Deux questions à Michel Le Roc’h, secrétaire général de l’union départementale FO de Loire-Atlantique

Michel Le Roc'h nous livre son point de vue sur la "journée d'action" appelée par les syndicats CGT, FSU et Solidaires, le 2 décembre, ainsi que sur la conférence conférence sociale sur le travail et les retraites organisée par le gouvernement.

Lors d'une manifestation contre la réforme des retraites, à Nantes, en mars 2023.
Par la rédaction d'IO
Publié le 20 novembre 2025
Temps de lecture : 2 minutes

Une journée d’action est appelée par les syndicats CGT, FSU et Solidaires, mardi 2 décembre. Pourquoi ton organisation ne s’est-elle pas associée à cet appel ?

Michel Le Roc’h : Parce que nous refusons de participer à une initiative qui se situe sur le terrain du soutien à la retraite à 64 ans. Le syndicat n’a pas vocation à relayer les mensonges et les tromperies du gouvernement et de partis politiques qui ont décidé de le soutenir, pour certains en reniant au passage le mandat pour lequel ils ont été élus.

Considérer que la « suspension » de la réforme des retraites, qui n’est en réalité qu’un décalage dans le temps de la mise en œuvre des 64 ans et de l’accélération du calendrier Hollande-Touraine sur le nombre de trimestres pour une retraite à taux plein, est une « brèche en vue de son abrogation » , constitue une duperie sans nom.

C’est permettre au gouvernement Macron-Lecornu, rejeté et désavoué, de se maintenir et d’avancer sur un projet de système de retraite par points et/ou capitalisation.

Le syndicat, qui hier s’est battu pendant des mois pour l’abrogation de la réforme des retraites, qui a aidé à mobiliser des millions dans la rue, ne peut pas aujourd’hui être associé à ça. En cela, le 2 décembre n’est pas une manifestation syndicale.

Que penses-tu de la conférence sociale sur le travail et les retraites qui s’est ouverte le 4 novembre, et dont un des objectifs de Sébastien Lecornu est de « confier la gestion du système de retraites aux partenaires sociaux » ?

Je pense que cette conférence intervient au moment où certains partis politiques ont voté à l’Assemblée nationale la « réforme » des retraites de Macron, honnie par au moins deux tiers de la population et par quatre salariés sur cinq, et au moment où la CFDT, qui a déclaré que la prétendue « suspension » était « une vraie victoire », ouvre la porte à un « débat sur l’avenir des retraites », un débat, non plus pour obtenir l’abrogation de la réforme des retraites, mais pour obtenir une réforme universelle par points.

Ce n’est donc pas un hasard, si le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, se prononce pour la reprise de discussions autour d’un système à points pour le régime de base et d’une part de « capitalisation ».

C’est pour nous faire avaler ce que nous avons rejeté par la grève puissante de l’hiver 2019-2020, en pire, que Sébastien Lecornu appelle les organisations syndicales et patronales à venir discuter dans une énième conférence sociale. L’objectif est de nous associer à la casse de notre Sécurité sociale et de nos retraites.

Pour ma part, je pense que le syndicat ne devrait pas participer à cette conférence.