Les futurs CPE formés pour devenir des agents de recrutement militaire ?

Les candidats admissibles au concours de CPE (conseiller principal d’éducation) passent leurs oraux. Parmi les sujets proposés, une question a de quoi inquiéter.

Des stands de l'armée et de la gendarmerie, lors d'un salon de l'orientation et de l'enseignement secondaire, à Poitiers, en janvier 2026. (Illustration AFP)
Par Correspondante CPE
Publié le 8 juin 2026
Temps de lecture : 2 minutes

Cette semaine, les candidats admissibles au concours de CPE (conseiller principal d’éducation) passent leurs oraux. Parmi les sujets proposés, une question a de quoi inquiéter :

« Suite à un exercice plan particulier de mise en sécurité (PPMS), un projet d’éducation à la défense est impulsé par l’équipe pédagogique du lycée. En tant que CPE, comment pouvez-vous participer à développer une culture de la défense et de la sécurité chez les élèves ? »

Développer une culture à la défense ? Le rôle du CPE rappelons-le, s’inscrit dans un cadre, celui de placer les adolescents dans les meilleures conditions de vie individuelle et collective, de réussite scolaire et d’épanouissement personnel.

Comment envisager placer des « adolescents dans les meilleures conditions de vie individuelle et collective » en les acculturant à la défense et à la sécurité ? Est-ce qu’il s’agirait de faire comprendre qu’à tout moment des bombes pourraient leur tomber sur la tête ? Qu’ils devront se serrer la ceinture parce qu’il y aurait potentiellement la guerre demain ? Diriger leurs choix d’orientation vers des métiers uniquement utiles à l’armée et à son fonctionnement ? Développer chez eux une haine de l’autre, de l’étranger qui pourrait nous attaquer ? Ou pire le rôle du CPE serait-il désormais de concourir à faire de chaque futur citoyen un potentiel soldat prêt à se sacrifier pour la patrie ?

Toute cette propagande guerrière à l’école a déjà existé, elle a participé aux conséquences de la Première Guerre mondiale : 9 millions de morts, 1,4 million rien que pour la France.

Après les classes défense, les partenariats avec l’armée et le service national volontaire pour militariser la jeunesse, l’Éducation nationale franchit une nouvelle étape. Faire porter sa propagande guerrière à ses enseignants et ses personnels. Mais les enseignants connaissent l’histoire, ils ne sont pas prêts à l’accepter, en témoignent les pétitions, rassemblements, prises de position qui apparaissent. Dans une des prises de position on peut lire : « nous demandons l’abandon de la loi visant à “renforcer l’enseignement à la défense nationale dans le cadre du parcours de citoyenneté”. Si elle venait à être adoptée, nous ne la mettrons pas en œuvre. »

Les CPE ne sont pas des recruteurs militaires comme les enseignants ne sont pas au service de la propagande macroniste et guerrière. Un sujet de concours ne suffira pas à les mettre au pas.