Les grandes manœuvres

À un an de la présidentielle de 2027, tous les tenants de la « stabilité » et du maintien à tout prix des institutions de la Ve République se disposent...

Le palais de l'Élysée (photo Henrique Campos / Hans Lucas via AFP)
Par Pierre Valdemienne
Publié le 22 avril 2026
Temps de lecture : 2 minutes

À un an de l’échéance présidentielle, les grandes manœuvres ont commencé.

Tous les tenants de la « stabilité » et du maintien à tout prix des institutions de la Ve République se disposent : l’ancien président de la République, François Hollande, a fait jeudi dernier sa déclaration de précandidature dans Marianne ; l’ancien ministre de l’Intérieur de Macron, Bruno Retailleau, a été désigné dimanche dernier candidat par les adhérents des Républicains ; Jordan Bardella, accompagné de François Durvye1Ancien gestionnaire de la fortune du milliardaire d’extrême droite, Pierre-Édouard Stérin, devenu désormais conseiller spécial du président du Rassemblement national (RN)., a été reçu par le MEDEF ce lundi 20 avril en vue des présidentielles.

Sans oublier le trio Raphaël Glucksmann, Yannick Jadot et Boris Vallaud, qui viennent de commettre ensemble une tribune samedi dernier, pour une candidature de la « gauche réformiste » en 2027.

Tous ont en commun d’avoir voté et/ou approuvé les budgets 2026 de la Sécurité sociale et de l’État qui ont réalisé des dizaines de milliards de coupes sur le dos de la population laborieuse, au profit des patrons du CAC 40 et de l’industrie d’armement.

Que nous promettent-ils ?

À propos du budget 2027, qui agite dès maintenant les discussions, François Hollande, homme de la loi travail et « créateur » de Macron, a plaidé pour « une courte discussion budgétaire (…) , un compromis et un 49.3 pour éviter les surenchères préélectorales » (Politico). Un appel d’ores et déjà entendu puisque le gouvernement « commence à travailler sur un accord de non-censure de LR au PS » (Le Parisien , 21 avril).

Bruno Retailleau appelle à « renverser la table », à lever les « blocages » et « les verrous qu’il faut faire sauter » , à « changer la Constitution » pour « durcir la justice des mineurs » , contre l’« ensauvagement », pour de nouvelles « exonérations de cotisations sociales » (TF1, 12 février).

À l’occasion de la rencontre avec le MEDEF, Marine Le Pen et Jordan Bardella n’écrivent pas autre chose en affirmant vouloir « lever les verrous normatifs » et « libérer l’économie française de ses entraves coûteuses » par un « grand projet d’ordonnances de simplification » : en clair, aller jusqu’au bout des attaques déjà engagées par Macron contre les conquêtes ouvrières, le droit du travail et la démocratie.

Avec des variantes, tous sont candidats à poursuivre et amplifier la politique du capital financier mise en œuvre servilement par Macron depuis bientôt dix ans. Mais tous savent aussi que les voies pour y parvenir seront tortueuses, car ils devront s’affronter à la population laborieuse, qui refuse dès maintenant l’explosion des prix, la disparition des services publics et la marche à la guerre.

En se disposant ainsi, tous cherchent aussi à empêcher que la colère et le rejet ne trouvent à s’appuyer sur la force politique de rupture que représente la France insoumise (LFI), qui appelle à être toutes et tous dans la rue pour agir pour la paix et bloquer les prix le 1er Mai prochain.