PLFSS 2027 : « Un déchaînement de mesures antisociales pour toute la population »

« La guerre sociale du président Macron continue et s’amplifie », extraits du communiqué de la fédération CGT des organismes sociaux.

Manifestation pour réclamer l’indexation des retraites complémentaires sur l’inflation après le gel prévu en 2026, le 14 octobre 2026, à Paris. (AFP)
Par Communiqué de la fédération CGT des organismes sociaux
Publié le 23 octobre 2026
Temps de lecture : 4 minutes

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2027 dans la veine des précédents est un déchaînement de mesures antisociales pour toute la population dans les champs de la santé, la retraite, la perte d’autonomie au détriment des salariés, retraités et malades.

Ce PLFSS est le résultat d’un assèchement méthodique et organisé du financement de la Sécurité sociale par les gouvernements successifs afin de satisfaire un patronat vorace qui rêve de voir disparaître la Sécurité sociale issue de 1945, sur le dos des travailleurs, des retraités, des malades…

À l’image du mépris et de la répression que mène ce gouvernement contre notre jeunesse, il poursuit et amplifie avec ce PLFSS sa guerre sociale contre les travailleurs, les retraités, les malades et les plus fragiles.

Plus grave ce PLFSS n’est pas qu’une accumulation de mesures anti-sociales, il accélère un changement radical et profond de notre système de Sécurité sociale et nous précipite vers un système à l’américaine dans lequel la maladie, la vieillesse vous fait basculer du jour au lendemain dans la pauvreté.

Retraités, les premiers sacrifiés du PLFSS 2027

C’est effectivement aux retraités que le gouvernement demande « l’effort » le plus important dans ce nouveau budget. Le gouvernement Lecornu compte récupérer 5,5 milliards d’économies sur le dos des retraités, ce qui représente quasiment la moitié des économies envisagées pour l’ensemble de la Sécurité sociale, à savoir 12,7 milliards. (…)

Outre le fait de baisser considérablement les pensions, il s’agit d’une attaque en règle contre le revenu de remplacement des salariés que représente la pension de retraite en fin de carrière. (…)

Les ressortissants étrangers en situation régulière une fois de plus dans le viseur pour mieux racoler les électeurs du RN.

Avec l’article 37 du PLFSS, le gouvernement veut imposer un délai de carence d’un an aux ressortissants étrangers en situation régulière pour accéder à plusieurs prestations sociales, y compris les aides au logement (APL, ALF, ALS). Cette mesure qui n’a d’autre objectif que de racoler l’électorat RN pourrait avoir des conséquences catastrophiques en précipitant ces ressortissants étrangers dans la plus grande précarité.

Nouvelle attaque contre les salariés en arrêt maladie. (…)

Le gouvernement Lecornu propose avec l’article 20 du PLFSS 2027 d’encourager une reprise au travail des salariés qui seraient pourtant toujours malades via une concertation anticipée des médecins du travail, traitant et conseil de la Sécurité sociale. (…)

Le système de santé en danger

Après la hausse des franchises médicales et du Ticket Modérateur sur certains actes médicaux, imposées par décrets cet été, le gouvernement continue à s’acharner à faire payer les malades dans ce PLFSS 2027. (…) Les lois de financement de la Sécurité sociale sont issues du plan Juppé de 1996 et imposent un cadre verrouillé d’équilibre financier du système de Sécurité sociale qui dans un contexte de baisse constante de ressources (exonération des cotisations…) engendre une baisse des prestations versées aux assurés en maladie, retraite ou famille et dégrade toujours systématiquement système de santé et de retraite.

Un « bon » projet de loi de financement de la Sécurité sociale ne peut pas exister puisque son objectif est de réduire toujours plus les moyens.

L’abrogation des lois de financement de la Sécurité sociale sont donc incontournables à toute amélioration de la Sécurité sociale

Cette année le gouvernement Lecornu, au plus bas dans l’opinion publique, veut contraindre le débat parlementaire à un calendrier réduit dans le temps afin de nous imposer une fois de plus par la force ce PLFSS.

La FNPOS CGT rejette fermement ce PLFSS 2027 et revendique l’abrogation des lois de financement de la Sécurité sociale qui n’existent que pour mettre à mal la Sécurité sociale issue de 1945.

 

Haro sur les retraités !

Dans la plaquette explicative de son projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS)1Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale rattache la Sécurité sociale au budget de l’État. Depuis 1996 et les ordonnances Juppé, les PLFSS détruisent le système de solidarité arraché en 1945 pour exonérer le patronat des cotisations., le gouvernement se livre à un véritable réquisitoire contre les retraités. Il faut bien justifier le fait que, sur les 12,7 milliards de coupes que veut imposer le gouvernement, 43 % viendraient des retraités !

L e gouvernement brandit le supposé déficit des retraites en… 2030 ! Imaginez-vous que le déficit des retraites (versées à 17 millions de retraités) atteindra… dans 5 ans, 13,9 milliards, soit deux milliards de plus que les profits de la seule société Total-Énergie pendant UN seul semestre en 2026.

Le gouvernement n’hésite pas à fustiger « la forte dynamique des pensions tirées vers le haut par la hausse du montant moyen et les revalorisations successives… »

Les « revalorisations successives » s’élèvent à… 0,9 % en janvier 2026 pour la retraite de base et… 0 % pour la retraite complémentaire ! Et cela, alors que, a minima, l’inflation atteint 3,1 % en septembre 2026.

En dix ans, l’inflation a progressé de 22,5 % alors que les pensions de base ont augmenté de 17,2 % !

Pour le gouvernement, imperturbable, le « niveau de vie des retraités est relativement aisé », « les pensions ont évolué plus vite que les salaires »… Pas d’autre solution pour Macron-Lecornu que d’opposer, en permanence, les uns aux autres, en essayant de tenir2Il faut rappeler que la pension moyenne (brute) est de 1 666 euros. Ce qui signifie que des millions de retraités perçoivent moins ! !

Pour diminuer les retraites, le gouvernement a dégainé trois mesures :

La suppression de l’abattement fiscal (qui, répétons-le, n’a rien à voir avec les frais professionnels mais tout à voir avec la perte de revenus consécutif à la retraite). Cette suppression a été rejetée par la Commission parlementaire.

La désindexation des pensions au-dessus de 1 260 euros. Soit un montant extrêmement bas. Cela revient à ne plus revaloriser la majorité des pensions3À noter que ce seuil est inférieur au plafond de ressources pris en considération pour l’attribution du minimum contributif (censé garantir un minimum de pension à celui qui remplit les conditions d’une retraite à taux plein)..

La suppression de la majoration de 10 % pour les parents de trois enfants. Elle serait remplacée par un forfait. Dont le montant sera fixé par… le gouvernement !

Ajoutons que les décrets pris en cours d’année pour diminuer les taux de remboursement et augmenter les franchises frappent, évidemment, au premier chef les retraités.

Nicole Bernard