En Grande-Bretagne, les manifestants dénoncent la complicité du Premier ministre dans les massacres à Gaza

Le Royaume-Uni a fourni depuis 2015 au gouvernement israélien la valeur de 475 millions de livres de matériel militaire de toutes sortes, dont 15 % des composants des avions F-35 qui bombardent Gaza.

Manifestant portant un masque du Premier ministre Sunak exhibant des mains pleines de sang, le 3 février. (AFP)
Par J-P. Martin
Publié le 9 février 2024
Temps de lecture : 2 minutes

Le 3 février, pendant qu’une dizaine de milliers de manifestants défilaient à Edimbourg, plusieurs dizaines de milliers défilaient également à Londres, pour dénoncer la complicité du gouvernement Sunak avec le génocide en cours à Gaza.

`Parmi les slogans entendus : « Arrêtez le génocide », « cessez-le feu », « Je ne suis pas antisémite », « Ne touchez pas au Yémen ». Des manifestants de religion juive criaient : « Honte à toi Netanyahou, pas en notre nom ! ». C’étaient les premières manifestations en Grande-Bretagne depuis que la Cour internationale de justice a rendu son ordonnance conservatoire envers l’Etat d’Israël.

Dans un premier temps la Metropolitan Police de Londres a interdit toute manifestation devant le siège du Premier ministre puis a levé son interdiction après que les organisateurs eurent plaidé que toutes les manifestations, sans exception, jusqu’alors s’étaient déroulées pacifiquement à Whitehall. La police a aussi admis que l’obligation d’être à visage découvert lors de la manifestation ne s’appliquait pas aux foulards portés à titre religieux.

A Londres, Chris Nineham, vice-président de la coalition Stop the War a condamné le comportement de la police : « C’est un nouvel exemple de la tentative de la police de criminaliser les manifestations en faveur de la Palestine et, ce faisant, de réduire les libertés civiles.

Ils essaient délibérément d’attiser les tensions et de donner l’impression que les personnes qui marchent pour la paix et pour mettre un terme au génocide sont une menace pour la société. C’est une honte absolue ».

Les manifestants rassemblés au terme de la manifestation devant les bureaux du Premier ministre scandaient : « Arrêt des tueries », « Boycott d’Israël », « Ne touchez pas au Yémen ». Le rassemblement devant le 10 Downing Street1Résidence du Premier ministre. avait clairement pour objectif de dénoncer la complicité du gouvernement Sunak dans les massacres commis à Gaza.

Fin décembre dernier, l’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch indiquait que le Royaume-Uni avait fourni depuis 2015 la valeur de 475 millions de livres de matériel militaire de toutes sortes, précisant que 15 % des composants des avions F-35 qui bombardent Gaza proviennent du Royaume-Uni. Tous ces matériels ne peuvent être vendus qu’avec l’accord du gouvernement. L’accusation de complicité de génocide contre le gouvernement Sunak est en train de prendre forme.

A Edimbourg, le même jour, le porte-parole de Palestine Solidarity Campaign, Mick Napier, a dénoncé : « Israël doit agir conformément à l’ordonnance de la Cour Internationale de justice de la semaine dernière, qui exige qu’il prenne des mesures pour empêcher un nouveau génocide et cesser d’empêcher l’acheminement de l’aide aux deux millions d’habitants de Gaza. La seule façon d’y parvenir est un cessez-le-feu immédiat, et c’est ce que nous demandons. Alors que le Parlement écossais a au moins appelé à un cessez-le-feu, le gouvernement britannique, comme d’habitude, est entièrement complice des crimes d’Israël ».