14 jours de bombardements des populations civiles de Gaza

Communiqué du Parti ouvrier indépendant

A Gaza, le 17 octobre (Photo AFP).
Par POI
Publié le 22 octobre 2023
Temps de lecture : 4 minutes

À peine quelques heures après que des gens du Hamas aient massacré des populations civiles, le gouvernement israélien a ordonné le bombardement quasi ininterrompu de Gaza.

Ces bombardements durent massivement depuis 14 jours par une aviation de guerre, avions et armements les plus sophistiqués au monde.

Tout y passe, quartiers entiers rasés, écoles, hôpitaux, églises, colonnes de réfugiés… La population civile, ne disposant pas de la moindre protection, ni du « dôme de fer », ni de dispositifs militaires, traquée jusque dans les moindres refuges, est écrasée sous les bombes, y compris au phosphore, depuis deux semaines.

En six jours, 6 000 bombes de grande puissance ont été larguées sur la population palestinienne de Gaza. Une bombe toutes les deux minutes !

Un responsable israélien de la défense a juré que Gaza serait anéantie et réduite à une « ville de tentes ». Alors que les opérations militaires ne font que commencer selon les autorités israéliennes, le bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU estime que 25 % des maisons de Gaza sont déjà détruites ou inhabitables.

Les institutions internationales, l’Onu, Amnesty International, des ONG, des associations et même des militants et
citoyens israéliens (bien vite réduits au silence) décrivent et donnent les résultats de ce massacre à ciel ouvert.

Le 19 octobre, les rapporteurs spéciaux du plus grand corps d’experts indépendants des droits de l’homme des Nations unies ont déclaré : « Israël mène actuellement une campagne qui entraîne des crimes contre l’humanité à Gaza », pointant
« un risque de génocide contre le peuple palestinien. » Ils affirment : « Il n’y a aucune justification ni exception pour de tels crimes. »

Désormais selon l’Associated Press, « de nombreux habitants de Gaza se contentent d’un repas par jour et boivent
de l’eau sale ».

Derrière Monsieur Netanyaou et son gouvernement, par la voix de militaires ou de ministres en exercice, le but est
affiché publiquement.

Le ministre de la Défense israélien a déclaré : « J’ai ordonné un siège total de Gaza. Pas d’électricité, pas d’eau, pas de nourriture, pas de carburant. Tout est coupé. Nous combattons des animaux humains. »

L’Institut Misgav pour la sécurité nationale et la stratégie sioniste, dirigé par l’ancien chef du Conseil de sécurité nationale entre 2017 et 2021, a même affirmé qu’Israël a maintenant une « occasion unique et rare d’évacuer
toute la bande de Gaza » vers l’Égypte.

Le but : en tuer le plus possible, réduire à l’état de ruine, élargir la frontière, l’espace, faire fuir ceux qui restent pour
les parquer dans le désert sous des tentes de fortune.

Ce que confirment les fausses tergiversations sur les aides ou couloirs humanitaires sous l’égide de Biden.

Le but : éradiquer en précisant déjà que l’« opération » sera longue et qu’elle va durer des mois. Et se mènent conjointement les opérations de déplacement de population en Cisjordanie. Selon le journal Le Monde : « A la faveur de la guerre, les colons israéliens accélèrent le dépeuplement. »

Dans ce moment où depuis 14 jours, les bombes s’abattent sur Gaza, en France, regroupés en carré derrière le gouvernement de Monsieur Macron et de Madame Borne, de LREM au RN en passant par Zemmour, c’est le soutien
effréné au gouvernement de Monsieur Netanyaou qui massacre et qui bombarde.

Estimant nécessaire de faire diversion, ils engagent une campagne de mensonges et de calomnies contre tous ceux qui
voudraient permettre que s’imposent tout de suite la paix et le cessez-le-feu. Cible privilégiée, LFI, Jean-Luc Mélenchon…
mais pas seulement.

Toute voix, à peine discordante est visée. Jusqu’au footballeur Karim Benzema, objet d’une calomnie et d’un mensonge dont le but, à peine voilé, est de dresser en France, arabes, musulmans, juifs, catholiques, français, les uns contre les autres.

Le gouvernement, la droite et l’extrême droite bénéficient du soutien sans faille des Hollande, Hidalgo, Le Foll, Julien Dray,
Roussel et autres… Ils bénéficient aussi du soutien sans faille des Onfray, BHL et autres… Pas un mot de critique, pas un
millimètre de distance.

Tous derrière. Tous derrière monsieur Netanyaou et le gouvernement.

Et lorsque, craignant pour leurs intérêts et ceux qu’ils défendent, le gouvernement en France interdit les manifestations, met en garde à vue des syndicalistes, il cherche à instaurer un climat de peur et de violence, à pousser à l’affrontement communautaire, là encore, ils sont tous derrière lui.

Question : tous ces gens, politiques, commentateurs, « philosophes », « démocrates », spécialistes en tous genres, qui sont là 24h/24h sur les plateaux télés, ne savent-ils pas ?

Ne savent-ils pas ? Ne savent-ils pas ce que produisent depuis 14 jours des bombardements massifs contre des
populations civiles désarmées ? Ne connaissent-ils pas les alertes, les déclarations de l’Onu, des institutions internationales dont ils se réclament si souvent ? N’ont-ils accès qu’aux chaînes de télé-propagande françaises ?

Ne voient-ils pas que dans le monde des millions manifestent leur solidarité avec les Palestiniens écrasés ? À Sanaa, à Rabat, à Tunis, à Alger, au Caire… mais aussi à Londres, New York, Berne, hier à Lyon, demain et dans les jours qui viennent à Paris et ailleurs… Des « terroristes islamistes », ceux-là aussi ?

Question : vont-ils dire, comme à d’autres occasions terribles de l’Histoire : « Ah, mais… on ne savait pas ! On ne connaissait pas l’ampleur du désastre ? »

Non. Ils savent. Des bombardements pendant 14 jours, ils savent les conséquences !

Sous couvert de vengeance, de pseudo-sécurité, de se défendre, ils savent ce que font Monsieur Netanyaou et tous
ses commandants militaires et ce dans quoi ils poussent leurs soldats !

Ils savent. L’écrasante majorité de la population sait qu’ils savent.

Paris, le 21 octobre