Mexique : « Pour la défense de la souveraineté nationale »

« Le gouvernement Trump dit aux gouvernements latino-américains, en premier lieu à celui du Venezuela, qu’ils doivent suivre ses directives sous peine de représailles. » Extraits de l’éditorial du journal mexicain El Trabajo que nous reproduisons.

Affiche pour la journée continentale en défense du droit à migrer et de la souveraineté nationale. « 2 268 Brésiliens déportés par Trump. Nous n’avons pas de murs, juste des horizons. — Marto Quintana. »
Par El Trabajo
Publié le 29 décembre 2025
Temps de lecture : 2 minutes

Le samedi 15 novembre, une mobilisation a eu lieu à Mexico, convoquée depuis les réseaux sociaux ; une « Génération Z » autoproclamée et soi-disant apartisane appelait à se mobiliser contre le gouvernement de Claudia Sheinbaum et à « renverser la Quatrième Transformation »1La Quatrième Transformation est le nom que Claudia Sheinbaum, dans la suite de Lopez-Obrador, a donné à son programme.. À cette mobilisation s’est ajouté un secteur qui, coiffé de sombreros, demandait justice pour l’assassinat de Carlos Manzo, président municipal d’Uruapan, qui avait déclaré une guerre frontale contre les cartels du narcotrafic.

Cependant, lorsque cette manifestation relativement peu nombreuse et tranquille est arrivée au Zocalo, un contingent vêtu de noir, devançant le cortège, a commencé à briser les barrières que le gouvernement avait installées pour protéger le Palais national et la cathédrale, affrontant la police. Il y a eu des arrestations. Il y a eu des blessés, y compris parmi les policiers.

Toute une escalade de violence. Il y aura sûrement de nouvelles provocations.

Des journalistes indépendants et des utilisateurs des réseaux sociaux ont témoigné, plusieurs jours à l’avance, des liens entre les organisateurs de la manifestation et le PAN et le PRI2Les deux partis piliers de la vie politique mexicaine depuis la Seconde Guerre mondiale, que le parti Morena de Lopez-Obrador et maintenant Sheinbaum a chassés du pouvoir..

Le journal La Jornada, dans son édition du jeudi 27 novembre, relaie la dénonciation de la responsabilité du dirigeant du PRI, Alejandro Moreno, pour avoir eu recours à des « porros », des groupes de choc afin d’attiser la violence. Ce qui n’est pas analysé, c’est d’où vient l’argent utilisé pour payer ces groupes de choc.

Des personnalités du PAN déclarent qu’il est nécessaire de se rendre aux États-Unis pour consulter le gouvernement impérialiste au sujet de la situation politique au Mexique ; elles demandent ouvertement l’intervention militaire des États-Unis au Mexique.

S’agit-il d’un événement purement local ou d’une partie de la politique de pression croissante exercée contre le gouvernement Sheinbaum par l’impérialisme ?

Le gouvernement Trump, avec ses tarifs douaniers et ses assassinats dans les Caraïbes, avec l’expulsion et la répression contre les migrants – alors qu’en Amérique latine et dans les Caraïbes, les conditions de travail et de vie poussent à migrer – dit aux gouvernements latino-américains, en premier lieu à celui du Venezuela, qu’ils doivent suivre ses directives sous peine de représailles.

Face à ces méthodes visant à créer le chaos et la confusion, seuls le développement d’une mobilisation organisée et la précision des revendications – ainsi que la réponse positive du gouvernement à ces demandes – aideront à faire face au chaos que l’on cherche à étendre.

Il est de la responsabilité des directions des organisations syndicales indépendantes et des organisations politiques qui se situent dans la défense des intérêts nationaux d’impulser une mobilisation organisée et unitaire pour les revendications des travailleurs et les droits démocratiques.

Avec le journal El Trabajo, nous poursuivons le travail de la Conférence continentale pour le droit à migrer, pour la souveraineté nationale (Mexico, septembre 2025), qui appelle à préparer une journée continentale pour le droit à migrer, un nouvel acte plus large avec une plus grande participation de travailleurs des différents pays du continent, en mars 2026.

Nous invitons nos lecteurs à adhérer à cette campagne, à fournir des informations sur les mesures contre le droit à migrer et à assister aux réunions du comité organisateur de la campagne.