Arcellormittal et Stellantis (Poissy 78) : LFI aux côtés des salariés mobilisés
Le 16 juin, plusieurs centaines de salariés et militants se sont rassemblés devant l’usine Stellantis de Poissy à l’appel de la CGT. Le 11 juin, les salariés d’ArcelorMittal ont manifesté devant l’Assemblée nationale pour soutenir la proposition de loi de nationalisation.
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Mardi 16 juin, plusieurs centaines de salariés et de militants se sont rassemblés devant l’usine Stellantis de Poissy à l’appel de la CGT de Stellantis.
Le 23 avril dernier, près de 500 personnes avaient manifesté dans les rues de Poissy en direction de l’usine pour dire non à la fermeture de l’usine Stellantis, la dernière usine de construction automobile d’Île-de-France. Pour la première fois, des députés de la France insoumise étaient présents comme Aurélie Trouvé et Manuel Bompard, aux côtés de nombreux militants insoumis.
« On est en soutien des salariés de Stellantis à Poissy qui sont mobilisés, a déclaré Manuel Bompard à l’Insoumission. Il y a 2 000 emplois sur le site. Il y a 2 000 salariés environ ici et les annonces de la direction menacent de suppression la moitié de ces emplois ce qui est évidemment inacceptable. On exige avec les salariés mobilisés le maintien de tous les emplois ici sur le site de Poissy ».
De nombreuses prises de paroles de syndicalistes CGT du site, de la fédération et d’autres sites automobiles du secteur se sont succédé.
Dans son intervention devant les militants, Manuel Bompard a pointé la responsabilité du gouvernement : « Depuis des années, on assiste à une destruction méthodique de la filière automobile et d’autres filières industrielles. Cela se fait avec la passivité et la complicité des gouvernements successifs qui laissent l’ensemble de ces emplois être détruits. Ils le font avec des objectifs de rentabilité qui priment en permanence sur les objectifs sociaux et humains. Ici on parle d’une entreprise qui touche des millions d’euros d’aides publiques de l’aide au chômage partiel. Parmi les actionnaires de Stellantis, vous avez la Banque publique d’investissement. À aucun moment, le gouvernement n’a tapé sur la table ! C’est insupportable.
Dans un dialogue avec les syndicalistes, il a insisté sur la construction de la « mobilisation qui permettra de changer les choses. Des appels à la solidarité financière ont été lancés. Vous pouvez compter sur nous pour faire tourner les caisses des collègues. À l’Assemblée nationale, on va interpeller le gouvernement sur Stellantis pour demander que l’ensemble des emplois soit préservé ici à Stellantis Poissy et de manière plus générale dans l’ensemble de la filière automobile. Un certain nombre de propositions ont été mises sur la table, il faut alors faire preuve de clarté. Oui il faut conditionner les aides d’État données aux entreprises. Un moratoire sur les suppressions d’emplois ? Nous, on dit il faut l’interdiction des licenciements boursiers. Vous avez dit : il faut porter un projet de réindustrialisation de développement d’une filière automobile française sur la base d’un projet que vous avez travaillé. Oui il faut le soutenir. Voilà ce qu’il faut faire ensemble. Soutien total à votre lutte. Vous pouvez compter sur notre lutte, notre détermination. »
ArcelorMittal : les syndicalistes CGT avec LFI pour la nationalisation![]() Jeudi 11 juin, les salariés d’ArcelorMittal se sont rassemblés devant l’Assemblée nationale à l’occasion de l’examen en deuxième lecture de la proposition de loi de nationalisation d’ArcelorMittal à l’occasion de la niche parlementaire du groupe GDR (communistes et affiliés). Cette proposition avait été adoptée le 27 novembre dernier, dans le cadre de la niche parlementaire de la France insoumise. De nombreux députés et militants insoumis étaient présents aux côtés des salariés et syndicalistes d’ArcelorMittal. À la tribune de l’hémicycle, Aurélie Trouvé a défendu la proposition de loi une nouvelle fois : « Du métal sans Mittal ! C’est le cri des salariés que j’ai entendu il y a un an à Dunkerque. Beaucoup sont devant l’Assemblée nationale en ce moment et je veux leur rendre hommage. (…) L’an dernier, 57 usines en moins encore, 20 000 emplois perdus encore dans l’industrie. Des filières entières s’effondrent : la chimie, l’automobile, l’acier… La course tous azimuts aux capitaux étrangers vendus dans des salons Choose France finit irrémédiablement par la destruction de notre production. Combien de temps encore les gouvernements vont-ils cacher cette réalité ? Il est temps de quitter cette logique néolibérale à laquelle plus personne ne s’accroche en dehors de l’Europe et des gouvernements de Monsieur Macron. Aujourd’hui, c’est un vote historique pour nationaliser ArcelorMittal. » Interviewé par Informations ouvrières lors du rassemblement, un salarié du site de Gandrange a expliqué : « On est ici pour la nationalisation de tout le groupe ArcelorMittal en France car ce qui se passe depuis des années c’est la fermeture de sites. Avec le PSE qui est en cours et qui concerne sept sites, plus de 600 emplois sont menacés. On a connu la fermeture de Reims et de Denain. Nous à Gandrange, on a été touchés en 2008. À côté de chez nous à Florange, ils ont fermé les hauts fourneaux. On voit bien que c’est toute la sidérurgie en France qui est menacée. Si on ne nationalise pas, la sidérurgie en France va mourir ». Gaëtan Lecocq, délégué CGT d’Arcelor Dunkerque était présent devant l’Assemblée et a appelé les députés à voter pour la proposition de loi : « Il faut redonner espoir. Cet espoir, on l’a fait renaître auprès des salariés. On va continuer de le faire vivre. Vive la nationalisation et votez pour ! ». Jean-Luc Mélenchon était présent en soutien aux salariés d’ArcelorMittal aux côtés notamment de Jean-Paul Delescaut, secrétaire général de la CGT du Nord. La nationalisation d’ArcelorMittal a finalement été votée une deuxième fois en six mois. R. A. |

