Loi intégrale contre les violences faites aux femmes et aux enfants : tous avec Macron et le RN sauf LFI
Mardi 13 octobre, la loi dite « intégrale » contre les violences sexuelles et sexistes faites aux femmes et aux enfants a été adoptée. Seule la France insoumise s’est abstenue pointant le manque de moyens ainsi que le caractère répressif et réactionnaire de cette loi.
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Mardi 13 octobre, la loi dite « intégrale » contre les violences sexuelles et sexistes faites aux femmes et aux enfants a été adoptée à l’unanimité des votants par 503 voix « pour », (des Verts au Rassemblement national en passant par la PS et les députés macronistes). Seule la France insoumise s’est abstenue pointant, avec de nombreuses associations et institutions le manque de moyens ainsi que le caractère répressif et réactionnaire de cette loi.
Le 15 septembre, Sébastien Lecornu écrit dans Le Monde : « La mort de Lyhanna nous oblige ». Il annonce 1,5 milliard d’euros par an à l’occasion du débat sur la loi intégrale. Mais dans la loi votée à l’Assemblée, il n’y a pas d’argent du tout ! Rien d’étonnant puisque le gouvernement présente en ce moment même « le pire budget de la Ve République » (Le Parisien) avec ses 54 milliards de coupes.
« C’était un mytho », condamne Alice Gayraud, experte des politiques publiques d’égalité entre les femmes et les hommes, ex-responsable du plaidoyer de la CIIVISE, une commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants mise en place par le gouvernement en 2020.
Sur ses réseaux, elle explique : « Pas d’argent nouveau, on le savait. Pas d’argent du tout, on le découvre. 1 milliard qui tient en trois lignes : 309 millions pour la gendarmerie, 266 millions pour la police, 174 millions pour la justice soit 748 millions sur 1 000. Aucune de ces sommes n’a été votée pour les violences. Aucune ne paie un dispositif pour les victimes. »
Pour l’association féministe NousToutes, « ce texte n’apporte absolument pas les réponses nécessaires. Aucun moyen financier : pas de budget alloué alors que les associations sur le terrain sont asphyxiées et définancées. NousToutes continuera de s’élever contre ce texte, maintenant transmis au Sénat, et de réclamer la mise en œuvre d’un vrai plan d’action féministe impliquant toute la société ! »
Pour rappel, les associations féministes et de défense des enfants demandaient… 3 milliards !
Les femmes étrangères exclues de la loi intégrale
« Cette loi n’a d’intégrale que le nom » dénonce la députée insoumise Gabrielle Cathala sur son compte X. « Les mesures pour protéger les femmes étrangères, soit les plus vulnérables ont été complètement supprimées du texte par l’arc RN-LR-Macronie avec l’avis favorable d’Aurore Bergé. Certains macronistes qui avaient signé la loi et montré un soutien de façade ont voté pour la suppression de ces articles. » En effet, lors de l’examen en séance publique de la proposition de loi dite « intégrale » contre les violences sexuelles et sexistes, l’Assemblée nationale a amputé le texte de ses dispositions majeures visant à protéger les personnes étrangères.
En cédant aux amendements de suppression portés par l’extrême droite et le bloc central, les député·es ont fait le choix délibéré de trier les victimes selon leur nationalité ou leur statut administratif. La préférence nationale, le Rassemblement national en rêvait. Avec Macron et son gouvernement, ils l’ont fait… comme avec les étudiants étrangers ! « Les personnes étrangères sont sacrifiées à l’Assemblée nationale » dans la loi intégrale, condamne également la Cimade1La Cimade est le comité inter-mouvements auprès des évacués, association française fondée en 1939, qui œuvre pour la solidarité active, l’accueil et la défense des réfugiés, des migrants, des demandeurs d’asile et des étrangers en situation irrégulière.. La députée Sarah Legrain a, elle, vivement critiqué l’existence d’« un arc de Gabriel Attal à Marine Le Pen, en passant par Édouard Philippe, Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau pour ne pas protéger les femmes étrangères victimes de violences », tout en pointant du doigt ceux dans ces partis politiques qui ont co-signé la loi intégrale « dans laquelle il y avait cet article que vous voulez supprimer ». Elle pense certainement aux députés PS, Verts et communistes qui ont voté pour la loi intégrale…
Amnesty international parle d’un « échec pour protéger réellement l’ensemble des victimes de violences sexuelles en France. » Pas de moyens, préférence nationale, non prise en compte des demandes des associations, rien pour les femmes et les enfants victimes : une honte !
