Grève reconduite au musée du Louvre : un mouvement de fond
Au musée national du Louvre, la grève a été reconduite, le 12 janvier, pour la quatrième fois. Quelques jours plus tôt, l’assemblée générale des personnels d’un autre musée national, à Limoges, avait elle aussi décidé la grève.
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Au musée national du Louvre, la grève a été reconduite, lundi 12 janvier, pour la quatrième fois. Une nouvelle AG de 300 personnels a considéré que, suite aux négociations, la direction et le ministère ne répondaient toujours pas à leurs revendications. Le musée a dû de nouveau fermer.
Les revendications du personnel portent essentiellement sur l’emploi, c’est-à-dire le nombre d’emplois titulaires dans la filière d’accueil et de surveillance, qui a été dépecée sur les dix dernières années. Les agents ont fait le compte avec leurs organisations syndicales et estiment qu’il manque 200 emplois statutaires au Louvre pour maintenir des conditions normales d’accueil et de surveillance des collections.
La marque de cette grève, c’est sa profondeur et son ampleur dans des corps de métiers qui habituellement ne sont pas grévistes.
Dès la première AG (à la mi-décembre), en plus des agents d’accueil et de surveillance qui sont immédiatement les premiers concernés, bien sûr, du fait du cambriolage d’octobre dernier, il y avait également des personnels du corps des conservateurs et de la régie d’œuvre, ce qui est inédit.
Un abandon de longue date
Aujourd’hui, il y a une rupture de confiance entre le corps des conservateurs et l’administration du ministère, c’est une évidence. Le cambriolage a été un accélérateur et a mis à jour la responsabilité évidente du ministère dans l’abandon de longue date des musées en règle générale. Des collections ont disparu ou ont été dégradées par des fuites d’eau, ce qui explique aussi que les conservateurs soient dans la grève. Ils estiment à juste titre qu’il y a un manquement au mandat qui est donné au ministère de conserver les collections nationales. Et ça, ça ne passe pas.
C’est comme les soignants qui ne peuvent pas soigner : les conservateurs ne peuvent plus assurer la préservation des œuvres et les agents ne peuvent plus assurer correctement leur surveillance, du fait des politiques ministérielles.
Cette grève n’est que l’expression la plus visible dans le milieu du patrimoine d’un état généralisé de dégradation. Jeudi dernier (8 janvier), l’assemblée générale des personnels d’un autre musée national, Adrien-Dubouché, à Limoges, a décidé la grève. Leurs revendications sont similaires.
La ministre Dati avait annoncé la mise en place de crédits spéciaux pour la mise en sécurité des trésors nationaux. Il n’en est rien !
Dans les annonces qui avaient par ailleurs été faites sur la première version du projet de budget de l’État, il y avait une saignée honteuse sur le programme « patrimoine » du ministère de la Culture : 10 % en moins, alors même que le cambriolage au Louvre avait d’ores et déjà eu lieu. Au Louvre, le ministère a dû reculer sur ce point, c’est-à-dire que les coupes prévues sont supprimées. Mais elles risquent d’être répercutées sur d’autres musées nationaux. Ce qui est inacceptable !
