Emmanuel Macron et les livraisons d’armes à Israël
Le 5 octobre, le président Macron a déclaré : « Si on appelle à un cessez-le-feu, la cohérence, c’est de ne pas fournir les armes de la guerre.» Avant de rétropédaler..
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Décidément, Emmanuel Macron est au pied du mur. Samedi 5 octobre, il avait déclaré en clôture d’un sommet de la francophonie à Paris : « Si on appelle à un cessez-le-feu, la cohérence, c’est de ne pas fournir les armes de la guerre. »
Ces propos ont suscité la colère du Premier ministre israélien, à deux jours de l’anniversaire des attaques du 7-Octobre. « Honte », a réagi Netanyahou. « Alors qu’Israël combat les forces de la barbarie dirigées par l’Iran, tous les pays civilisés devraient se tenir fermement aux côtés d’Israël ».
Pour un peu, Macron se faisait traiter d’antisémite, comme tous ceux qui osent élever la voix contre le Premier ministre israélien. Le voilà empêtré dans une mécanique qu’il active lui-même depuis un an !
Quelques heures après, la France annonce continuer d’exporter vers Israël une large gamme de composants, parfois clés pour la fabrication d’équipements d’armements. Une énième illustration du en même temps macronien…
Chez les soutiens de Nétanyahou, la colère est vive.
Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale qui avait fait se lever les députés pour le « soutien inconditionnel » à Israël quelques jours après l’attaque du 7 octobre 2023, appelle « à ne pas désarmer Israël ». Position que partage Caroline Yadan, députée Renaissance des Français de l’étranger, élue en juillet dernier sur la circonscription de Meyer Habib. Invitée dimanche soir de BFMTV depuis Tel-Aviv, elle s’est dit « personnellement en colère et dans une incompréhension totale des propos » de Macron.
Lundi 7 octobre, à l’occasion du rassemblement organisé par le Crif à Paris en hommage aux victimes du 7 octobre, le nom d’Emmanuel Macron a été sifflé alors que le Premier ministre Michel Barnier évoquait l’action du président pour la libération des otages. Certains dans la salle ont crié « des armes », rapporte l’AFP.
Alors pourquoi ce revirement de Macron sur l’arrêt des livraisons d’armes à Israël, lui qui organise depuis des mois le soutien inconditionnel à Nétanyahou et donc la répression contre tous ceux qui condamnent les massacres menés par Israël à Gaza ?
Samedi, tout en reconnaissant le droit d’Israël à se défendre face au Hezbollah, le président français a critiqué les opérations israéliennes au sol au Liban et rappelé que la « priorité est d’éviter l’escalade ». « Le peuple libanais ne peut pas à son tour être sacrifié et le Liban ne peut pas devenir un nouveau Gaza », a-t-il martelé.
Des propos confirmés par le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, en déplacement à Tel-Aviv pour les commémorations du 7 octobre, inquiet d’un élargissement du conflit à tout le Proche-Orient et de ses possibles conséquences sur l’Europe et la France.
L’État français a récemment perdu de son influence en Afrique notamment avec le retrait des troupes françaises au Niger. Avec l’invasion et les bombardements au Liban menés par Israël, c’est le pied-à-terre de l’État français au Proche-Orient qui est de ce fait menacé. Basses manœuvres de l’impérialisme français pour la préservation de ses intérêts.
