Opération Wuambushu à Mayotte : expulser, diviser la population

Après avoir été bloquée par la justice pendant plusieurs semaines, l’opération Wuambushu, reprend son cours : l’Etat vient d’ordonner la destruction d’une quinzaine de bidonvilles.

Des gendarmes évacuent par la force les habitants du bidonville Talus 2 pour tout raser, le 22 mai (photo AFP).
Par Jo Calathea
Publié le 26 mai 2023
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Le 22 mai, à 7 heures du matin, 150 gendarmes armés de pieds de biche et de masses ont pénétré dans les habitations, désertées par les familles dès l’aube, puis les pelleteuses ont entièrement rasé Talus 2, l’un des plus importants bidonvilles, situé dans le nord de l’île.

Ce sera le sort de plus d’un millier de logements dans les prochaines semaines.

Le préfet de Mayotte prend le prétexte de la santé publique pour justifier cette entreprise de destruction et de division de la population : « Je vous rappelle que l’insalubrité, on met sa santé en danger quand on habite dans un endroit comme celui-là. [Il faut] proposer aux Français qui habitent dans ces conditions-là et aux étrangers en situation régulière qui ont le droit de séjourner sur le territoire d’avoir un hébergement adapté. »

Des étrangers ? Toute la population de Mayotte est comorienne. C’est l’impérialisme français qui a séparé Mayotte des Comores, il n’y a donc pas d’étrangers à Mayotte.

Selon Franceinfo (23 mai), seule une quarantaine de familles (à peine la moitié des familles expulsées lors de la destruction de leur bidonville) ont été relogées, et dans des conditions indécentes : dans son nouveau logement d’une seule pièce sans meubles, ni équipements, un Mahorais témoigne : « Comment je vis ici avec ma femme et mes enfants ? Où est-ce qu’on dort ? »