Infirmières sanctionnées pour port de calot : leurs collègues n’acceptent pas
Le 13 février, un rassemblement s’est tenu devant l’hôpital Tenon : « Oui, c’est la question de l’islamophobie en France. Oui, c’est la question des attaques contre les droits des femmes. Et oui, c’est la question de l’hôpital public. »
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Vendredi 13 février, un rassemblement s’est tenu devant l’hôpital Tenon en soutien aux personnels sanctionnés pour cause de port du calot. Plusieurs syndicats CGT de l’AP-HP, Sud Santé, ainsi que des associations et partis politiques étaient présents. Quelques agents sont sortis écouter les prises de parole.
Parmi les interventions, la secrétaire générale de la CGT de l’hôpital Tenon: « On a décidé de faire un rassemblement en soutien à toutes les collègues qui sont sanctionnées pour port de calot sous prétexte qu’on soupçonne qu’elles soient musulmanes. C’est vraiment un délit de faciès. (…) Et c’est une attaque envers les femmes. (…) Il y en a plusieurs qui ont été sanctionnées de manières différentes.
Là, il y a une collègue récemment, (…) à qui on n’a pas reconduit son CDD (…). Il y a des personnes qui ont (…) des certificats médicaux. C’est inadmissible d’être sanctionné alors qu’on a un problème de santé (…). Il y a aussi des étudiantes infirmières qui avaient des contrats d’allocations d’études à qui on a dit: “On va rompre votre contrat parce que vous ne respectez pas la charte de la laïcité ” et on leur demande de rembourser ce contrat. (…) »
Était présente également au rassemblement, Madjouline, infirmière de la Pitié-Salpêtrière, révoquée pour avoir porté son calot en dehors des blocs. Le tribunal administratif a ordonné sa réintégration mais l’AP-HP a décidé d’une mise à pied de 8 mois. L’avocat de Madjouline a déposé un recours à cette condamnation. Un rassemblement de soutien était organisé le jour du jugement, le 17 février, à 13 heure devant le tribunal administratif de Paris (angle de la rue du Jouy et de la rue des Nonnains-d’Hyères).
Parmi les autres intervenants ce 13 février, Astrid, représentante de la fédération santé-CGT, de l’union syndicale CGT de l’AP-HP, a précisé que la défense de Madjouline et de toutes les infirmières visées par ces sanctions relevait d’un combat plus large: « On est en train de parler du droit des femmes musulmanes à travailler. On en est là aujourd’hui, à l’hôpital public, notamment. Oui, c’est la question de l’islamophobie en France. Oui, c’est la question des attaques contre les droits des femmes. Et oui, c’est la question de l’hôpital public. Tout est lié. Et aujourd’hui, il y a des têtes qui se relèvent. (…) C’est de ce système-là dont on ne veut plus, (…) c’est de ces budgets-là dont on ne veut plus ! Les budgets qui sont votés à l’Assemblée nationale, (…) qui prévoient encore 4 milliards en moins pour l’hôpital public. (…) Ils vont donc supprimer des postes partout (…) en espérant nous diviser. (…) C’est l’exact inverse qu’ils vont avoir. Nous allons nous serrer les coudes. Nous allons défendre nos camarades. »
