4 000 suppressions de postes et des milliers de suppressions de classes
Depuis lundi 23 mars, les annonces de fermetures de classes sont tombées dans les départements. C’est une véritale saignée : quatre fois plus de suppressions de postes qu’en 2025, conséquence du budget de guerre Macron-Lecornu, passé grâce au Parti socialiste et à sa non-censure.
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Depuis lundi 23 mars, les annonces de fermetures de classes sont tombées dans les départements. C’est une véritale saignée : 102 fermetures de classes dans le Finistère, 150 en Haute-Garonne, 290 dans le Rhône, pour la rentrée prochaine. C’est d’une brutalité inouie.
Nationalement, c’est quatre fois plus de suppressions de postes qu’en 2025, conséquence du budget de guerre Macron-Lecornu. Budget passé grâce au Parti socialiste et à sa non-censure. Au même moment, Macron annonce en grande pompe la construction d’un nouveau porte-avions, le mal-nommé France Libre. Son coût : 10 milliards d’euros, soit la moitié du bugdet de l’Éducation nationale.
Rappelons que les annonces de fermetures de classes n’ont été dévoilées que lundi 23 mars au lendemain du second tour des élections municipales. Un timing millimétré qui a permis à ceux qui sont responsables de ces milliers de fermetures de classes d’enjamber la séquence électorale.
Depuis des semaines, à l’image de ce qui s’était déjà passé l’an dernier, parents et enseignants n’acceptent pas la dégradation des conditions d’enseignement dans les écoles et se mobilisent. D’ailleurs, dans certains endroits, craignant une fermeture de classe, enseignants et parents s’étaient mobilisés sans attendre pour obtenir satisfaction. Ce qui a permis d’obtenir gain de cause dans certaines écoles.
Dans cette situation, ils ne sont pas aidés par les directions syndicales, plus préoccupées par la stabilité avec le gouvernement et le Parti socialiste que par l’organisation et le soutien aux mobilisations qui se développent. On est quand même surpris de lire dans ces termes dans le journal du syndicat majoritaire SNES-FSU du mois de mars : « Grève d’ici avril » ! En effet, plusieurs organisations syndicales appellent à une « semaine de mobilisation du 30 mars au 3 avril dont une journée de grève le mardi 31 mars », alors que plusieurs départements mobilisés préparent d’ores et déjà la grève le 26 mars.
Dans l’Yonne, toutes les semaines, depuis le retour des vacances d’hiver, des rassemblements ont lieu, où parents et enseignants bloquent l’accès aux écoles, parfois même avec un tracteur. Ils exigent de rencontrer l’inspecteur et décident souvent de rester mobilisés jusqu’à obtention de l’annulation de la fermeture de classe.
à Marseille, en plein entre-deux-tours, un millier d’enseignants, de lycéens et de parents manifestaient contre les coupes de dotation horaire le 17 mars. Dans un appel adopté par l’assemblée générale réunissant grévistes, parents et lycéens, ils exigent « l’annulation des 4 000 suppressions de postes, le rétablissement des moyens supprimés ; des moyens suffisants en personnel non enseignant (AED, AESH…) avec de véritables statuts et des grilles de salaires ; le retour des lycées dans les dispositifs d’éducation prioritaire ; l’abrogation des réformes des lycées généraux, technologiques et professionnels. »
Voilà ce qu’il convient de mettre en discussion partout avec tous ceux, parents, enseignants, lycéens, conseillers muncipaux à peine élus sur un mandat de rupture, pour bloquer les fermetures de classes tout de suite.
Une proposition de loi pour ajouter un cours de « défense nationale » dans les établissements scolairesUne proposition de loi présentée par des députés des camps de Bayrou et de Macron a été examinée en commission à l’Assemblée nationale le 26 mars. Ce texte propose « d’inscrire dans la loi un enseignement à la défense nationale ». Très concrètement, il est proposé « la création d’un cours structuré et obligatoire de défense globale, intégré à l’emploi du temps scolaire et articulé avec le parcours de citoyenneté (enseignement, recensement, journée défense et citoyenneté). » Le texte prend l’exemple de la Finlande avec ces 38 séances (soit 1 heure par semaine si on l’appliquait en France) ou encore l’Estonie où, « grâce à la pédagogie inculquée depuis le plus jeune âge », 90 % des jeunes souhaitent participer aux « camps d’initiation à la vie militaire »… Les alliés du chef de guerre Macron à l’Assemblée nationale ont prévu de s’appuyer sur et de développer les dispositifs déjà mis en place ces dernières années : « enseignants, réservistes citoyens et opérationnels, classes de défense et de sécurité globale, partenariats armées-éducation ». Donc des heures prises sur les cours, animées par n’importe qui. Il est vrai que la jeunesse n’a pas besoin d’instruction pour servir de chair à canon… En outre, le ministère des Armées serait associé à la conception des programmes, ouvrant ainsi la voie au pire. Nous y reviendrons plus largement. Jo Calathéa |
