État espagnol, Valence : la lutte continue, tout est possible
Face à la grève illimitée massive dans l’enseignement public, la Generalitat (gouvernement régional) continue de faire marche arrière.
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Jeudi 4 juin au matin, des dizaines de milliers d’enseignants manifestaient dans le centre de Valence. C’était une réponse au refus de négocier quoi que ce soit qui ne fut pas déjà inclus dans l’accord-ultimatum du ministère régional de l’Éducation, rejeté par 91 % des enseignants et accepté par les syndicats proches du PP1Le Parti populaire, principal parti de droite en Espagne, héritier du franquisme. (ANPE et CSIF), ainsi qu’à la brutalité policière. Les enseignants bénéficiaient du soutien des pompiers de Valence et du Consortium provincial, des employés de l’EMT (les transports publics, Ndt), des dockers du port de Valence et d’autres entreprises.
La force de la mobilisation, alors que la grève illimitée entrait dans sa quatrième semaine, a provoqué un nouveau recul du gouvernement de la Generalitat, qui, le matin même, a convoqué les syndicats à l’origine de la grève (STEPV-Intersindical, UGT et CCOO) à une table de négociation, s’engageant à leur envoyer un document comportant des améliorations par rapport à celui qu’il avait déjà considéré comme définitif.
Il serait long d’énumérer les menaces, les mensonges et les manipulations du ministère régional ; il suffit de dire que le document a été remis aux syndicats au début de la réunion, sans que les représentants syndicaux puissent en connaître le contenu, et alors que le document avait déjà été remis à la presse et envoyé par courrier électronique aux 80 000 enseignants. (…)
Le ministère régional et le gouvernement de la Generalitat ont échoué sur tous les fronts. Alors que la séance de la table ronde se déroulait, une manifestation massive organisée par la Plateforme de l’enseignement public, dont fait partie la Fédération des associations de parents d’élèves, défilait sous la pluie dans le centre de Valence.
Un accord qui prévoit 7 700 enseignants supplémentaires et la baisse des effectifs
Le gouvernement de la Generalitat a dû, contre son gré, s’asseoir à la table des négociations et proposer quelques améliorations. Le dernier document présenté prévoit un investissement de 3,3 milliards d’euros, alors que quelques jours avant le début de la grève illimitée, le ministère régional de l’Éducation estimait à 2,4 milliards le coût des revendications des enseignants, ce qui « dépassait la capacité financière » de la Generalitat.
Il augmente les effectifs de 7 700 enseignants supplémentaires, réduit les effectifs par classe et raccourcit le calendrier de cette réduction ; pour la première fois, il s’engage à réduire les effectifs par classe dans la formation professionnelle et dans les écoles officielles de langues ; enfin, il augmente l’investissement dans les infrastructures.
Cependant, il ne modifie pas son offre précédente en matière d’inclusion éducative, ni sur les points relatifs aux rémunérations et à l’enseignement en valencien, rejetés par les enseignants et les syndicats STEPV-Intersindical, CCOO et UGT. La table ronde s’est terminée sans accord et se réunira à nouveau lundi. STEPV, UGT et CCOO vont mener une consultation auprès des enseignants.
Mardi 2 juin, des milliers d’enseignants manifestent avec leurs organisations syndicales à Valence en direction du Conseil de l’éducation.
Blas Ortega
