États-unis : Crise aux sommets, auto-organisation à la base

Alors que la population s’auto-organise contre la police de l’immigration (ICE), le mouvement syndical du Minnesota soutenu par DSA appelle « le 23 janvier, [à une] journée de vérité et de liberté ! Pas de travail, pas d’école, pas d’achats ! »

Des manifestants viennent chercher des agents de l’ICE devant leur hôtel, à Minneapolis (Minnesota), le 13 janvier (photo AFP).
Par Devan Sohier
Publié le 23 janvier 2026
Temps de lecture : 8 minutes

Suite à l’intervention au Venezuela, Trump a demandé aux grandes compagnies pétrolières américaines d’organiser l’extraction du pétrole vénézuélien. Le 10 janvier, le patron d’Exxon a répondu que, faute de stabilité politique, il lui était impossible d’investir dans le pays.

Le 13 janvier, Jerome Powell, président de la Fed, la réserve fédérale américaine, a reçu le soutien des principaux banquiers centraux alors qu’il est convoqué par la justice pour des allégations de malversations. Cette accusation est signée de l’administration Trump, qui lui reproche de refuser de baisser les taux suffisamment vite à son goût.

Comme nous l’avons déjà rapporté dans ces colonnes, les menaces de Tim Walz, gouverneur démocrate du Minnesota et ancien candidat à la vice-présidence de Kamala Harris, d’envoyer la Garde nationale de son État pour encadrer les manifestations contre l’ICE à Minneapolis pourraient amener les deux forces de maintien de l’ordre à se retrouver face à face.

C’est une véritable crise de régime. Tous ces braves gens, démocrates, grands argentiers, grands industriels, restent des défenseurs fervents de l’ordre établi, mais ils n’ont pas confiance dans la capacité du gouvernement Trump de faire plus que des bons coups.

Maduro est dans une prison américaine, mais le peuple vénézuélien n’est pas maté ; la baisse des taux d’intérêt pourrait renforcer l’inflation et cristalliser le mécontentement contre la politique de Trump ; à Minneapolis, il suffirait d’une étincelle pour que la situation s’embrase. Y compris dans les rangs républicains, et même dans les cercles les plus proches du président, la méfiance vis-à-vis de Trump grandit.

Les élections de mi-mandat n’offrent aucune perspective

Et, à moins d’un an des élections de mi-mandat, alors que la campagne pour les primaires de ces élections commence, les démocrates ont moins de 4 % d’avance sur les républicains dans tous les sondages.

Il faut dire que les démocrates s’accommodent de Trump depuis sa réélection ; il faut dire aussi que, depuis la création de l’ICE en 2002, ils ont été majoritaires à plusieurs reprises, et n’ont rien fait pour la dissoudre.

S’il semble probable que les républicains perdent ces élections, l’annonce faite par Trump devant les sénateurs républicains qu’il risquait la destitution dans ce cas est une tentative de resserrer les rangs républicains. Une telle procédure nécessiterait en effet deux tiers des votes du Sénat pour réussir, et donc le vote de nombreux sénateurs républicains.

Mais de fait, après les élections de mi-mandat, Trump risque de se trouver dans une nouvelle situation où il aurait moins de facilité à dérouler son programme, et il cherche donc à accélérer encore la mise en (…)


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