Intimidations et pressions sur des journalistes

La direction de TV5 Monde a réprouvé un journaliste qui a posé trop de questions à un porte-parole de l'armée israélienne.

Le journaliste rappelé à l'ordre après son interview du colonel israélien.
Par Jo Calathea
Publié le 26 novembre 2023
Temps de lecture : 2 minutes

Lors d’une interview menée le 15 novembre dans le journal quotidien « 64, le monde en français », le journaliste présentant le journal de TV5 Monde interrogeait le colonel Olivier Rafowicz, sur les actions que mène l’armée israélienne à Gaza. A la question du colonel « Vous croyez que le Hamas se comporte selon le droit international ? », le journaliste répond par une autre question : « Donc vous vous comportez comme le Hamas, c’est ce que vous me dites ? » Face à la contradiction dont il n’a, a priori, pas l’habitude de la part des journalistes, le colonel botte en touche et s’emporte, l’accusant de prendre parti et d’attaquer l’Etat d’Israël et Tsahal (son armée).

Un communiqué public qui remet en cause le journaliste

Récriminations sans fondement pourtant reprises par la direction de TV5 Monde dans un communiqué public qui met même en avant le nom du journaliste : « A la fin de l’entretien mené par le présentateur de cette édition, Mohamed Kaci, les règles journalistiques, applicables à toute interview, n’ont pas été respectées. Ce qui a conduit à donner l’impression, dans la dernière question, que les modalités d’intervention de l’armée israélienne étaient équivalentes à la stratégie du Hamas, organisation considérée comme terroriste par de nombreux Etats. Par ailleurs, l’entretien ne s’est pas terminé selon les normes en vigueur de maîtrise de l’antenne mais de façon trop abrupte. Ce que la direction de l’information de TV5 Monde regrette profondément. Plus attentive que jamais depuis le 7 octobre à donner une information factuelle et équilibrée de la situation, sans céder à l’émotion ni aux pressions, tout en donnant la parole à toutes les parties, la direction de l’information de TV5 Monde redouble encore de vigilance sur ses antennes et ses supports numériques et prendra toutes les mesures nécessaires pour s’en assurer dans un contexte de grande tension. » Chacun pourra juger de l’information « factuelle et équilibrée » de ce communiqué… Depuis sa parution, la vidéo de l’interview est passée de 1,1 million de vues à 2,7 millions. Opération ratée !

Le président de l’AFP entendu par le Sénat

La ligne éditoriale de l’Agence France Presse étant considérée comme non favorable à Israël, le président de l’AFP, Fabrice Fries, a été auditionné par le Sénat pour s’expliquer sur le refus de l’agence de qualifier le Hamas d’organisation terroriste dans ses dépêches. Lors de son audition, Fabrice Fries a rappelé que, le 2 novembre, l’immeuble qui abrite les locaux de l’agence dans l’enclave palestinienne a été touché par une frappe. Si elle n’a fait aucune victime, « les dommages du bâtiment sont considérables ». L’agence de presse reste cependant la seule à avoir un dispositif de live vidéo transmettant des images en direct à Gaza-Ville. Le déchaînement continue contre tous ceux qui veulent diffuser des informations objectives.

Un humoriste convoqué par la police

L’humoriste et chroniqueur Guillaume Meurice a été convoqué par la police le mardi 21 novembre pour s’expliquer sur sa blague sur Netanyahou (source : BFMTV).