Ils nous bassinent avec leurs méga-bassines !
L'actualité remet sur le devant de la scène la question des méga-bassines. Voici le point de vue de Christian, militant LFI.
- Ecologie

Depuis quelques mois, vous entendez parler de Sainte-Soline, de méga-bassines, de charge de CRS contre de vilains manifestants, de dangereux écoterroristes qui détruisent tout sur leur passage. De quoi s’agit-t-il ?
Il y en existe déjà 27 en Vendée et de multiples nouveau projets sont prévus autour des marais poitevins, en Vendée, Deux-Sèvres et Charente-Maritime. Dans les deux-Sèvres, 16 nouvelles bassines sont programmées, elles ont une superficie comprise entre 5 ha et 15 ha et font une dizaine de mètres de profondeur.
Au total ces 16 projets pour 6,3 millions de m³ d’eau stockés, vont coûter 60 millions d’euros financés à 70 % par l’État, pourtant nous sommes dans le domaine privé !
Ces immenses réservoirs artificiels vont permettre à 230 agriculteurs d’irriguer et de continuer à pratiquer, sans vergogne, une agriculture intensive et chimique, malgré les intenses sécheresses présentes et à venir.
Prenons le cas de Sainte-Soline : ils creusent le calcaire sur une dizaine de mètre et l’utilisent pour créer des retenues collinaires lissées et plastifiées. Ensuite ils utilisent 18 km de canalisations et 6 pompages dans la nappe phréatique pour en extraire 680 m³ par heure, 24h/24 sur 45 jours pour remplir les 720 000 m³ de la méga-bassine.
Ces bassines posent plusieurs problèmes
– La ressource en eau devient de plus en plus rare, et elle est accaparée par quelques uns à leur seul profit et avec 60 % d’argent public.
– Elles consomment des terres cultivables.
– elles consomment des bacqueux et des militants écolos.
– L’eau du marrais poitevin permet la batellerie et une zone naturelle de conservation de la biodiversité très importante et vitale pour les espèces végétales et animales, dont l’homme. Si elle est prélevée est stockée, ces équilibres écologiques seront menacés.
– L’eau ainsi prélevée dans la nappe phréatique et stockée en surface s’évapore jusqu’à 60 % quand il fait chaud et sec, ce qui est notre cas.
– Cette eau prélevée dans la nappe phréatique est mise à l’air libre en surface, elle se réchauffe et des micro organismes dont des cyanobactéries toxiques risquent de s’y développer, ce qui la rendra inutilisable…
– Continuer l’agriculture intensive industrielle et chimique en pratiquant l’irrigation alors que nous manquons déjà cruellement d’eau n’est pas une solution d’avenir ! Passons au tout bio et aux petites fermes avec vente directe, changeons nos habitudes alimentaires, moins de viande et tout en bio sans pesticides ni entraits chimiques !
– Dans les Alpes, ils construisent des méga-bassines pour faire de la neige artificielle, c’est donc au nom du tourisme de masse, et là aussi le capitalisme est responsable !
Depuis les années 70, sans irrigation artificielle, les paysans ont démontré qu’en adaptant leurs cultures à la pluviométrie naturelle, ils pouvaient arriver à l’autosuffisance alimentaire, alors qu’en forçant la nature par des méthodes industrielles et sans adaptation des plans de culture, ils risquent l’effondrement total par des pertes économiques, sociales et naturels!
La guerre de l’eau a commencée, elle est mondiale et durera des siècles, avec ici ou là des affrontements citoyens contre forces de l’ordre, mais aussi armées contre armées ! C’est une guerre du petit peuple contre les industriels de l’agriculture intensive et chimique, et donc contre le capitalisme !
Plus aucune bassine, ni ici ni ailleurs !
sources :
- France Inter,
- Joël Limouzin Président de la chambre d’agriculture de Vendée et membre du bureau de la FNSEA, responsable responsable de la gestion des risques climatiques et sanitaires et président de la chambre d’agriculture de Vendée.
- Christian Amblard Spécialiste de l’eau et des systèmes hydro-biologiques, directeur de recherche honoraire au CNRS Docteur d’Etat en Hydrobiologie.
- Julien Le Guet, porte-parole du collectif Bassines Non Merci
