« Nous ne resterons pas les bras croisés tandis que le gouvernement appelle à une guerre sans fin »
Nous reproduisons des extraits de l’intervention de Micaela Tracey-Ramos, vice-présidente d’UNISON, le plus grand syndicat britannique, qui représente plus de 1,4 million de salariés du secteur public, au meeting de Londres le 20 juin contre la guerre.
- Actualité internationale, Meeting de Londres

« Je tiens à adresser mes salutations à cette conférence internationale contre la guerre au nom d’UNISON, le plus grand syndicat du Royaume-Uni, qui représente 1,4 million de salariés des services publics. Je suis également fière qu’Unison mène depuis longtemps une politique en faveur de la paix et contre l’augmentation des dépenses militaires. Nous avons toujours compris que la guerre “à la va-vite” menée en Grande-Bretagne est financée par des coupes dans nos services et nos emplois, ainsi que par un sous-investissement massif. Nous comprenons que la lutte pour la paix à l’échelle internationale est intrinsèquement liée à la lutte des classes ici, en Grande-Bretagne.
Nous nous réunissons à un moment dangereux où les États-Unis agissent en toute impunité. Au cours des quatre dernières années, nous avons vu les États-Unis faciliter un génocide du peuple palestinien, tandis que le gouvernement britannique non seulement soutenait Israël politiquement et matériellement en lui fournissant des armes et des navires de guerre, mais utilisait également ses bases à Chypre pour effectuer des vols de reconnaissance au-dessus de Gaza pour le compte du gouvernement israélien. (…)
En tant que syndicat, notre position est claire. Ne touchez pas à Cuba, mettez fin à la guerre en Iran et libérez la Palestine. Et notre gouvernement, ce gouvernement honteux, qui a porté les dépenses de guerre à leur plus haut niveau depuis la guerre froide. Et pourtant, cela ne suffit toujours pas aux faucons de guerre au Parlement.
La couverture médiatique qui a suivi la démission du ministre de la guerre, John Healy, au cours de laquelle il a déclaré que nous ne dépensions pas assez pour la guerre, a délibérément visé à mettre en évidence la psychose guerrière de la Grande-Bretagne. L’objectif clair de John Healy et de ses acolytes est de rallier l’opinion publique en faveur d’une militarisation accrue et d’une préparation à la guerre, en recourant à des mensonges sur le prétendu danger que représentent la Russie et l’Iran, ou tout autre pays, pour la Grande-Bretagne.
Et Dan Jarvis, le nouveau ministre de la Défense, travaillerait soi-disant sans relâche pour finaliser le prétendu « plan d’investissement dans la défense ». Le Premier ministre Keir Starmer a déjà déclaré qu’il demandait à tous les ministères de réduire leur budget de 1 % afin de financer les investissements dans l’industrie de guerre. Il n’a donc jamais été aussi clair qui va payer ces augmentations des dépenses de guerre.
C’est nous, les travailleurs et travailleuses de toute la Grande-Bretagne, qui avons déjà été les premiers touchés par les coupes budgétaires, et dont on attend qu’on contribue davantage à faire face à cette menace sécuritaire mythique. Et qui est la véritable menace ? Camarades, il y a un pays auquel nous apportons un soutien militaire explicite et auquel nous fournissons des armes, et ce sont les États-Unis. (…)
Et la Grande-Bretagne n’est pas la seule à s’engager dans la voie de la guerre. Cette tendance se retrouve dans toute l’Europe, où l’UE exige une augmentation des dépenses militaires de la part de ses États membres. Ainsi, le Parti travailliste de Keir Starmer s’est résolument rangé du côté de la machine de guerre, consolidant ainsi sa réputation de parti de la guerre.
Ce gouvernement, malgré toutes ses promesses électorales, a trahi le peuple britannique en investissant dans le complexe militaro-industriel alors que nous sommes confrontés à une austérité implacable, au sous-financement des services publics, à la flambée du coût de la vie, à la pauvreté et au désespoir qui ravagent la vie de millions de personnes issues de la classe ouvrière.
Nous savons qu’il y a un choix entre la mort et la destruction, d’une part, et les moyens de subsistance, les services publics et la classe ouvrière de ce pays, d’autre part. Le choix est clair. C’est véritablement le combat de notre vie. Nous ne resterons pas les bras croisés tandis que le gouvernement appelle à une guerre sans fin. Nous nous battrons pour des emplois, pas pour des bombes ; pour la protection sociale, pas pour la guerre.
Arrêtons la guerre et instaurons la paix. »
