Netanyahou au Congrès à Washington : une cible, l’Iran

Invité pour la quatrième fois à intervenir devant le Congrès des Etats-Unis, Netanyahou y a tenu, le 24 juillet, un discours ciblant un seul objectif, l’Iran.

Des milliers de manifestants contre la venue de Netanyahou, devant le Capitole, à Washington, le 24 juillet (Photo AFP)
Par Devan Sohier
Publié le 2 août 2024
Temps de lecture : 2 minutes

Netanyahou a essayé de justifier le génocide que commet l’armée israélienne à Gaza en recourant à des mensonges démentis par la presse israélienne : les bébés que le Hamas aurait brûlés dans des fours, les viols systématiques, deux histoires démenties par le journal israélien Haaretz ; il s’est même servi de la mort d’un otage israélien qui s’était échappé, en omettant de préciser que la balle qui l’a tué était israélienne.

Il a surtout utilisé ce discours pour justifier aussi par avance d’éventuelles attaques à venir contre le Hezbollah (en fait, contre le Liban), contre les Houthis, contre tous ceux qu’il décrit comme des « proxys » de l’Iran.

Insistant sur les intérêts communs d’Israël et des Etats-Unis au Moyen Orient, Netanyahou cherchait le soutien plein et entier de l’administration Biden ainsi que de celle qui lui succédera. Il a obtenu ce soutien. Trump l’a accueilli pour réaffirmer son soutien à Israël. Harris l’a rencontré, et a ensuite déclaré : « Je lui ai dit que je ferai toujours en sorte qu’Israël soit en mesure de se défendre, y compris contre l’Iran et les milices soutenues comme l’Iran, comme le Hamas et le Hezbollah. »  

La menace d’une guerre généralisée au Moyen Orient

Le 25 juillet, Yuval Malka, ancien responsable des services de renseignement et de sécurité israéliens, déclarait à la télévision israélienne « D’après les informations que j’ai reçues de la délégation et ce que je sais, Netanyahou a reçu une pleine légitimité aux Etats-Unis pour mener une guerre au Liban. »

Mais, comme l’explique le journaliste George Malbrunot dans une interview à La Dépêche, « le premier (risque d’une riposte israélienne contre le Hezbollah, Ndlr), c’est l’extension régionale, avec les Houthis yéménites, les chiites irakiens et l’Iran. Téhéran ne veut pas d’une guerre totale contre Israël mais si jamais la ligne rouge est franchie avec une tentative de détruire le Hezbollah, “joyau de la couronne” iranienne, l’Iran et ses alliés seront obligés de venir à son secours. Personne ne veut de ce scénario, surtout pas les Américains. »

La situation est extrêmement instable, et le moindre mouvement des uns ou des autres est susceptible d’amener à une guerre généralisée au Moyen Orient.