Rentrée scolaire : la colère face au chaos
Postes supprimés, élèves sans lycée, étudiants sans Master, des dizaines de milliers de bacheliers exclus de l’enseignement supérieur par Parcoursup… Colère des parents, des enseignants, des élèves face à ce chaos !
- Actualité politique et sociale, Ecole

Le moins que l’on puisse dire c’est que les enseignants ont terminé l’année scolaire dans le chaos. Laissés seuls, sans moyens, dans des établissements scolaires vétustes, face à des épisodes caniculaires jamais vus, dans des conditions de travail intolérables marquées toute l’année par le manque de personnels et les classes surchargées.
La débrouille, les couvertures de survie scotchées aux fenêtres, les ventilateurs ramenés de la maison, les brumisateurs de fortune… Et les droits de retraits, les débrayages… Tout pour survivre à la chaleur. On entend partout dans les salles des profs « ils veulent nous faire crever ». Un cran est franchi, on craint pour sa santé, pour celle des élèves.
Et on craint aussi cette rentrée scolaire et son nouveau lot de suppressions de postes, de classes, de moyens… Il ne manquerait plus qu’une nouvelle canicule ou une tornade ! Ou que le ministère de l’Éducation ne soit pas en capacité de payer les enseignants en raison de la fuite de données qu’il a subi.
Dès le mois de juillet, le comité national en défense de l’école publique a prévenu : « nous n’acceptons pas de faire la rentrée dans ces conditions » et a proposé de discuter et d’organiser « la grève massive, du blocage total, tous ensemble, à la rentrée » avec les organisations syndicales et les parents d’élèves. Devrait-on accepter une nouvelle saignée budgétaire avec 4 000 postes supprimés et des dizaines de milliers de fermetures de classes ? En Seine-Saint-Denis, 355 classes de primaires disparaissent à la rentrée. Toujours moins d’enseignants, d’AESH, d’infirmières scolaires…
Mais pour le gouvernement, la priorité de la rentrée, ce n’est certainement pas de répondre aux revendications mais plutôt d’interdire les portables et d’instaurer une cérémonie militaire le 11 novembre pour « permettre aux élèves de devenir des citoyens conscients de partager une destinée commune ». Une destinée commune dans la guerre ?
126 652 jeunes n’ont pas obtenu d’affectation dans Parcoursup et 37 000 ont quitté la plateforme, 119 000 jeunes n’ont pas obtenu de master, environ 20 000 jeunes de 15 ou 16 ans n’iront pas au lycée faute de place.
Des choix politiques : pas d’argent pour l’école mais de l’argent pour la répression, pour l’armée, pour mettre la jeunesse au pas.
C’est pour cela qu’on a envoyé la police détruire leurs piscines de fortune installées dans les quartiers pour fuir les appartements devenus des fournaises.
Alors que tout l’été on a compté les morts causés par la chaleur par milliers, alors que les incendies ont ravagé le pays, le manque de moyens auquel ont dû faire face les services publics, et en premier lieu les pompiers, est devenu révoltant pour bon nombre de gens.
Et pendant que le pays était littéralement à feu et à sang, Macron se pavanait en jet-ski…
Un cran est franchi. Un cran que la population n’est pas près d’oublier.
Dans ce cadre-là les pompiers ont décidé d’une montée nationale le 29 septembre. Une initiative qui devrait en inspirer d’autres.
