Macron : « Au prix du sang s’il le faut »
Pendant que la population est livrée à elle-même face aux incendies, Macron a lancé lors de son discours aux armées : « Au prix du sang s’il le faut ». Il parade le 14 juillet et promet la guerre comme en Iran, à Gaza et en Ukraine.
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Le 14 juillet à Paris, vêtu de son gilet pare-balles, descendant les Champs-Élysées debout sur son blindé aux côtés du chef d’état-major Mandon, Macron, sous haute surveillance de la Garde républicaine, saluait mécaniquement un public trié sur le volet et présent grâce au QR code délivré par la présidence de la République. Près de 6 700 soldats ont défilé après lui.
Au même moment, à 60 kilomètres de là, des pompiers largement mobilisés (même ceux de Disneyland Paris !) continuent de se battre pour éteindre les incendies historiques qui déciment des centaines d’hectares de la forêt domaniale de Fontainebleau. Un « deux salles, deux ambiances », indécent. Macron s’est entouré des membres de la Coalition des « volontaires » pour l’Ukraine dont le chancelier allemand Merz, le démissionnaire Starmer et Zelensky en personne.
Tous ont pu apprécier le défilé de leurs troupes et de celles des 37 pays de la coalition qui a annoncé que « des exercices auront lieu dans les mois à venir pour faire la démonstration de la capacité de la MNF-U (la Force multinationale en Ukraine, Ndlr) à intervenir, une fois les hostilités cessées ».
Si tout cela n’est pas l’illustration concrète de la marche à la guerre dans laquelle s’est engagée Macron à coups de milliards et de soutiens à l’Ukraine contre la Russie ? Et qu’il a décrite et assumée lors de son discours aux armées traditionnellement tenu à la veille de la fête nationale, lundi 13 juillet.
L’engagement constant de Macron dans la guerre
Au pied de l’hôtel de Brienne, siège du ministère des Armées, Macron a d’abord insisté sur son bilan et les promesses tenues en matière d’économie de guerre. En 2017, Macron annonçait que le budget de la défense serait doublé. « L’engagement a été tenu et nous avons bien fait. » Et Macron de revenir dans le détail sur les milliards octroyés à l’armée au cours de ses deux mandats. « Je demandais d’accélérer encore cet effort de défense et fixer pour objectif d’avancer à 2027 l’ambition initialement prévue pour 2030 d’atteindre un budget de 64 milliards d’euros pour nos armées. 64 milliards d’euros en 2027, c’est en dix ans un doublement du budget des armées. » « Un effort supplémentaire de 36 milliards d’euros est donc prévu pour la période 2026-2030 avec, vous le savez, trois grandes priorités. D’abord, l’augmentation de nos stocks de munitions et le renforcement de la préparation opérationnelle. »
36 milliards d’euros pour la guerre rendus possible par les milliards de coupes budgétaires à l’école, à l’hôpital, à la Sécu, dans les services publics. Un choix politique assumé. Depuis plusieurs jours, la France est ravagée par de nombreux incendies rendus difficiles à maîtriser en France parce que Macron a divisé par cinq le budget de lutte contre les changements climatiques et Gabriel Attal, quand il était Premier ministre, a annulé la commande de deux avions Canadair.
Si tout cela n’est pas une confirmation qu’il prépare le pays à la guerre…
« Consolider cette force d’âme »
Macron a d’ailleurs particulièrement insisté sur la jeunesse, qu’il souhaite voir basculer dans la guerre avec la mise en place du service national ouvert aux jeunes de 18 à 25 ans et qui débutera en septembre 2026. « Je veux saluer l’engagement de la jeunesse de France qui a répondu présente à l’appel et qui rejoindra dès septembre nos rangs en effectuant dans les armées son service national. J’irai à la rencontre des appelés du service national à la rentrée en chef des armées pour les féliciter. (…) Il est essentiel pour consolider cette force d’âme. Il est essentiel pour continuer aussi à accroître notre réserve. »
Des propos qui prolongent ceux du général Mandon prononcés lors du dernier congrès des maires de France : « Ce qui nous manque, c’est la force d’âme pour accepter de nous faire mal pour protéger ce que l’on est. Si notre pays flanche parce qu’il n’est pas prêt à accepter de perdre ses enfants, de souffrir économiquement parce que les priorités iront à de la production de défense, par exemple, si on n’est pas prêt à ça, alors on est en risque. » Sur ce dernier point, Macron a d’ailleurs appelé les industriels à accélérer leur transformation et à produire davantage et plus rapidement. Dernier exemple en date : l’usine automobile Renault de Flins (78) va se mettre à produire des drones en partenariat avec Thales.
La France est prête à défendre « la liberté et le droit », « au prix du sang s’il le faut », a déclaré Macron lors de son discours aux armées. C’est sûrement au nom de la défense de la liberté et du droit que l’État français a couvert les livraisons d’armes et d’équipements à Netanyahou qui assassine le peuple palestinien.
C’est évidemment toujours au nom de la liberté et du droit que le gouvernement français a refusé d’approuver la suspension des accords entre l’Union européenne et Israël. Les guerres encouragées, annoncées, préparées par Macron ne sont pas les nôtres.
Comment ne pas penser à ces vers de Boris Vian dans Le Déserteur : « S’il faut donner son sang, allez donner le vôtre, vous êtes bon apôtre, monsieur le président » ?
Comme l’ont exprimé des milliers de syndicalistes, de militants politiques et associatifs, le 20 juin dernier à Londres, lors d’un grand meeting international contre la guerre : aucun soutien aux gouvernements fauteurs de guerre et complices du génocide à Gaza. Aucun soutien à Macron et à son gouvernement.
Un QR code pour accéder aux Champs-Élysées !Macron a voulu privatiser les Champs-Élysées pour le défilé du 14 juillet en imposant la présentation d’un QR code nominatif délivré par la présidence de la République après inscription sur son site Internet pour pouvoir accéder au périmètre du public sur l’avenue accueillant le défilé militaire du 14 juillet. Saisi en urgence par Vigie Liberté, le tribunal administratif de Paris avait d’abord annulé lundi 13 juillet cette obligation. Mais dans la nuit du 13 au 14 juillet (quelle rapidité dans la procédure !), le Conseil d’ é tat a rétabli le QR code obligatoire pour le public ! Le « Conseil d’État (…) a considéré qu’à quelques heures du défilé, en raison de l’intérêt public majeur qui s’attache à la sécurité de l’événement, notamment à la protection des chefs d’État présents, dont le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, la condition d’urgence du référé-liberté ne justifiait pas d’ordonner immédiatement la suspension du dispositif ». État de droit et indépendance de la justice qu’ils disaient… 16 Rafale pour l’UkraineMacron a réuni lundi à Paris les 37 é tats membres de la coalition des volontaires afin d’accroître le soutien militaire à l’Ukraine notamment dans la défense antiaérienne. Neuf pays européens et l’Ukraine ont annoncé créer une coalition pour développer des « capacités antibalistiques » en Europe qui font aujourd’hui défaut à l’Ukraine face aux attaques aériennes de la Russie. Par ailleurs, la France et l’Ukraine se sont entendues sur une « feuille de route » prévoyant l’acquisition par Kiev de seize avions de combat Rafale et leurs armements, « dont les premiers doivent voler dans les airs ukrainiens dès 2028-2029 » a annoncé Macron. 50 000 emplois menacés de suppression chez VolkswagenLe PDG de Volkswagen, Oliver Blume, a déclaré lundi à ses employés que 50 000 emplois supplémentaires pourraient être supprimés au sein du géant automobile. « Comme la moitié de nos frais généraux provient des coûts de personnel, un calcul théorique, en supposant que les coûts en main-d’œuvre restent inchangés, aboutirait à la suppression d’environ 50 000 emplois dans le monde » a écrit le PDG, dans une note interne. Cela confirme les craintes du syndicat IG Metall, qui a organisé la semaine dernière des manifestations à la suite d’informations parues dans la presse allemande selon lesquelles le plus grand constructeur automobile européen pourrait supprimer 100 000 emplois – au lieu des 50 000 convenus précédemment – et fermer quatre usines allemandes. Diviser par deux le nombre de passages aux urgences !Dans un communiqué daté du 5 juin, la ministre de la Santé Stéphanie Rist explique qu’il va encore falloir réduire le nombre de passages aux urgences. « Le gouvernement fixe donc un objectif ambitieux : réduire de moitié les passages évitables aux urgences, soit près de 4 millions de passages en moins chaque année, afin de garantir à chaque patient une réponse plus rapide, plus adaptée et plus efficace. » C’est bien connu que chacun peut trouver un rendez-vous chez un médecin généraliste en un claquement de doigts, particulièrement en juillet-août ! Et si cette réduction des passages aux urgences avait plutôt tout à voir avec les milliards de coupes budgétaires à l’hôpital et aux milliers de lits supprimés ? Une étude de la Drees (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques, rattachée au ministère de la Santé) de 2025 révèle que 100 000 lits ont fermé entre 2000 et 2025. Le taux de pauvreté en France métropolitaine a atteint en 2024 son niveau le plus élevé jamais mesuré, annonce l’InseeCela signifie que 15,4 % de la population, soit 9,8 millions de personnes, se trouvaient en situation de pauvreté monétaire il y a deux ans, disposant de revenus mensuels inférieurs à 60 % du revenu médian, soit 1 337 euros pour une personne seule. En 2024, les inégalités ont par ailleurs progressé en France pour atteindre « un niveau historiquement élevé », du fait de la progression des plus hauts revenus, selon l’Insee. Les profils les plus touchés par la pauvreté restent les chômeurs, dont le taux de pauvreté s’est stabilisé à 36,1 %, et les familles monoparentales (34 %). |
