Tel-Aviv : manifestation contre la guerre
Les manifestations contre la guerre se poursuivent à l’intérieur de l’État israélien. Dimanche 29 mars, ils étaient plus d’un millier à manifester à Tel-Aviv contre la guerre, pour la fin du génocide qui frappe le peuple palestinien.
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La presse israélienne, à l’instar de la société israélienne qui refuse de voir le désastre qui s’abat sur tous les peuples de la région, n’a repris que la version policière, évoquant le nombre d’arrestations, des « troubles à l’ordre public », des « émeutiers », sans s’attarder sur les revendications politiques. Seul le journal Haaretz a réalisé une couverture objective de la manifestation dont nous publions des extraits.
« Plus d’un millier de manifestants se sont rassemblés sur la place Habima, pour la plus grande manifestation organisée depuis le début de la guerre. Aux dizaines de personnes qui n’ont cessé de se rendre sur la place ces dernières semaines se sont joints des centaines de nouveaux visages, (…) .
Du sang neuf dans une réalité sanglante. Quelques minutes après que des centaines de manifestants ont commencé à se rassembler sur la place, le commandant du commissariat de Lev Tel-Aviv, le commissaire adjoint Avi Ofer, a interpellé les organisateurs de la manifestation et leur a ordonné de la disperser. Le motif, qui allait se répéter des dizaines de fois au cours des deux heures suivantes : “votre sécurité.” (…)
Très vite, les forces de police ont fait irruption parmi la foule des manifestants. Ce qui avait commencé par une légère poussée s’est très vite transformé en véritable violence, avec notamment des femmes et des hommes jetés à terre, ainsi que des journalistes bousculés et repoussés.
Pendant près de deux heures, lors d’une manifestation initialement prévue pour durer une heure, les policiers ont affronté les manifestants. Ces derniers, quant à eux, ont refusé de céder et de renoncer à leur droit d’exprimer une position critique, surtout en temps de guerre. “C’est comme en Cisjordanie”, a crié un manifestant aux policiers. »
Le journaliste de Haaretz rapporte l’arrestation de treize manifestants et le déplacement de centaines d’entre eux en face du commissariat où étaient retenus leurs camarades : « L’un des premiers à être libéré du poste était Itamar Greenberg, qui, avec ses amis n’a cessé de manifester sur la place depuis pratiquement le premier jour de la guerre. Il avait déjà été arrêté lors de la première manifestation organisée par le groupe il y a environ trois semaines, et avait alors subi une fouille à nu. Et pourtant, selon lui, les événements de la nuit dernière étaient exceptionnels. “La violence était folle, c’était une violence significative et hors du commun (…). Les policiers m’ont frappé et m’ont étranglé à l’intérieur du fourgon” (…) »
Haaretz cite un manifestant : « J’ai l’impression que nous sommes dans une guerre après l’autre, et on ne sait pas vraiment quels processus politiques on essaie de mener ici (…).
Ils ont plaqué un de mes amis au sol, puis ils se sont jetés sur moi. C’était de la violence démesurée et absurde (…). Ça ne fait que donner envie de persévérer et de participer davantage, quand on voit tous ces gens formidables qui sont là. »
« Une loi autorisant la peine de mort pour les prisonniers palestiniens »Réaction d’Awad AbdelFattah, co-coordinateur de la Campagne pour un seul État démocratique Le Parlement israélien, la Knesset vient d’adopter une loi autorisant la peine de mort pour les prisonniers palestiniens accusés d’attaques ayant entraîné la mort d’Israéliens. Les partisans de la loi ont fêté cette adoption en ouvrant du champagne. « La loi sur la peine de mort à l’encontre des prisonniers palestiniens n’est ni un écart passager ni le simple résultat de la montée de l’extrême droite et du messianisme ; c’est l’expression claire de l’essence même d’un régime colonialiste et raciste fondé sur l’extermination et l’exclusion, et non sur la coexistence. C’est une déclaration explicite que ce régime a atteint le summum de sa barbarie, avec l’arrivée au pouvoir de sa version la plus extrême et la plus malsaine, où l’extermination passe d’une pratique sur le terrain à une législation officielle en bonne et due forme. Un tel régime ne peut durer, car il continue de fournir toutes les raisons de la révolte et de la résistance. » |
