A Pantin (93), unne assemblée « École contre la guerre »
Mardi 19 mai, des personnels et parents d’élèves, avec leurs sections syndicales (SNES, CGT et FO) et FCPE de Pantin, de quatorze établissements, se sont réunis à l’occasion d’une assemblée « École contre la guerre ». Nous avons interviewé un enseignant qui y a participé.
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Mardi 19 mai, une trentaine de personnels et parents d’élèves, avec leurs sections syndicales (SNES, CGT et FO) et FCPE de Pantin (93), de quatorze établissements, se sont réunis à Pantin à l’occasion d’une assemblée « École contre la guerre ». Nous avons rencontré et interviewé un enseignant qui y a participé.
Pourquoi avoir organisé cette réunion ?
Tout part d’un appel lancé depuis mon collège Jean-Lolive à Pantin. Début mai, nous avons sorti l’appel École contre la guerre. Il est le fruit de plusieurs mois de discussions informelles en salle des profs et durant les heures d’information syndicale (HIS) avec nos organisations. La guerre, sa marche, qu’on nous dit inexorable, la mise en place de l’économie de guerre, de l’endoctrinement de la société, en général, et de nos élèves, en particulier, révulsent les collègues.
On a cherché à s’organiser. On s’est rassemblé devant le collège pour dénoncer le génocide à Gaza, refuser la guerre et soutenir les peuples. Et un jour, en HIS, on s’est demandé ce qu’on pouvait faire concrètement en plus de nos rassemblements. Immédiatement, on a pris position, reprise par le conseil d’administration du collège, en disant que si la loi Blanchet « venait à être adoptée, nous ne la mettrons pas en œuvre ». Hors de question pour nous de voir des soldats de réserve ou d’active faire cours aux élèves.
Conscients que la lutte contre le militarisme ne peut se résumer à notre collège, nous avons décidé de nous adresser, avec nos sections syndicales, à nos collègues et aux parents d’élèves pour organiser cette assemblée de l’École contre la guerre.
De quoi avez-vous parlé ?
On s’est retrouvé à la Bourse du travail à Pantin, surpris de voir autant de personnes venir. Très vite, on est revenu sur la militarisation déjà amorcée dans nos établissements. Une collègue rapporte que dans son établissement à Aubervilliers, de plus en plus de stages sont financés par l’armée. Alors qu’elle soulignait la baisse des moyens pour les associations, un collègue du Blanc-Mesnil nous a appris que les cours sur le consentement du collège sont donnés par la police municipale.
Dans un autre établissement, la propagande frappe les élèves de seconde. Certains élèvent se projettent déjà dans un service militaire pour bénéficier de points supplémentaires sur Parcoursup. On voit aussi le financement de clubs et de dispositifs d’enseignement assurés par des fonds privés provenant de Thales, Dassault, TotalEnergies…
À l’évidence, cette militarisation de l’école frappe d’abord les quartiers populaires.
On a fait le lien avec la loi Blanchet comme l’actualisation de la loi de programmation militaire, qui marquent un nouveau cap vers la transformation de l’école en centre d’endoctrinement et de recrutement. L’une des parents d’élèves FCPE a insisté sur ce point dénonçant l’entreprise de casse de l’enseignement. On a lié ça à la baisse des moyens, la suppression des classes et des postes. D’un côté, Macron casse l’école et de l’autre, il l’instrumentalise. Dès que la résistance monte, les sanctions tombent.
Une collègue a été réprimandé par sa hiérarchie pour avoir fait lire aux élèves I Have a Dream de Martin Luther King lors du spectacle de musique de fin d’année. Une collègue du SNES nous a dit devoir défendre un collègue convoqué pour « avoir critiqué des idées d’extrême droite ».
Ce qui nous a amenés à parler de comment résister, de comment poursuivre l’enseignement de l’esprit critique dans nos classes.
Qu’avez-vous décidé ?
L’importance de s’être retrouvés est régulièrement revenue dans l’échange. Avoir pu partager notre refus de militariser la jeunesse en détruisant l’école nous a donné de la force. On est reparti de là en se disant que nous pouvions agir pour empêcher l’école de devenir un centre de recrutement et d’endoctrinement. Nous avons décidé de rester en lien, de nous rassembler à nouveau début juin et de faire de l’appel du collège Jean-Lolive une pétition.
