapport de force et la mobilisation ».

Communiqué de la confédération FO : « Donnant-donnant : pas pour tous ! Pas pour les travailleurs, pas pour les plus précaires, pas pour les retraités, pas pour les assurés sociaux. Pour les travailleurs : deux jours fériés de moins, remise en cause de la 5e semaine de congés payés ; Pour les plus précaires : année blanche donc pas de revalorisation et allocation sociale unifiée (baisse des droits) ; Pour les retraités : année blanche, pas de revalorisation, fin de l’abattement des 10 % d’impôts ; Pour les assurés sociaux : plafond de déremboursement passe à 100 euros, affections de longue durée remises en cause, arrêts de travail et indemnités journalières plus contrôlés, … ; Moins de fonctionnaires, moins de services publics. (…) Par contre, pour les entreprises ou les plus riches, rien de chiffré. C’est le donnant-donnant version exécutif. Pour FO, la rigueur et l’austérité c’est non ! La facture du quoi qu’il en coûte ne doit pas peser sur les travailleurs. Nous solliciterons les autres organisations syndicales pour une riposte à la hauteur des attaques. »

Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti socialiste (post X) : « Les choix budgétaires présentés par François Bayrou sont profondément injustes. Sur les bases actuelles, la seule perspective possible, c’est la #censure ! »

« Moins définitif, le Parti socialiste compte participer au nouveau cycle de négociations promis par François Bayrou à la suite de ses annonces. » (Le Figaro)

« L’entourage de Laurent Wauquiez appuie : “L’effort doit être en priorité sur la baisse des dépenses de l’État, et pas sur les contributions demandées au monde du travail et aux retraités. Dans ce plan, il y a factuellement les deux.” Pour sa part, Xavier Bertrand, président LR des Hauts-de-France, a jugé que la “justice”  et le “bon sens” étaient “cruellement” absents du projet. (…) Le parti LR pourrait-il aller jusqu’à envisager une sortie concertée du gouvernement ? Personne à droite ne considérait sérieusement l’imminence d’une telle option mardi mais chacun semblait admettre en revanche qu’un désaccord de fond sur le budget pourrait constituer une raison suffisante pour claquer la porte du gouvernement, avant que celui-ci ne tombe sous une censure » (Le Figaro)

« Nous nous opposons avec force à cette façon de faire peser sur les collectivités territoriales une part disproportionnée de l’effort », ont réagi les Régions de France, qui refusent d’être « la variable d’ajustement des équilibres budgétaires de la nation ».

Sébastien Miossec, président délégué d‘Intercommunalités de France, a regretté que les mesures imposées aux collectivités soient « sans commune mesure avec leurs poids dans la dépense et dans la dette publique ».

Des économies « inacceptables pour l’ensemble des élus locaux », s’est insurgé auprès de l’AFP André Laignel, président du Comité des finances locales (CFL), qui défend les intérêts financiers des collectivités.

Si ces propositions étaient « maintenues, nous serions conduits à en appeler au Parlement pour refuser ce budget », a averti André Laignel, également premier vice-président délégué de l’Association des maires de France (AMF).

Il craint que la facture soit en réalité plus salée pour les collectivités. (Le Figaro)

Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national (post X) : « Après sept années de gabegie catastrophique, Emmanuel Macron et François Bayrou sont incapables de faire de vraies économies et présentent une énième facture aux Français : près de vingt milliards d’euros d’impôts et de privations. Aucune économie sur le coût de l’immigration, des subventions aux énergies intermittentes hors contrôle, sept milliards de hausse de notre contribution à l’Union européenne, rien sur la bureaucratie à l’hôpital ou dans l’enseignement. Ce gouvernement préfère s’en prendre aux Français, les travailleurs et les retraités, plutôt que de faire la chasse aux gaspillages. Quant à la relance de la production, en dehors de la suppression de normes en lien avec les acteurs de terrain, comme le propose le Rassemblement national, ce ne sont que des vœux pieux. Si François Bayrou ne revoit pas sa copie, nous le censurerons. »

« En coulisses, un stratège lepéniste relève en fait un changement de paradigme depuis la fin du conclave sur la réforme des retraites : “Depuis que les socialistes se sont remis à vouloir censurer le gouvernement, cela nous replace au centre du jeu. François Bayrou n’aura pas d’autre choix que de nous écouter, ou il tombera.” Et le même d’ajouter : “Et s’il reprend nos propositions, il aura des problèmes avec sa coalition.” » (Le Figaro)