L‘« Accord pour le Chili » est un attentat contre la démocratie

Trois mois après le rejet par référendum de la proposition de Constitution, le président Gabriel Boric vient d’annoncer, le 12 décembre, un accord obtenu entre les deux chambres, pour la rédaction d’un nouveau projet de Constitution. Nous publions la déclaration de la Coordination nationale des travailleuses et travailleurs No + AFP (plateforme nationale contre les fonds de pension).

Coordination nationale des travailleuses et travailleurs No+AFP (plateforme nationale contre les fonds de pension) (DR).
Par No+AFP
Publié le 25 décembre 2022
Temps de lecture : 2 minutes

« Pour notre organisation, la proposition du Congrès national intitulée « Accord pour le Chili » constitue un grave attentat contre la souveraineté et la démocratie de notre pays.

Cette proposition est un simulacre de processus constituant, en même temps qu’elle est une atteinte à la démocratie, car elle refuse grossièrement de reconnaître la volonté populaire.

1. Ses bases constitutionnelles ne sont rien d’autre que la ratification des principes actuellement en vigueur de la Constitution de Pinochet. Il est d’autant plus grave que ces principes encadrent ou limitent ce qui est appelé processus constituant, que ce sont ces exigences mêmes qui ont été proférées envers le processus constituant. Car ce qui est fondamental pour la droite, c’est d’assurer le maintien du sacro-saint droit de propriété, de la liberté de faire des affaires aux dépens des droits sociaux et de conserver intactes toutes les institutions remises en cause depuis la révolte du 18 octobre.

Depuis quand un processus constituant empêche-t-il d’aborder le caractère du régime politique d’un Etat ? Depuis quand un processus constituant établit-il a priori la « liberté de l’enseignement » par-dessus le droit à l’éducation ?

2. Les organes du processus constitutionnel sont une offense à l’intelligence des Chiliennes et des Chiliens. Il s’agit d’établir un « Conseil constitutionnel » composé de cinquante personnes qui entreront en fonction quatre mois après que la « commission d’experts » désignée par le Congrès aura élaboré un avant-projet répondant sans aucun doute aux intérêts de ceux qui les ont choisis.

Quelle personne saine d’esprit pourrait-elle concevoir que cette proposition aurait quoi que ce soit de démocratique, quand elle est par avance limitée aux domaines qui ne touchent pas les intérêts de ceux qui durant des décennies ont concentré le pouvoir économique, politique et médiatique ? C’est la plus grande farce de l’histoire.

Notre coordination qui lutte depuis plus de dix ans pour rétablir la sécurité sociale comme droit fondamental pour ceux qui peuplent notre territoire ne peut qu’exprimer son rejet le plus absolu de cette fraude de la démocratie, qui, si elle était consommée, rendrait plus difficile le rétablissement des droits pour lesquels le peuple s’est dressé le 18 octobre et a exigé des réponses qui à ce jour n’arrivent toujours pas.

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