« Ici, on soigne des humains, pas des chiffres ! »
La mobilisation des hospitaliers à Digne (Alpes-de-Haute-Provence) arrache un premier recul : l'ajournement d'un plan de 30 suppressions de postes.
- Actualité politique et sociale, Santé

À l’hôpital de Digne-les-Bains, le 12 décembre, 300 hospitaliers, appuyés par des citoyens, avaient envahi le conseil de surveillance de l’hôpital pour s’opposer au plan de suppression de 30 postes, et à la mise dehors de contractuels.
Une pancarte brandie frappait juste : « Je suis Chiara, pas seulement un nom sur un contrat. » En quelques mots, elle dit toute la violence de ces plans budgétaires : derrière chaque poste supprimé, il y a une personne, un métier, du temps de soin en moins, des urgences plus saturées, des risques accrus pour la population.
Le 18 décembre, les personnels et les médecins se sont rassemblés devant l’agence régionale de santé (ARS). Une délégation a été reçue pendant plus de deux heures par le directeur de l’ARS. À la sortie, Anne Raux, pour la CGT de l’hôpital de Digne, a été claire : « Pas question (pour nous) de supprimer des postes sur l’hôpital, de dégrader nos conditions de travail, et il est encore moins question de dégrader l’accès aux soins du département ! »
Nouveau face-à-face le 22 décembre
Le lendemain, l’ARS et le président du conseil de surveillance annonçaient que le « plan d’efficience » était repoussé de quelques mois. C’est une première brèche dans l’intransigeance et le mépris affichés jusqu’ici, et dans ce plan de licenciements. Mais personne n’est dupe : repousser n’est pas abandonner.
Les personnels et la CGT ont immédiatement annoncé un nouveau rassemblement devant la direction de l’hôpital de Digne. Lundi 22 décembre, en pleines vacances scolaires, plusieurs dizaines d’agents entrent dans le couloir de la direction. Les personnels interpellent un directeur qui sort de son bureau : « Ce n’est pas normal… Des collègues à qui on a déchiré leur contrat devant leurs yeux… C’est très méprisant et inhumain ! » ; « La presse dit que le plan d’économies et de licenciements est reporté, mais que deviennent tous les agents à qui on a annoncé que leur contrat s’arrêtait au 31 janvier 2026 ? »
Le directeur est obligé de lâcher : « Chaque contractuel va recevoir un courrier pour lui dire que son contrat est prolongé. Du coup, il ne s’arrête pas au 31 janvier. » Les hospitaliers dénoncent l’attitude du président du conseil de surveillance de l’hôpital, qui représente la maire de Digne : « Il a voté pour le plan de licenciements au conseil de surveillance. Il a aussi appelé les autres membres à voter pour. Et après, dans la presse, il se présente comme un sauveur, en disant que c’est grâce à lui qu’il y a eu un report. C’est quand même fort de café. Si la population savait tout ça… C’est uniquement grâce à la mobilisation des personnels, du syndicat CGT et des médecins de l’Amuf 04 que ce report a été obtenu. »
Le message est limpide : aucun plan d’économies ni à Digne, ni à Manosque, ni ailleurs dans le département !
