Militants et syndicats contre la guerre
Retrouvez une série de prises de positions et d'initiatives syndicales contre la guerre, dont des extraits de l'intervention de la fédération CGT Ports et Docks au 54e congrès de la CGT, le 2 juin.
- A la une, Contre la guerre

Intervention de Charles Daret de la fédération CGT Ports et Docks le 2 juin au Congrès CGT (extraits)
« Nous devons renforcer les mobilisations, informer, débattre et agir collectivement pour bloquer ces logiques guerrières. Refuser de participer à l’économie de guerre, c’est défendre la paix, la dignité humaine et l’avenir des générations futures. La fédération nationale des Ports et Docks CGT agit localement, nationalement et internationalement, notamment au sein de l’EDC (European Dockworkers Council), mais également avec différentes organisations de la fédération syndicale mondiale (FSM) entre autres, pour défendre la paix et combattre l’économie de guerre.
Nous avons participé à de nombreuses déclarations et initiatives affirmant clairement notre refus du chargement d’armes, mais aussi de la transformation des ports en base logistiques militaires. En octobre 2025, les ports français ont été paralysés durant deux heures pour dénoncer les livraisons d’armes. En octobre 2026, nous participerons à une action internationale, par la grève, dans laquelle de nombreuses organisations syndicales et internationales participeront.
Mais une profession seule ne pourra s’y opposer. Refuser de manutentionner des armes dans les ports est nécessaire. Il faut aussi agir en amont dans les usines de fabrication, dans les entreprises de logistique, et là où cette économie de guerre se développe.
Il faut tous se mobiliser par la grève, parce que la solidarité internationale ne se limite pas au discours, elle se construit par des actes.
La fédération nationale des Ports et Docks CGT ne sera ni complice, ni silencieuse, elle restera engagée pour la paix, l’amitié et la coopération entre les peuples, parce que défendre la paix, c’est défendre l’avenir de nos enfants et de l’humanité. »

« Le 6 février dans 7 pays et 20 ports a constitué un tournant historique. Les travailleurs portuaires ont lancé un message puissant: ils ne travaillent pas pour les guerres des impérialistes. La coordination peut s’étendre du Pirée à Gênes, Marseille, Le Havre, Tanger, Mersin, Livourne, Bilbao, Pasaia, Trieste, jusqu’à tous les ports où les travailleurs se rebellent.
Le génocide du peuple palestinien par l’État meurtrier d’Israël se poursuit avec le soutien des États-Unis, de l’OTAN et de l’Union européenne.
L’attaque américano-israélienne contre l’Iran, la flambée de guerre dans le détroit d’Ormuz, les attaques contre les navires, les blocus, la militarisation des voies maritimes, tout cela montre que les peuples et les travailleurs sont entraînés de plus en plus profondément dans l’abîme de la guerre.
Derrière tout cela se cache le conflit entre puissants États capitalistes pour savoir qui dominera au sein du système impérialiste.
Les travailleurs ne peuvent pas accorder leur confiance à ces forces syndicales qui acceptent les objectifs de « l’économie de guerre par le compromis », qui présentent la participation aux guerres comme du « développement », « des emplois » ou l’« intérêt national », qui invitent les travailleurs à faire des sacrifices pour les profits et les guerres, à se rallier aux exigences des gouvernements, des armateurs, des monopoles et des alliances impérialistes.
Les syndicats participants ont convenu, en signant cette déclaration, d’organiser une deuxième journée internationale de lutte des travailleurs portuaires en octobre 2026.
Nous ne transportons pas la mort.
Nous ne transportons pas de balles, de bombes et de missiles pour tuer des enfants.
Nous n’acceptons pas que nos ports soient transformés en bases militaires. Les travailleurs portuaires ne travaillent pas pour la guerre. »
Signé par les syndicats suivants : CGT Port et Docks (France), Enedep(Grèce), LAB (Pays basque), LIman-Is(Turquie), ODT (Maroc), USB (Italie), Adhésion Orsa Porti Gioia Tauro (Italie).
Message de la fédération CGT des Services publics à la conférence internationale de Londres contre la guerre (extraits)« La FDSP CGT, première organisation de fonctionnaires et personnels des collectivités locales et établissements publics en France apporte son salut fraternel aux participants à la conférence de Londres contre la guerre. Notre organisation, qui est engagée dans le mouvement BDS (Boycott, désinvestissement, sanctions), n’a cessé depuis octobre 2023 de dénoncer le génocide toujours en cours dans la bande de Gaza et la complicité de notre propre gouvernement. Depuis plusieurs mois, le gouvernement tente d’ancrer dans les esprits que la guerre est une fatalité. La loi de programmation militaire et les budgets alloués à la défense à hauteur de 449 milliards d’euros, en sont clairement la preuve. La France est l’un des principaux exportateurs mondiaux d’armes, pour l’intérêt de quelques grands groupes comme Thales et Dassault. C’est dans ce contexte que notre fédération a participé à un rassemblement le 4 mai devant l’Assemblée nationale pour demander l’abrogation de la loi de programmation militaire. Le gouvernement français tente de nourrir un climat d’union sacrée, dans lequel toute contestation des choix militaires peut être disqualifiée au nom de la « nécessaire » défense nationale. Pour ces raisons, nous avons estimé que notre place était d’être avec vous, notamment avec des syndicats et militants syndicalistes de toute l’Europe, qui refusent comme nous les logiques de guerre. Restons en contact ! À bas la guerre ! Vive l’unité du mouvement syndical international contre la guerre ! Vive la solidarité internationale entre les peuples ! » |
Déclaration du conseil national de la fédération FO des Employés et Cadres
« Le conseil national rejette la loi de programmation militaire et son actualisation en cours d’examen au Parlement qui prévoit jusqu’à 50 milliards de rallonge budgétaire pour la guerre pris sur les budgets sociaux et, en premier lieu, la Sécurité sociale. Par ailleurs, ce projet de loi met en place une disposition permettant au président de la République de recourir par simple décret au déclenchement de l’état d’alerte de sécurité nationale. Ce nouveau régime d’exception ouvre la porte à la remise en cause des libertés syndicales et à de nouvelles dérogations au droit du travail. De l’argent pour la Sécu, pas pour les obus ! À ce titre, le conseil national fait sien l’extrait de la résolution générale du congrès confédéral : “le congrès appelle ses syndicats à prendre les initiatives nécessaires pour empêcher la guerre.” En conséquence, le conseil national appelle ses structures à participer à toutes les initiatives en faveur de la paix, et notamment au meeting international contre la guerre le 20 juin prochain à Londres, pour lequel d’ores et déjà des dizaines de syndicats à l’échelle européenne appellent à participer. » |
Rassemblement à Cergy (95) > De l’argent pour les salaires et les services publics, pas pour la guerre !
100 personnes se sont rassemblées avec leurs syndicats à l’appel des unions départementales 95 FO, CGT, CFDT et Solidaires devant la préfecture de Cergy, jeudi 28 mai. Des représentants de la France insoumise de Cergy et du député LFI Aurélien Taché étaient présents. On pouvait entendre « De l’argent pour la Sécu, pas pour les obus ! », « De l’argent pour l’hôpital, pas pour les Rafale », « De l’argent pour l’école, pas pour le pétrole ! ».
« Actualisation de la programmation militaire : FO s’inquiète d’un nouveau régime d’exception »« Force ouvrière s’inquiète de l’ajout dans le projet de loi d’actualisation de la programmation militaire d’une disposition permettant au président de la République de recourir à un simple décret en conseil des ministres pour déclencher “l’état d’alerte de sécurité nationale” en cas de menace grave. (…) FO s’oppose à cette disposition et appelle les parlementaires à la rejeter lors du dernier examen du texte. (…) FO conteste également la programmation de 36 milliards d’euros de crédits supplémentaires pour les dépenses militaires. Alors que par ailleurs tous les budgets sont contraints et que se multiplient les appels à la rigueur budgétaire, FO refuse l’augmentation sans fin des dépenses militaires au détriment du service public. » |

