Interview d’Hillal Sor, secrétaire général des métallurgistes de la FGTB, dans le cortège, contre la militarisation
Dimanche 14 juin, douze mille ont manifesté à Bruxelles contre la guerre et contre les budgets de guerre. A cette occasion nous avons interviewé Hillal Sor, secrétaire général des métallurgistes de la FGTB, dans le cortège la FGTB métallurgie, contre la militarisation.
- Actualité internationale, Belgique, Contre la guerre

Peux-tu nous expliquer pourquoi, en tant que syndicaliste de la métallurgie, il est important pour toi d’être dans cette manifestation ?
Parce que de un, on voit très bien que le mouvement de militarisation mondiale mène le monde dans une impasse, une impasse au niveau de la solidarité entre les peuples, puisqu’on voit très bien que la militarisation n’a pour but et se base uniquement sur la confrontation et pas la solidarité entre les peuples.
Et comme travailleurs de la métallurgie, on est occupé dans des chaînes de valeur qui sont mondiales et nous on a bien compris qu’on avait besoin de solidarité entre l’ensemble des peuples du monde, entre tous les travailleurs du monde entier, si on voulait collectivement avancer vers nos revendications. Et donc la militarisation, c’est l’exact inverse.
Et les ressorts et les arguments qui sont utilisés par la militarisation ont plutôt tendance à défendre l’inverse. Et puis d’un point de vue économique, nous on a besoin d’une réindustrialisation. On voit bien que l’Europe est en désindustrialisation, que dans tout un tas de secteurs stratégiques, les travailleurs perdent des emplois et on perd des compétences et on perd des productions ici sur nos territoires. Et qu’il y a une impasse de la militarisation puisque l’ensemble des budgets sont consacrés à la militarisation et pas à développer de nouvelles filières, à investir dans la santé, investir dans les outils de production pour par exemple la santé, les outils de production pour la transformation écologique, pour la transformation des moyens de production énergétique, etc. Tout ce qui pourrait relancer la métallurgie, notamment en Belgique. Et donc d’un point de vue social, d’un point de vue éthique et d’un point de vue économique, c’est une impasse totale et on est venu le dire aujourd’hui dans la manifestation.
Quelle est la température sociale en Belgique ?
Ça fait dix-huit mois qu’on est en lutte contre un gouvernement d’austérité, un gouvernement Arizona contre lequel on se bat et qui prend des mesures très très dures contre notre sécurité sociale, contre l’investissement dans le social, contre l’investissement pour la population et pour nos besoins essentiels.
Il met une politique d’hostilité très dure mais aussi une politique autoritaire avec tout un tas de lois qui passent pour mieux contrôler les réseaux sociaux, ce qui fait d’ailleurs partie du schéma de la militarisation, le contrôle des mouvements sociaux, le contrôle de la contestation.
C’est aussi acheter des armes et du matériel qui permettent de mieux contrôler la population, la militarisation. Et depuis dix-huit mois on mène un mouvement de lutte inégalée en Belgique contre ce gouvernement.
Tu parlais de la répression, j’ai vu que la police belge tapait assez fort sur les lycéens et les enseignants.
Oui, c’est le cas. Il y a eu de grandes manifs de défense de l’enseignement. Les jeunes, depuis quelques mois aussi, depuis dix-huit mois comme nous, se battent pour leur avenir contre notamment la hausse des droits d’inscription à l’université. Il y a un combat très fort qui est mené. Et en échange, qu’est-ce qu’ils reçoivent quand les choses sont un peu plus dures et que les manifestations deviennent de plus en plus dures ? Évidemment, c’est les coups de matraque qui sortent. Donc oui, il y a un mouvement de répression contre notre jeunesse. Et on est à leur côté depuis le début aussi dans nos mobilisations en tant que métallos.
